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    Economie

    Les 10 personnalités économiques qui ont marqué 2015

    media Qui sont les dix personnalités de l'actualité économique qui ont marqué l'année 2015 ? REUTERS/AFP/Montage RFI

    Retour sur les dix personnalités économiques qui ont marqué cette année 2015 en France et dans le monde.

    Janet Yellen

    Janet Yellen, présidente de la Réserve fédérale américaine. REUTERS/Robert Galbraith/Files

    Le 16 décembre 2015, la Fed, la Réserve fédérale américaine, tourne une page de l’histoire monétaire des États-Unis en augmentant ses taux. Cela faisait sept ans que les taux d’intérêt étaient proches de zéro aux États-Unis. Présidente de la Fed depuis deux ans, Janet Yellen doit piloter le retour à la normale de la politique monétaire américaine. Une mission délicate et complexe, car le risque pourrait être de déclencher un krach boursier ou de fragiliser la croissance.

    Indépendante de Wall Street, avec le sens du service public, Janet Yellen, 69 ans, épouse du prix Nobel d’économie George Akerlof, n’a jamais travaillé pour une grande banque d’affaires. Cette économiste a fait la majeure partie de sa carrière au sein de la Fed, l'institution qui fixe le loyer de l’argent et donne le tempo de l’économie mondiale.

    Disciple de James Tobin, prix Nobel d’économie, connu pour sa taxe sur les transactions financières, cet esprit brillant s’est fait connaître pour avoir dénoncé, dès 2005, les risques de la bulle immobilière, alors qu’elle dirigeait la Réserve fédérale de San Francisco.

    Travis Kalanick

    Travis Kalanick, fondateur d’Uber. AFP PHOTO / GLENN CHAPMAN

    Le fondateur d’Uber, les chauffeurs de taxi le détestent. Et pour cause, Uber, service américain de véhicules de tourisme avec chauffeurs, a révolutionné le transport urbain en proposant des services à des prix très bas. Une révolution qui n’a pas seulement suscité la fureur des taxis. L’ubérisation symbolise aujourd’hui le lien entre nouvelles technologies et précarisation.

    L’histoire de Travis Kalanick commence comme celle de nombreux jeunes californiens qui lancent des start-up. Son idée : créer une application qui permet de réserver une limousine ou un chauffeur occasionnel à bord de sa voiture particulière. Aujourd’hui, sa société Uber vaut près de 50 milliards de dollars.

    Pour certains, Travis Kalanick est un patron de génie. Du déménagement au réseau de taxis en passant par la livraison de documents au bureau, Uber est désormais incontournable. Présent dans 45 pays, le groupe prévoit d’investir en Inde et en Chine.
    Pour d’autres, le fondateur d’Uber est juste un entrepreneur sans scrupule. Il fait travailler des chauffeurs rémunérés à la tâche, sans salaire fixe et sans assurance santé. Une aubaine pour les consommateurs, mais qui risque d’augmenter la précarité.

    Partout dans le monde, l’entreprise est dans le collimateur de la justice. Le statut de travailleurs indépendants de ses chauffeurs, et donc son modèle économique, pourrait être remis en question.

    Emmanuel Macron

    Emmanuel Macron, ministre français de l’Économie et des Finances. REUTERS/Charles Platiau

    Au moment de sa nomination en août 2014 comme ministre de l’Économie et des Finances, cet ancien banquier de Rothschild est inconnu du grand public. Aujourd’hui, il est la coqueluche des médias et des Français.

    À 38 ans, Emmanuel Macron veut incarner l’avenir de la gauche. Il est le symbole du virage social-libéral du quinquennat de François Hollande et n’hésite pas à remettre en cause les symboles des acquis socialistes. Sa faiblesse : ne s’être jamais présenté à une élection et n’avoir jamais été élu. Sa force : avoir mené à bien les réformes que lui a confiées le président Hollande.

    D’abord, sa loi pour la croissance et l’activité économique, dite loi Macron. Un texte-fleuve avec plusieurs mesures, particulièrement controversées. Comme celle du travail du dimanche ou la réforme des professions juridiques : notaires, huissiers, avocats.

    Un texte fourre-tout où l’on retrouve également des dispositions pour libéraliser le transport en autocar ou relancer le logement. Le ministre a aussi été appelé à une réforme en profondeur du Code du travail.

    Et c’est loin d’être fini. Après la loi Macron I, voici la loi Macron II. Dans le viseur du ministre : les faiblesses de l’économie française face au numérique. Une nouvelle loi qui devrait encore heurter une partie de la gauche.

    Yanis Varoufakis

    Yanis Varoufakis, ancien ministre grec des Finances. REUTERS/Ints Kalnins

    Début juillet, Yanis Varoufakis enfourchait sa moto et quittait le gouvernement grec. Son départ était une concession de la part du Premier ministre Alexis Tsipras aux créanciers d’Athènes afin de parvenir à un accord, qui a été trouvé le 13 juillet. Depuis cette date, la Grèce continue de faire bien des concessions.

