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    Economie

    François Hollande à La Havane pour tisser des liens... économiques

    media Le président français François Hollande s'envole pour Cuba, lundi 11 mai, pour une visite historique, après une tournée aux Antilles. Ici, lors de son départ, le 8 mai, pour l'île de Saint Barthélemy. REUTERS/Alain Jocard/Pool

    François Hollande effectue ce lundi le premier voyage à Cuba d'un président français depuis l'indépendance de l'île en 1898. Alors que la levée de l'embargo américain sur Cuba se profile, la France cherche ainsi à se positionner sur ce marché.

    Avec notre envoyé spécial à La Havane, Florent Guignard

    Avec un brin de coquetterie dans la voix, François Hollande a parlé d’une visite « presque historique ». On a pourtant du mal à cacher du côté de l’Elysée la fierté d’être les premiers à La Havane. Premier président français à Cuba et même premier chef d’Etat occidental, en particulier depuis le dégel des relations entre les Etats-Unis et Cuba.

    Sans avoir versé dans le gauchisme, plus Allende que Castro, François Hollande appartient à cette gauche française fascinée par l’expérience cubaine communiste ou socialiste. Année après année, la France a aussi toujours voté aux Nations unies pour la levée de l’embargo américain. «Nous devons utiliser ce passé pour être les premiers dans ce nouveau temps », a confié sans détour François Hollande au Journal du dimanche.

    Au-delà de ce coup diplomatique et de la volonté de renforcer les liens franco-cubains, le président français pense affaires. L’ouverture de Cuba peut être une chance pour les entreprises françaises et l’île est une porte d’entrée indéniable pour toute l’Amérique latine. « On n’est pas là pour vendre des Rafales », tempère l’Elysée dans une boutade. Mais de toute évidence, la question des droits de l’homme passera au second plan.

    Business

    Des dirigeants de grandes entreprises françaises sont d'ailleurs du voyage avec François Hollande. Economiquement, tout est à construire entre Paris et La Havane, car la France n'est que le 10e partenaire économique de Cuba, loin derrière des pays amis de longue date, comme le Venezuela ou la Chine.

    La France exporte à Cuba des céréales, des engrais agricoles et du matériel de transport. Une soixantaine d'entreprises sont déjà présentes sur l'île, dont Bouygues, Air France, Total et Pernod-Ricard, le premier investisseur français à Cuba sous sa marque Havana Club. Le rhum représente d'ailleurs la moitié des exportations vers la France. Après l'Espagne, le Canada et l'Italie, la France est le 4e pays investisseur à Cuba, dans les secteurs de l'agroalimentaire, de l'énergie, du nautisme ou du tourisme.

    Chaque année, 100 000 Français visitent Cuba. C'est beaucoup moins que le million de touristes canadiens. Outre le développement des échanges, les responsables français et cubains vont aborder la question délicate de la renégociation de la dette de Cuba envers les pays membres du Club de Paris. Cette dette s'élève à 15 milliards de dollars, dont 5 milliards dus à la France.

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