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    Economie

    L'investissement, moteur de la future croissance économique chinoise

    media Le président chinois Xi Jinping avec Robert Mugabe au Zimbabwe, le 1er décembre 2015, où il a signé plusieurs accords économiques. REUTERS/Philimon Bulawayo

    Locomotive de l'économie mondiale depuis plus de deux décennies, la Chine est aujourd'hui à la peine. Selon les chiffres officiels, la croissance ne devrait pas dépasser les 7% cette année, soit son niveau le plus bas depuis un quart de siècle. La Chine s'enrhume et c'est le monde qui tousse.

    Les premiers à souffrir du ralentissement de la Chine sont ses partenaires, surtout les pays devenus dépendants au fil des ans de leur client chinois. Des pays riches en matières premières, minerai de fer, cuivre, charbon, que la Chine a acheté avec voracité mais dont Pékin a moins besoin aujourd’hui pour alimenter sa croissance.

    L'économiste Jean-Yves Carfantan, consultant en produits agricoles dans un bureau brésilien en voit les effets très concrets depuis plus d'un an au Brésil. « Quand vous avez un projet minier qui disparaît, ça signifie des milliers d'emplois qui disparaissent ! Ça signifie des collectivités territoriales qui ne peuvent plus miser sur des recettes fiscales, des programmes de développement régional qui sont complètement anéantis. Et à l'échelle nationale, ça signifie une baisse des recettes d'exportation, des baisses de recettes fiscales également, petit à petit, par effet boule de neige, les conséquences sont extrêmement nombreuses. Nous avions un grand projet portuaire dans le sud-est du pays qui était essentiellement destiné à faciliter l'écoulement du minerai de fer sur de grands bateaux spécialement conçus pour servir la Chine, ce projet portuaire a été drastiquement réduit en l'espace de 2 ans ! »

    Une mondialisation taillée sur mesure

    Pendant des décennies, la Chine a réduit la mondialisation à sa main, important exportant à tout va avant d'être rattrapée elle aussi par la crise financière de 2008. Une crise dont elle a lissé les effets en finançant un immense plan de relance dont elle paie aujourd’hui les conséquences parce qu'il s'est traduit par énormément d'endettement, en particulier dans le secteur bancaire. Mais la Chine n'a pas été simple témoin de son ralentissement : cela fait plus de dix ans qu'elle construit sa croissance de demain explique l'économiste Jean-Joseph Boillot, conseiller au club du CEPII pour les grands émergents. «Officiellement -c'est le discours- c'est relancer la consommation domestique, c'est plus interne, mais en réalité cette voie ne marche pas. Il y a une autre voie qui est celle de l'expansion internationale. Puisqu'on ne peut plus exporter, puisque le 'made in China' a beaucoup de mal maintenant à trouver des marchés en expansion, il fallait trouver un nouveau moteur de croissance. Et ce nouveau moteur de croissance c'est l'investissement des énormes réserves de changes qui ont été accumulées, de l'ordre de 4 000 milliards de dollars dans le reste du monde. Alors vous avez le père noël Xi Jinping qui dépose ses cadeaux un peu partout dans le monde et à la clef, à chaque fois, ce sont de grands contrats d'investissements pour les groupes chinois - qui l'espèrent en tout cas - vont avoir une charge de travail pour les trente prochaines années.»

    L'investissement direct étranger au cœur de la future croissance chinoise

    Partout, en Asie, en Afrique, aux Etats-Unis, en Amérique latine, en Europe, la Chine exporte ses investissements. Participation au capital de grandes entreprises, rachat de groupes avec pour grands gagnants rappelle Jean-Joseph Boillot : les groupes chinois qui ont émergé lors de la période faste, avant la crise de 2008. « L'argent est là, et derrière ce capital ce sont de grands programmes d'infrastructures qui sont mis en œuvre avec par exemple le tramway d'Addis-Abeba. Là, c'est pas du toc ! La construction au Pakistan du métro de Lahore non plus ! C'est un très grand projet. Et adossées à cela, parce qu'un métro a besoin d'électricité, trois centrales à charbon vont être construites dans le Penjab. Donc ce sont bien des réalisations qui vont faire tourner ces énormes usines en Chine qui étaient pour l'instant en surcapacité. C'est cela qu'il faut bien comprendre, il s'agit là d'un véritable virage stratégique ».

    Autant d'investissements qui nourrissent la future croissance chinoise en Chine et à l'étranger. Au Brésil, de très nombreux projets ont été annoncés en fanfare explique Jean-Yves Carfantan, mais ils peinent encore à se concrétiser. «On voit que les Chinois recommencent à investir, mais ils reviennent sur des secteurs qui sont soit à forte rentabilité pour les entreprises concernées, par exemple dans des projets de construction de barrages hydroélectriques. Ils vont éventuellement investir dans des projets de transformation du gaz mais ce n'est pas forcément pour exporter vers la Chine, ce peut être destiné à des usages industriels locaux au Brésil. On attend. On dit qu'il y a 50 milliards de dollars qui pourraient être investis au Brésil dans les cinq prochaines années mais.... pour l'instant rien de concret.»

    En Afrique pour compenser en partie la baisse des investissements chinois sur le continent ( moins 40% en 2015), Pékin a promis début décembre lors du sommet sino-africain de Johannesburg, 60 milliards de dollars d'aide pour financer l’agriculture, la réduction de la pauvreté et la sécurité sur le continent.
     

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