    Son style décontracté, trop iconoclaste, déplaisait à ses partenaires européens. Et pas seulement son absence de cravate lors des réunions ministérielles. Peu avant son éviction, il déclarait : « Ce qu’ils font avec la Grèce a un nom : terrorisme. » Des propos qui exaspéraient ses interlocuteurs, Allemands en tête.

    Mais depuis son départ, la Grèce mesure tout le poids de l’accord conclu le 13 juillet. Pour se voir débloquer, tranche après tranche, 86 milliards d’euros sur trois ans, le gouvernement Tsipras s’est engagé à ne prendre aucune mesure qui ait un coût budgétaire sans l’aval des Européens. À la mi-décembre, un projet de loi prévoyant des mesures contre la pauvreté a été bloqué. L’Allemagne juge que l’allégement de la dette grecque n’est pas urgent. Les privatisations de ports, d’aéroports et de biens immobiliers de l’État s’accélèrent, tandis que le chômage culmine toujours à 24 % de la population active.

    Pendant ce temps, Yanis Varoufakis maintient une présence soutenue dans les médias, en proclamant que « le socialisme est mort ».

    Xavier Broseta

    Xavier Broseta, directeur des ressources humaines d’Air France. REUTERS/Jacky Naegelen

    Chez Air France, l’année 2015 a été marquée par le blocage du dialogue social sur la restructuration de la compagnie aérienne. Les incidents violents du comité central d’entreprise du 5 octobre, au cours duquel le DRH Xavier Broseta a perdu sa chemise, sont l’illustration du malaise qui y règne.

    Rien ne prédisposait Xavier Broseta, 48 ans, énarque, plutôt de gauche et directeur des ressources humaines d’Air France à exposer son torse nu, chemise déchirée, aux écrans du monde entier. Malmené par des salariés mécontents de l’annonce d’un plan social drastique, il est devenu le symbole de la résistance du personnel à une nouvelle cure d’austérité, après celle imposée entre 2012 et 2015. Cinq salariés accusés d'avoir pris part à l'épisode de la chemise arrachée, en cours de licenciement, seront jugés en mai prochain.

    Les négociations sur le plan de redressement 2015-2020 ayant échoué, devant le refus des pilotes de travailler plus à salaire égal, la direction évoquait un « plan B ». Une réduction de l’activité de la compagnie s'accompagnant de près de 3 000 suppressions d'emplois en 2016 et 2017.

    Les négociations se poursuivent, mais le PDG d’Air France-KLM Alexandre de Juniac a confirmé qu’en 2016, 1 000 postes seront supprimés quoi qu’il arrive. Pendant ce temps, Air France continue de perdre des points dans le match qui l’oppose aux compagnies moyen-orientales et asiatiques sur les longs courriers et aux compagnies à bas coûts en Europe.

    Akinwumi Adesina

    Akinwumi Adesina, président de la Banque africaine de développement. AFP/Eric Piermont

    La personnalité économique de l’année en Afrique, c'est le nouveau président de la Banque africaine de développement (BAD), le Nigérian Akinwumi Adesina, élu le 28 mai dernier.

    Avec ses lunettes qui lui mangent le visage, son éternel nœud papillon et l’enthousiasme qui marque ses propos, surtout quand il s’exprime dans un français fortement teinté d’accent anglophone, Akinwumi Adesina tranche avec la tonalité plus sobre de son prédécesseur, le Rwandais Donald Kaberuka.

    Ancien ministre de l’Agriculture du Nigeria, Akinwumi Adesina se targue d’avoir éliminé la corruption dans ce secteur et facilité l’accès des paysans nigérians aux engrais. Cornaqué pendant sa campagne par l’ex-secrétaire général des Nations unies Kofi Annan, le nouveau président de la BAD s’est fixé comme objectif d’accélérer la croissance des économies africaines.

    Mais Akinwumi Adesina veut une croissance dont les fruits sont mieux partagés. En clair, une croissance qui réduise la pauvreté dans laquelle végète une grande partie de la population africaine. Un dossier auquel le nouvel homme fort de la BAD est très sensible, lui qui est issu, rappelle-t-il souvent, d’un milieu modeste. Pour réussir ce pari, Akinwumi Adesina sait qu’il doit réformer l'institution qu’il préside, pour en faire une machine moins bureaucratique, plus proche du terrain et plus réactive.

    Matthias Müller

    Matthias Müller, nouveau président de Volkswagen. REUTERS/Fabian Bimmer

    Matthias Müller est le nouveau patron de Volkswagen. Nommé fin septembre en plein scandale des moteurs truqués, le nouveau PDG doit gérer l’après-crise et les énormes pertes qui pèsent désormais sur le groupe de Wolfsbourg. Et il devra restaurer l’image ternie du constructeur. Pur produit du groupe qu'il dirige désormais, aura-t-il les épaules assez solides pour sortir le mastodonte de la tempête ?

    Depuis 2009, pour réussir les contrôles de pollution américains, le fabricant allemand truquait ses moteurs diesel pour masquer leurs véritables émissions, qui étaient de 10 à 40 fois plus que la limite autorisée. Outre-Atlantique, près de 500 000 véhicules sont concernés par cette tricherie et l’entreprise risque d’écoper d’une amende de 16 milliards d’euros.

