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    Economie

    EPR d'Hinkley Point: les cadres d’EDF craignent la faillite

    media La centrale nucléaire de Hinkley Point C, dans le sud-ouest de l'Angleterre, en 2013. REUTERS/Suzanne Plunkett

    Les cadres d'EDF tirent la sonnette d'alarme. Selon eux le projet de deux réacteurs EPR au Royaume-Uni, à Hinkley Point, trop coûteux dans un contexte de crise, risque de provoquer « la faillite » de l'entreprise. Le mois dernier, le projet de financement -16 milliards sur 10 ans- a déjà été repoussé. Mais là, le mal est plus profond, alors que le Conseil d'administration du groupe se réunit lundi pour approuver les comptes de 2015.

    « Hinkley Point risque de tuer EDF ». C'est ce qu'a déclaré la CFE-CGG, le syndicat des cadres. En dehors du coût du projet qui pèse à peine 20 milliards d'euros en Bourse, l'électricien doit assumer le risque total du chantier à 24 milliards d'euros.

    Les agences menacent de dégrader sa note, l’obligeant à capitaliser 50 milliards d’euros. Le groupe doit aussi lancer la restructuration de ses 19 centrales en France pour 55 milliards d'euros sur dix ans. Les coûts s'accumulent alors que les prix du marché se sont écroulés.

    L'inquiétude est partagée également par les dirigeants d'EDF, mais l'Etat persiste pour des raisons politiques et diplomatiques, selon eux. La France s'est en effet engagée avec les Anglais et les Chinois qui doivent apporter 8 milliards d'euros sur dix ans.

    Les détracteurs du projet proposent de jouer la montre afin de réviser son coût à la baisse. Mais de l'aveu d'un administrateur, quelle que soit la décision, le groupe est perdant. Stopper le projet des deux réacteurs EPR en Angleterre signerait la mort d'EDF au Royaume-Uni et la remise en question totale du nucléaire en France.

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