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    Economie

    Le 22e sommet Asie-Pacifique s'ouvre, sous haute tension

    media Ouverture du sommet de l'Apec, ce lundi 10 novembre 2014 à Pékin. REUTERS/Wang Zhao

    Le sommet Asie-Pacifique, du Forum de coopération économique de l'Asie-Pacifique (Apec), se tient à Pékin à partir de ce lundi 10 novembre 2014. Il rassemble 21 pays et territoires riverains de l'océan Pacifique, qui représentent la moitié de la richesse mondiale. Au menu de cette réunion, notamment, de grands projets d'intégration économique, qui mettent en concurrence les géants de la région : les Etats-Unis, la Chine et la Russie.

    Un événement très attendu a donné le coup d'envoi aux discussions. La rencontre entre le président chinois Xi Jinping et le Premier ministre japonais Shinzo Abe a finalement eu lieu (voir notre article ici). Il s'agit de la première réunion de ce type en trois ans. Les deux pays se disputent la souveraineté des îles Senkaku en mer de Chine orientale, territoires administrés par le Japon mais revendiqués par Pékin, qui les appelle « îles Diaoyu ».

    Arrivés au pouvoir à peu près au même moment fin 2012 et début 2013, Shinzo Abe et Xi Jinping n'avaient jamais tenu de sommet bilatéral. Ils ont à peine échangé une poignée de main à deux reprises lors de rencontres multinationales. Lors de ce sommet sino-japonais, en marge du sommet de l’Apec, le Japon a proposé la mise en place d'un mécanisme de communication maritime pour éviter tout incident à l'avenir.

    Puis les pays membres ont repris les négociations sur le partenariat régional. Trois projets sont en lice. Les Etats-Unis tentent de regrouper les pays de la région qui s'inquiètent de la position chinoise en matière de taux de change. C'est le Trans-Pacific Partnership (TPP). Mais ce traité exclut la Chine et se heurte à la résistance japonaise sur la question des marchés agricoles. Pour leur part, les pays de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (Asean) soutiennent un partenariat économique global et régional, qu'ils veulent étendre à six autres pays, dont la Chine, le Japon et l'Inde.

    La vitrine de la puissance chinoise

    Pékin s’est fait le fer de lance de projet d'une zone de libre-échange pour l’Asie-Pacifique (FTAAP). Ce projet est plus large, mais il tombe dans un contexte de fortes tensions en mer de Chine. Il est question, notamment, de frontières maritimes avec les voisins de la Chine. Sont concernés, outre les Japonais : les Vietnamiens et les Philippins. Car depuis quelques années, de par sa politique agressive, la Chine a réussi à se mettre à dos la quasi-totalité des pays de la région asiatique.

    « Contrairement à se qui se passait il y a encore quelques années, rappelle Valérie Niquet, responsable du Pôle Asie à la Fondation pour la Recherche Stratégique, ces pays sont en attente d’un retour des Etats-Unis. C’est la fameuse stratégie du pivot ou de rééquilibrage vers l’Asie des Etats-Unis, destinée à équilibrer une puissance chinoise qui inquiète dans la région. »

    correspondance de pékin
    La Chine déroule le tapis rouge pour ses 20 partenaires et affiche une fierté sans bornes à travers un film publicitaire 07/12/2014 - par Heike Schmidt Écouter

    Entre la Russie et les Etats-Unis

    Agressive et forte de son titre de première puissance économique mondiale (selon les calculs du Fonds monétaire international), et ceci malgré sa croissance ralentie, la Chine hésite entre la Russie et les Etats-Unis. Pékin s'intéresse à la Russie pour des questions énergétiques. Avec par exemple, la signature d'un méga contrat gazier pour un montant de 400 milliards de dollars. Par ailleurs, les Russes vendent beaucoup d'armes à la Chine, Mais pour changer de son modèle économique, la Chine aura besoin du marché américain.

    « Pour l’industrie chinoise, qui reste très orientée vers les exportations, le marché américain est sans commune mesure avec ce que représente le marché russe », estime Jean-François Dufour, directeur du cabinet DCA-Analyse. Puis, il y a aussi la question centrale de la mise à niveau technologique de l’industrie chinoise. « L’industrie américaine reste l’une des plus avancées au monde. Dans cette vision de long terme, qui vise à élever à un niveau technologique l’industrie chinoise, il est évident que par-delà tous les conflits ponctuels qui peuvent apparaître, le rapport avec l’industrie américaine reste absolument déterminant pour la Chine », conclut le directeur du cabinet DCA-Analyse.

    Si la création de la zone de libre-échange est à la traîne, on discute beaucoup en marge du forum. Toutes ces discussions aboutiront à de futurs accords bilatéraux. Mais malgré ces initiatives, les autres acteurs de la région se sentent prisonniers des zones d'influence de la Chine ou des Etats-Unis. « Tout l’enjeu pour ces pays, selon Jean-François Dufour, c’est à la fois de marquer leur proximité avec l’une des deux puissances, et en même temps de profiter de ce forum, qui est susceptible d’aplanir les tensions pour éviter de se mettre l’autre puissance à dos. » Il s'agit donc d'un jeu d’équilibre pour trouver un positionnement entre la Chine et les Etats-Unis, les deux puissances clés pour l’avenir de la zone Asie-Pacifique.

    analyse
    L’un des souhaits de Pékin est de créer une banque d'investissement pour prendre la tête des pays émergents. Le gouvernement chinois n’est pas satisfait du travail de la Banque Mondiale et du FMI – deux organismes contrôlés par les Américains et les Européens.
    Hu Xingdou, professeur d’économie à l’Institut de technologie de Pékin 10/11/2014 - par Heike Schmidt Écouter


    Plusieurs projets de libéralisation des échanges se côtoient et se confrontent à l'Apec

    Les 21 membres de l'Apec sont d'accord pour favoriser la libéralisation des échanges commerciaux, mais ils divergent sur l'ampleur de l'ouverture des marchés et sur le nombre de partenaires concernés. Ainsi, les Etats-Unis - suivis par une douzaine de pays dont l'Australie, la Malaisie et le Vietnam - sont partisans d'un partenariat transpacifique qui rééquilibrerait la politique américaine vers l'Asie, introduirait des clauses sociales et écologiques dans les échanges, mais laisserait à l'écart la Chine et probablement le Japon.

    Ce projet est soupçonné par Pékin de vouloir limiter son influence croissante sur le continent. Dix pays d'Asie du Sud-Est proposent un partenariat économique global qui intégrerait aussi la Chine, le Japon et l'Inde. Enfin, la Chine soutient un projet de zone de libre-échange très large, qui aurait pour avantage d’englober les deux options précédentes. La question sera discutée à Pékin, mais elle a fort peu de chances d'être tranchée. Car dès à présent, les Etats-Unis qualifient le projet chinois de zone de libre-échange Asie-Pacifique d'aspiration à long terme, résultat de longues négociations.

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