    En Europe, plus de 8 millions de voitures sont concernées, dont 1 million en France. Au total, dans le monde, il faudra rappeler quelque 11 millions de véhicules équipés du logiciel incriminé. Des rappels qui engagent des frais, et auxquels s’ajoutent des manques à gagner pour l’entreprise pouvant aller jusqu’à 80 milliards d’euros.

    Paul Auffray

    Paul Auffray, président de la Fédération nationale porcine. AFP PHOTO / JEAN FRANCOIS MONIER

    En France, les éleveurs porcins sont la profession agricole la plus malmenée cette année. Ils ont vu leurs revenus fondre de 60 %. Après plusieurs actions, comme l’arrêt des cotations du prix de la viande et une manifestation à Paris cet été, la filière reste fragile. Mais les Français ont pu prendre conscience des difficultés qu’ils rencontrent grâce, notamment, à la mobilisation d’éleveurs militants, comme le Breton Paul Auffray.

    Paul Auffray, 51 ans, n’est pas près d’oublier cet été 2015. Trois mois passés entre son élevage porcin breton et les salons feutrés des ministères parisiens, entre les réunions paysannes et les plateaux de télévision. Car Paul Auffray n’élève pas seulement 1 500 porcs, c’est aussi le président de la Fédération nationale porcine. Alors quand, début août, les deux principaux industriels de la filière, la coopérative Cooperl et groupe Bigard, décident de ne plus acheter de porc, il est en première ligne.

    En cause : le prix, fixé lors de discussions avec l’État en juin, de 1,40 euro le kilo de porc. Beaucoup trop cher et pas assez compétitif, crient les industriels. Car les voisins européens, eux, sont parfois 40 centimes en dessous. Et l’embargo russe sur les importations de viande de porc freine les débouchés du marché.

    Philippe Knoche

    Philippe Knoche, directeur général d’Areva. REUTERS/Philippe Wojazer

    L’année 2015 a été marquée par les déboires d’Areva. Le leader mondial du nucléaire, en grande difficulté économique, négocie la vente de la majorité de son capital et s’est lancé dans un vaste chantier de réorganisation. Un travail confié par l’État à Philippe Knoche, directeur général du groupe.

    Il n’a pas la tâche facile. L’actuelle restructuration d’Areva ressemble plus à un démantèlement : à cause de pertes abyssales qu’accuse l’entreprise, il doit redresser les comptes, d’abord par une cure d’austérité. Le nucléaire français va supprimer 6 000 emplois dans le monde, baisser ses investissements et céder quelques activités.

    Mais le nouveau patron doit surtout mener à bien la négociation avec EDF pour la vente de la majorité de ses activités réacteurs. Plusieurs défis, donc, pour ce vétéran de l’entreprise qui entre dans la chaudière du nucléaire en 2000. Il commence sa carrière au sein de Cogema, qui va devenir Areva, sur fond de restructuration et de montage, avec l’autre grand acteur du nucléaire Framatome.

    Philipe Knoche a ensuite enchaîné les missions sensibles dans toute la chaîne industrielle du groupe, pour devenir son numéro deux en 2011. Tant de tâches qui lui ont permis d’avoir une vue sur l’ensemble de la filière nucléaire et la légitimité industrielle pour diriger AREVA dans ce moment crucial pour son avenir. Une légitimité liée aussi à son caractère : ce polytechnicien de 46 ans n’est pas un homme de réseaux, ne court pas les dîners mondains, n’a pas fait sa carrière dans les cabinets ministériels, mais dans les chantiers et les usines.

    Bernard Maris

    Bernard Maris, économiste tué lors des attentats de Charlie Hebdo le 7 janvier 2015. PIERRE-FRANCK COLOMBIER / AFP

    Il y a un an, une des voix de l’antibéralisme en France s’éteignait. L’économiste Bernard Maris, celui qui signait « Oncle Bernard » ses chroniques dans Charlie Hebdo, trouvait la mort lors de l’attaque terroriste contre l’hebdomadaire satirique.

    Chroniqueur sur France Inter, où il rejouait, chaque vendredi dans le débat économique, le match entre l’altermondialisme et le libéralisme, expert sur les plateaux de télévision, l’économiste en chef de Charlie Hebdo était connu pour ses prises de position antilibérales et son opposition viscérale aux banquiers.

    Et pourtant, il accepte, en 2011, un poste au conseil général de la Banque de France. Un poste plutôt surprenant pour cet économiste atypique, professeur à l’Institut d’études européennes, auteur de nombreux ouvrages, qui avait été candidat pour les Verts aux législatives de 2002, et membre du conseil scientifique de l’ONG Attac.

    Passionné de Keynes, de Marx, mais aussi de psychanalyse, de philosophie ou d’histoire, ce saltimbanque au pays du CAC 40, s’était tourné, ces dernières années, vers la littérature. Une ouverture qui était la marque de fabrique de cet intellectuel libre et joyeux.

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