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    Economie

    Les nécessaires échanges entre l'Inde et l'Afrique

    media Les délégués de 54 pays africains au troisième sommet Inde-Afrique à New-Dehli, ce lundi 26 octobre 2015. AFP PHOTO / PRAKASH SINGH

    L'Inde accueille le troisième sommet Inde-Afrique. Cinquante-quatre pays africains participent à cette rencontre qui se tient à New Delhi. Reporté depuis décembre 2014 en raison de l'épidémie d'Ebola, ce sommet est le plus important rassemblement de dirigeants étrangers en Inde depuis 1983. L’enjeu est majeur pour le sous-continent indien, car son grand rival chinois a pris de l'avance dans la course aux matières premières africaines.

    Ce n'est que le troisième sommet Inde-Afrique, une initiative lancée en 2008 sur le modèle des rencontres sino-africaines. Pourtant, les relations économiques entre l'Inde et l'Afrique ne datent pas d'hier. Les Indiens sont implantés depuis plusieurs générations dans certains pays africains, comme l'Afrique du Sud, où Gandhi, héros de l'indépendance indienne, a débuté sa lutte, mais aussi le Kenya ou la Tanzanie. C'est surtout avec l'accélération de la croissance indienne dans les années 90 que les relations se sont intensifiées. L'Inde est devenue un producteur mondial d'acier, d'aluminium et de cuivre, des industries qui ont besoin de matières premières, une richesse dont l'Inde ne dispose pas.

    Une course aux matières premières

    « Cinq pays majeurs en Afrique sont fournisseurs de l’Inde en matières premières », estime Jean-Joseph Boillot, conseiller auprès du Centre de recherche français dans le domaine de l'économie internationale (CEPII), co-auteur avec Stanislas Dembinski de Chindiafrique, édité chez Odile Jacob. « Le Soudan, d’abord, pour ce qui est du pétrole. Dans ce pays l’Inde et la Chine coopèrent, d’ailleurs. » Puis, il y a le Nigeria. En 2014, l’Inde est devenue le premier importateur du pétrole du pays, en achetant plus d'un quart de la production quotidienne nigériane. L’Inde est également présente au Gabon. Elle a des investissements pétroliers en Angola. Mais c’est surtout la Chine qui a investi massivement dans ce pays. « Et enfin, dans les minerais, des investissements indiens très peu connus concernent le Maroc, la Mauritanie et le Sénégal, ce dernier pour le minerai de fer ; et puis, bien sûr, l’Afrique du Sud, qui est sur la carte africaine de l’Inde numéro un », dit Jean-Joseph Boillot.

    L'Inde intervient d'abord en tant qu'investisseur. Des entreprises publiques, comme Oil and Natural Gas Corporation ou Indian Oil Corporation achètent des droits d'exploitation des hydrocarbures. Même démarche dans l'industrie minière avec le géant de l'acier, Arcelor Mittal, ou le groupe Vedanta, spécialiste du charbon. Dans ces secteurs, l'Inde est en concurrence directe avec la Chine.

    Les entreprises privées bien implantées

    Mais l'Afrique attire aussi des groupes indiens privés, et même familiaux. Comme le rappelle Etienne Giros, président délégué du Conseil français des investisseurs en Afrique (CIAN) : « Les Indiens s’implantent localement. Ils créent des filiales et viennent s’installer. Ils s’intéressent à deux secteurs : l’industrie et le commerce. C’est là où ils sont forts ». Parmi les entreprises ainsi implantées, le groupe Mahindra, fabricant de voitures, le Jindal Steel and Power Limited (JSPL) qui est une entreprise de production d'acier, le groupe Tata pour les camions et les bus, et puis le singapourien-indien Olam International qui est, lui, dans les produits agricoles, notamment dans la transformation du bois. « Les Indiens ont une manière de travailler, une manière de se comporter qui leur permet de s’adapter un peu partout. Ils ne sont pas rigides et leur positionnement sur les marchés est bon », conclut Etienne Giros. Pour les Indiens, l'Afrique c'est d'abord un milllard de consommateurs potentiels.

    Mais sait-on à combien s'élèvent les investissements indiens en Afrique ? Difficile d'avoir des chiffres du côté des pays africains. Même si l’Inde est le quatrième investisseur étranger en Afrique, elle se place largement derrière l’Union européenne, la Chine et les Etats-Unis. Selon le rapport réalisé en 2011 par la Banque Africaine de Développement (BAD), les échanges bilatéraux entre l’Afrique et l’Inde ont progressé de un milliard de dollars en 1990 à trois milliards en 2000, puis ils ont grimpé jusqu’à 36 milliards de dollars entre 2007 et 2008. Depuis la crise financière, le niveau des échanges commerciaux s’est stabilisé à environ 32 milliards de dollars en 2011.

    L’Inde et la Chine, les rivaux complémentaires

    Ce qui est intéressant, c'est que dans leur conquête de l'Afrique, la Chine et l'Inde sont assez complémentaires. Comme le remarque Jean-Joseph Boillot : « La Chine s’est spécialisée dans le produit très bon marché et solide, elle est également spécialisée dans tous les grands travaux d’infrastructure. Or, c’est précisément deux secteurs où l’Inde est très faible. Il y a un exemple où la complémentarité ressort bien, c’est dans le téléphone mobile. La solution indienne Airtel s’est imposée en Afrique. Derrière celui qui fournit les équipements pour les antennes pour couvrir le territoire africain, il y a le Chinois Huawei. Et pour les téléphones ou les smartphones, ce n’est pas l’Inde qui les vend, mais la Chine », conclut Jean-Joseph Boillot.

    Une complémentarité à laquelle les pays africains ne seront pas insensibles lors de ce sommet Inde-Afrique qui doit se poursuivre jusqu'au vendredi 30 octobre 2015.

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