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    Economie

    France: comprendre le bras-de-fer entre Renault et l’Etat français

    media Le PDG de Renault-Nissan Carlos Ghosn (à gauche) au côté du ministre de l'Economie Emmanuel Macron, le 30 septembre 2014 lors de l'inauguration d'une usine à Sandouville dans le nord de la France. AFP PHOTO / CHARLY TRIBALLEAU

    Le constructeur automobile Renault convoquait ce vendredi 6 novembre un conseil d'administration extraordinaire, son troisième depuis le mois d’avril. Si l’ordre du jour a été tenu secret, il a forcément été question de l'avancée des discussions entre les deux actionnaires principaux de la firme au losange : son allié Nissan et l'Etat français. Il s’agissait aussi d’évoquer les intentions de son patron Carlos Ghosn qui souhaite aboutir à un rééquilibrage de l'alliance au profit du japonais. Ce dernier a réclamé une résolution « dès que possible » de cette crise. Mais le bras-de-fer n'en est pas encore à son terme.

    La partie qui les oppose se joue en réalité à trois : le constructeur automobile Renault, son allié nippon Nissan et le ministère de l’Economie. Le PDG de la firme au losange, Carlos Ghosn souhaiterait rééquilibrer l'alliance. C'est aussi une attente du japonais qui pèse aujourd'hui deux fois plus lourd que le français en bourse : 42 milliards d'euros contre 17,5 milliards. Et pourtant, c'est Renault qui est majoritaire au capital de Nissan, juste derrière l'Etat français.

    Pour comprendre l'imbroglio, il faut revenir en 1999, date où le japonais traverse de grandes difficultés. Renault décide alors d'investir près de 5 milliards d'euros et entre à près de 40 % au capital de Nissan. Dès lors, on parle d'alliance. Les deux constructeurs automobiles gardent leur autonomie, mais avec un PDG commun : Carlos Ghosn. Une particularité qui va payer au niveau industriel. Les choix stratégiques du dirigeant brésilien ont sauvé le japonais, au point de lui donner un second souffle. Certes, Renault a été son sauveur, mais aujourd'hui c’est Nissan qui est le plus gros. Donc rien d'étonnant à ce qu'il veuille prendre de l'importance au sein de l'alliance.

    Carlos Ghosn pourrait en faire un groupe dont la majorité serait japonaise. Mais l'Etat français s'y oppose. Au printemps dernier, le gouvernement passe en force et décide d'augmenter ses parts dans le capital de Renault, de 15 à 19,7 %. Une hausse qui lui permet d'appliquer la loi Florange. Cette disposition récompense les actionnaires de long terme en leur offrant un droit de vote double aux assemblées générales. Par ce truchement, l'Etat s'assure une minorité de blocage qu'il va pouvoir exercer dès 2016 lors de la prochaine assemblée générale. Il pourra ainsi empêcher Nissan de récupérer ses droits de vote au sein de Renault.

    Carlos Ghosn contre Emmanuel Macron

    Selon le Code du commerce français, une société ne peut en contrôler une autre que si elle détient au moins 40 % de ses parts. Renault possède un peu plus de 43 % de Nissan, alors qu'une filiale du japonais contrôle 15 % du français. Insuffisant. Nissan est donc privé du droit de vote chez Renault. C'est à cela que Carlos Ghosn veut remédier. Et c'est aussi cela que l'Etat refuse. Renault doit rester un fleuron français, pas question qu'il connaisse le même sort que Peugeot qui a vu les Chinois entrer à son capital. Le ministre de l'Economie Emmanuel Macron refuse que l'ancienne régie nationale devienne japonaise.

    C'est aussi le combat de deux hommes : Emanuel Macron et Carlos Gohsn. Deux personnalités dont les intérêts divergent. Le ministre de l’Economie s’est défendu en rejetant les « contre-vérités sur ce que fait l’Etat chez Renault », et a réaffirmé que « l'Etat actionnaire continuera à jouer son rôle, le même qu'il joue auprès de l'entreprise Renault depuis 1945 ».

    En signe d'apaisement, l'Etat pourrait revendre ses titres acquis au printemps, d'autant qu'il ne perdrait pas d'argent puisque le cours de l'action remonte. Il pourrait aussi ne pas exercer la totalité de ses droits de vote. Une chose est sûre, en coulisse on tente de trouver un compromis. A l’issue du conseil d’administration de vendredi, un haut responsable de Nissan a fait savoir qu’il souhaitait qu'une solution soit trouvée « dès que possible ». « L'alliance Renault-Nissan a représenté un énorme succès pour nos deux entreprises et nous avons bon espoir que ce succès perdurera au cours des années à venir. Nissan voudrait résoudre cette question dès que possible afin de pouvoir rétablir les bases d'une alliance fructueuse », a déclaré le directeur de la compétitivité de la firme, Hiroto Saikawa.

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