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    Economie

    Face au risque de «Grexit», des Grecs retirent leur argent des banques

    media Dans cette période d'incertitude autour de l'avenir de la Grèce, alors que la pauvreté frappe lourdement le pays, de nombreuses personnes préfèrent retirer leur argent des banques. AFP PHOTO / ARIS MESSINIS

    Le bras de fer entre le gouvernement d'Athènes et ses créanciers internationaux crée de l'inquiétude chez les Grecs, à tel point qu'ils sont nombreux à retirer leur argent des banques. Jeudi 28 mai, pas moins de 500 millions d'euros auraient été prélevés en une seule et même journée, selon les derniers chiffres sur les retraits aux guichets.

    Le phénomène n'est pas nouveau en Grèce. Entre novembre 2014 et avril 2015, plus de 30 milliards d'euros ont ainsi été retirés des établissements bancaires du pays. Depuis l'arrivée au pouvoir de la gauche radicale d'Alexis Tsipras et du mouvement Syriza, de nombreux Grecs ont transféré leurs économies à l'étranger.

    Cette fois, ce sont de petites sommes qui sont prélevées. Les Grecs craignent une sortie du pays de la zone euro, le fameux « Grexit », et aussi l'apparition éventuelle d'une double monnaie. Ils préfèrent donc garder leur argent au chaud, sous leur matelat ou dans des petits coffres-forts, « plus fiables que les banques », comme l'a décrété l'Union des vendeurs de coffres-forts, qui voit là une aubaine.

    Le contrôle des capitaux mis en place chez les voisins chypriotes et la récession de la Grèce rajoutent l'inquiétude à l'anxiété. Le produit intérieur brut (PIB) grec a reculé de 0,2 %. Les investissements et les exportations sont au point mort, paralysant l'économie.

    Ce vendredi s'est achevé à Dresde un G7 finances où le dossier grec, qui n'était pas à l'ordre du jour, a été pourtant dans tous les esprits. Car le temps passe et qu'il n'y a toujours pas d'accord de réforme contre la prolongation de l'aide financière entre la Grèce et ses créanciers.

    Comme au théâtre, chacun joue pour l'instant son rôle : il y a les sévères, les sérieux, le ministre des Finances Wolfgang Schaüble en tête, qui explique que rien n'est encore fait, qu'un accord est loin d'être finalisé. Certes, tous se veulent rassurant et affirment ne pas envisager l'éventualité d'une sortie de de la Grèce de la zone euro, contrairement au Fonds monétaire international (FMI) et à sa patronne, Christine Lagarde.

    Le gouvernement grec, lui, continue de souffler le chaud et le froid, à l'instar du ministre des Finances Yanis Varoufakis qui, après avoir expliqué qu'il n'était pas sûr que son pays pourrait payer ce qu'il doit à partir du 5 juin au FMI, estime désormais que les discussions avancent mais que tout bien considéré, tout le monde a jusqu'au 30 juin pour conclure.

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