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    Economie

    Une régionalisation des échanges pour redynamiser le commerce mondial?

    media Un investisseur contemple le tableau électronique dans la salle des marchés de Pékin, le 7 juillet 2015. REUTERS/Kim Kyung-Hoon

    Sept ans de négociations pour un accord. Ce lundi 5 octobre, aux Etats-Unis les ministres de 12 pays — Australie, Brunei, Canada, Chili, Japon, Nouvelle-Zélande, Malaisie, Vietnam, Mexique, Pérou et les Etats-Unis — ont conclu un accord de libre-échange. Les 12 pays partenaires de ce traité transpacifique représentent à eux seuls 40% de l'économie mondiale. Cet accord devrait aider à redynamiser le commerce mondial, désespérément morose depuis la crise financière de 2008.

    Moins les économies sont prospères, moins elles échangent, et la stagnation de la croissance du commerce mondial depuis 2010 est assez révélatrice. Selon les prévisions de l'Organisation mondiale du commerce, la croissance des échanges ne devrait pas dépasser 3 % en 2015, 2,8% précisément, et ce pour la 4e année consécutive. Les échanges mondiaux ont atteint un plateau, une limite selon Lionel Fontagné, professeur d'économie à l'université Paris-1 :

    « Le commerce mondial est convalescent. Il a beaucoup souffert pendant la crise. Ensuite, en 2010, nous avons eu un rebond technique. Les stocks amassés ont été écoulés, les navires commandés et livrés avant 2008 ont été finalement affrétés. Mais depuis ce rebond technique, le commerce international n'arrive pas à retrouver les rythmes de croissance qu'il connaissait avant la crise. Auparavant quand la richesse produite dans une année augmentait de 1% le commerce mondial augmentait de 2%. Aujourd'hui quand la richesse mondiale augmente dans une année de 1% le commerce mondial augmente aussi de 1%. Donc c'est une sorte de normalisation, de stabilisation. Nous avons atteint un plateau dans la croissance du commerce international. Le fractionnement de la chaine de valeur, du processus de production est fait, le développement des émergents se ralentit, c'est donc le cumul de tous ces effets qui conduit au ralentissement du commerce mondial. »

    Le ralentissement chinois: une des raisons de l'atonie du commerce mondial

    Le commerce mondial a profité pendant près de 20 ans de la croissance du premier des émergents : la Chine. Vorace en matières premières pour alimenter sa croissance à deux chiffres et dont le ralentissement a un effet évident sur les échanges mondiaux comme l'explique Jean François Di Meglio directeur d'Asia Centre :

    « Le ralentissement de la croissance chinoise aujourd'hui n'est pas une bonne nouvelle pour le commerce, ce n'est pas une bonne nouvelle pour la navigation et pour les prix du fret, ce n'est une bonne nouvelle pour personne. Le ralentissement de la Chine a eu un impact double : le déstockage — ça veut dire un ralentissement sur les flux puisqu'on n’importe plus on consomme ce que l'on avait mis de côté — et puis maintenant on en est à la baisse des importations chinoises, et cet impact il est direct sur les matières premières , et ça donne une reconfiguration de ce qu'on appelait les Brics — Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud — qui est absolument colossale. »

    Les émergents, producteurs de matières premières, qui pour beaucoup avaient axé leurs économies sur les produits agricoles à destination du marché chinois. Le Brésil en est l'exemple emblématique. Le pays est entré en récession cette année, malgré la surproduction, le Brésil continue à alimenter les marchés en soja et coton sans trouver de débouché, d'acheteur prêt à payer un bon prix. D'autant que l’instabilité sur les marchés financiers en Chine a encore accentué la faiblesse du real, la devise brésilienne sur le marché des changes. Le pays est donc doublement pénalisé par le ralentissement des échanges chinois. Armand Ezerzer est négociant en coton et engrais, il a vu très concrètement les effets de ce ralentissement :

    « Il y a à peu près 18 mois, on s'est rendu compte que les filateurs chinois étaient beaucoup moins présents aux achats. Les imports se faisaient de manière beaucoup moins massive que précédemment, ils sont restés strictement sur les quotas annuels d'importations de l'OMC. Les autorités chinoises ont aussi réduit la production chinoise de coton, vendu les stocks qui étaient un peu anciens. Donc on a vraiment vu ce ralentissement. Or on voit partout des modèles économiques qui sont tournés sur un très gros consommateur qu'est la Chine, quel que soit le produit. A partir du moment où on se rend compte que la Chine n'est plus à 10% de croissance, mais à 8%, 7%, 2-3% même, tout le modèle s'effondre. Il faut absolument trouver qui va remplacer la Chine dans les échanges mondiaux, or la Chine est un géant. Et on ne peut pas remplacer un géant comme ça, il faut revoir tout le modèle. »

    A l'aube d'une nouvelle mondialisation ?

    La croissance du commerce mondial est donc arrivée à un plateau, la chaine de valeur ne peut pas être plus fractionnée, la croissance chinoise change de modèle, elle se tourne davantage vers la consommation intérieure que vers les investissements. L'avenir du commerce mondial n'est plus dans la mondialisation, mais dans la régionalisation des échanges, explique Lionel Fontagné. A l'image du coup de fouet que donnera sans doute le traité transpacifique qui vient d'être conclu aux Etats-Unis :

    « On voit bien que le pôle de gravité de la croissance il est là bas aujourd'hui. L'Asie c'est un tiers des échanges mondiaux, les Etats-Unis c'est 10%. Si vous avez 10 % de croissance de plus des échanges dans ces régions c'est énorme ! Ce qui est intéressant avec cette régionalisation du commerce international c'est que l'on peut, dans un accord régional, aller beaucoup plus loin que les sujets habituels en matière de libéralisation des échanges. Traditionnellement, quand on signe un accord à l'OMC on parle essentiellement des droits de douane. Quand on est dans un accord régional, on peut parler des standards techniques, des normes, de la politique de la concurrence, de l'investissement direct. Ce dont on parle en réalité, c'est de la protection derrière la frontière, de la mise en cohérence de la règlementation dans les pays partenaires, dans tous les domaines, la santé, le marché du travail... Donc ça, vous n'arriverez pas à le faire à 150 pays ou plus autour de la table. Donc vous n'arriverez pas à le faire dans le cadre de l'Organisation mondiale du commerce. Il faut le faire dans un autre cadre. Ce sont des questions dont on parle dans les accords régionaux précisément. La régionalisation des échanges de ce point de vue est une bonne nouvelle. »

    Le traité de libre-échange transpacifique doit encore être approuvé par les 12 pays signataires, notamment par le Congrès américain d'ici au printemps prochain. Il n'est pas exclu que la Chine devienne un jour le 13e signataire de ce traité.

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