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    Economie

    La Banque centrale européenne au secours de la zone euro

    media Le président de la Banque centrale européenne Mario Draghi à Francfort, le 22 octobre 2015. REUTERS/Kai Pfaffenbach

    La décision était très attendue. Mario Draghi, le président de la Banque centrale européenne, a annoncé toute une série de mesures pour relancer l'activité, la croissance, et lutter contre la déflation. Des mesures décisives pour l'avenir de la zone euro.

    La Banque centrale européenne va donc acheter en masse de la dette publique, la dette des Etats, jusqu'à ce que l'inflation retrouve des taux proches de 2%, a dit Mario Draghi, le président de la BCE. Le montant de ces achats sera de 60 milliards d'euros par mois à compter de mars prochain jusqu'à fin septembre 2016 soit 1140 milliards d'euros.

    La Banque centrale européenne va concrètement faire marcher la planche à billets, les banques centrales des différents pays qui auront vendu leurs obligations pourront du coup à leur tour injecter de l'argent dans l'économie, dans les entreprises, les banques, qui prêteront plus volontiers. Ce qui permettra de relancer toute la machine économique, la croissance, la consommation et donc aussi de lutter contre la déflation.

    Une mesure forte

    Dans le cadre de ce programme, les achats combinés de titres du secteur public et privé se monteront à 60 milliards d'euros par mois.

    Mario Draghi 22/01/2015 - par RFI Écouter

    Les Etats-Unis l'ont fait avec succès, l'Europe espère qu'il en sera de même. Pas sûr cependant qu'en Europe l'effet soit aussi fort. L'assouplissement monétaire, c'est une mesure inédite. D'autant que ces achats de dettes seront proportionnels à la participation de chaque pays dans le capital de la BCE.

    Les pays qui ont le plus de part dans la BCE sont les pays qui sont susceptibles d'avoir le plus de dettes rachetées, et en l'occurrence l'Allemagne et la France. Mais cette mesure est forte et elle aura un effet psychologique. L'offensive a déjà été largement anticipée sur les marchés, et elle a déjà eu des effets positifs. Le cours de l'euro a baissé avant même les annonces officielles de ce jeudi.

    Hausse des inégalités

    Si cette décision de la BCE aura pour effet d'écarter tout risque de déflation grace à la hausse des prix, et donc d'écarter le danger de croissance nulle ou négative, elle aura aussi un revers explique à RFI Pierre Schoeffler, président de S&Partners en augmentant les inégalités entre les revenus modestes et les plus riches. « Ce côté positif a malheureusement des effets pervers qui sont incontestablement un transfert de pouvoir d’achat des pauvres vers les riches. Car l’épargne populaire qui est investie dans des dépôts à vue ou des livrets A n’aura pratiquement plus de rémunération, l’assurance vie aussi aura une rémunération qui va tendre vers zéro rapidement et les gens normaux n’auront plus de rémunération de leur épargne alors que les gens les plus riches, qui ont la possibilité d’avoir par leur surface financière des emprunts à des taux égal à zéro auprès de leur banque, auront la possibilité d’investir sur les marchés financiers qui eux vont monter tout de suite ». 

    ■ Avant même la conférence de presse de Mario Draghi, Angela Merkel s'inquiétait des décisions de la BCE. La chancelière allemande s'exprimait dans le cadre du Forum économique de Davos. Pour elle, la BCE ne doit pas nous faire dévier du chemin des réformes.

    La décision prise par la BCE est une décision prise en toute indépendance, je tiens à le souligner. Mais ce que je dis en tant que responsable politique, c’est que quelle que soit la décision de la BCE, elle ne doit pas faire oublier une chose : c’est la politique qui doit fixer un cadre idéal permettant la croissance. Nous pouvons constater un progrès dans plusieurs pays soumis à des programmes de restructuration. Des efforts en vue de mettre en place des réformes structurelles sont en cours en Italie. Et j’ajoute : enfin ! Ce sont là des signes importants. En France aussi, il y a une nouvelle politique axée sur l’économie. C’est une bonne nouvelle ! Mais nous avons déjà perdu beaucoup de temps. Et le temps presse. Car chaque jour sans avancée dans la mise en place des réformes nécessaires pour rendre l’économie compétitive est un jour perdu pour les chômeurs en Europe.

    La chancelière allemande, Angela Merkel 22/01/2015 - par Achim Lippold Écouter

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