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    France

    France: l'équilibre instable du budget de la Défense

    media Le plan Vigipirate en France est pérennisé avec 7 000 militaires affectés en permanence à la sécurité nationale. Reuters/Gonzalo Fuentes

    Face à la menace terroriste, le budget de la Défense française va augmenter de près de 4 milliards d'euros de 2016 à 2019 et 7 000 militaires seront affectés en permanence à la sécurité nationale. Une décision attendue et prise ce matin après un Conseil de défense exceptionnel. François Hollande a également rappelé que des crédits seraient trouvés pour maintenir en 2015 le budget annuel à 31,4 milliards d’euros.

    À l’Elysée, ce matin, François Hollande a évoqué « les lourdes menaces » qui pèsent sur la France et la sécurité des Français où qu'ils se trouvent pour annoncer une rallonge budgétaire au profit des armées : 3,8 milliards sur les quatre années restantes de la loi de programmation militaire (2014-2019). La LPM sera « révisée » courant juin, mais le gouvernement préfère parler d’une LPM « actualisée » qui sera présentée en Conseil des ministres le 20 mai. Elle doit tenir compte du nouveau contexte sécuritaire sur le sol français après les attaques de janvier dernier, de l’engagement grandissant de la France à l’étranger (Barkhane au Sahel, Sangaris en RCA, et Chammal en Irak) et intégrer aussi l’exportation de l’avion de combat Rafale.

    Nouvelle donne

    La LPM était basée sur l’hypothèse selon laquelle 40 des 66 chasseurs produits entre 2014 et 2019 trouveraient preneur à l’étranger. Un pari qui sera certainement tenu après l’annonce par l’Inde de l’achat de 36 avions et le contrat signé avec l’Égypte portant sur 24 machines. Ces commandes permettront de maintenir l’activité sur les chaînes de montage de Dassault au-delà de 2018, mais l’armée de l’air disposera de moins d’avions neufs, livrés sur la période.

    L’armée de terre, pour sa part espère « muscler » sa force opérationnelle (FOT) pour la faire remonter à 77 000 hommes, alors que la LPM avait parié sur un modèle réduit, plus économique à 66 000 hommes. Mais Vigipirate (10 000 militaires mobilisés en quelques jours) et l’opération Sentinelle sont passés par là. « Sentinelle est une mission délicate pour nous, indique un colonel de l’armée française. À tour de rôle, les soldats sont mobilisés pour des périodes de six semaines. Après, ils rentrent chez eux, en permission. Tout le monde y passe. Nous avons supprimé les entraînements et les exercices, depuis janvier, tout est tourné vers cette opération intérieure (…) Nos soldats sont dans la rue et nous risquons de perdre les savoir-faire tactiques acquis en Afghanistan et au Mali ». Le nouveau modèle d’armée présenté fin mai pourrait déboucher sur la suppression de l’équivalent d’une brigade (environ 7 000 hommes) et la mise en place d’une autre, tournée vers l’aéromobilité.

    Financer l’opération Sentinelle

    Au-delà de la révision de la LPM, la rallonge de crédits annoncée ce mercredi 29 avril par François Hollande vient surtout acter la décision présidentielle visant à maintenir 7 000 hommes affectés en permanence à la sécurité du territoire. « Cette opération sera pérennisée », a répété le chef de l’Etat. Compte-tenu des relèves et des rotations sur les effectifs opérationnels, selon les informations de RFI, cette mesure coûtera de l'ordre de 2,5 à 3 milliards d'euros sur la période. La Défense va sauver 18 500 postes sur les 34 000 suppressions prévues dès 2014. Sur l’enveloppe accordée par le président, il resterait donc près d’un milliard à dépenser. 

    De l’argent frais, mais qui pourrait être « émietté » pour renforcer le secteur de la cyber-défense et le renseignement, mais aussi dans le domaine de la mobilité aérienne alors que la France est engagée loin des bases françaises en Afrique et au Proche-Orient. Dix mille hommes sont actuellement en Opérations extérieures (OPEX) : un niveau très soutenu.

    Quatre avions-cargos C-130J « Hercules » devraient être achetés aux États-Unis, si possible par le biais d’une procédure FMS ( Foreign Military Sale) permettant de déployer rapidement ces machines au Sahel. Une nouvelle commande d’hélicoptères TTH-90 « Caiman » devrait également être passée. Là encore, c’est un retour en arrière, quand on sait que la précédente loi de programmation militaire avait amené à une réduction des cadences de production des hélicoptères de transports destinés à la France, une nouvelle fois par mesure d’économie. « Nous avons besoin d’une régénération de nos matériels, indique une source militaire à RFI. Compte-tenu de l’environnement et l’âge des équipements, 20 % du matériel terrestre qui revient du Sahel, est quasiment jeté à la poubelle (…) On ne peut pas continuer comme ça ! »

    La fin des sociétés de projet ?

    L'autre annonce importante concerne le bouclage du Budget 2015. François Hollande a promis que le budget resterait à 31,4 milliards. Ce budget était conditionné à des rentrées d'argent liées à la vente de biens de l'armée, notamment des ventes de fréquences dans la bande de 700 mégahertz aux opérateurs de téléphonie mobile. Des cessions qui ne se sont pas concrétisées faute d’acheteurs dans le secteur privé. Un manque à gagner de 2, 2 milliards environ.

    François Hollande a laissé entendre que le trou sera comblé par des crédits budgétaires, « sans aucun appel à des ressources exceptionnelles ». Autrement dit, les sociétés de projet (SPV) envisagées en 2015 et devant déboucher sur l’utilisation de matériel en location par les armées sont écartées à ce stade. Elles devaient concerner à partir de cette année trois frégates Fremm et quatre avions A400M. Le ministère de la Défense pensait que c’était un bon moyen de récupérer des fonds, mais Bercy y voyait un nouveau moyen de s’endetter, et les militaires n’y croyaient pas trop.

    François Hollande a été très diplomate à l’issue de ce Conseil de défense de ce mercredi, mais le constat est là : l’équipe du ministre de la Défense y aura travaillé durant six mois, sans réussir pour le moment à imposer sa vision. Cela dit, il va falloir maintenant trouver l'argent ailleurs pour financer la Défense. Le président en a pris l'engagement ce matin.

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