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    Economie

    La guerre des prix sauvera-t-elle l’agneau gallois?

    media L'agneau gallois menacé par la guerre des prix. RFI/Agnieszka Kumor

    Le Pays de Galles est le premier producteur européen d’ovins. Cette région située dans l’ouest du Royaume-Uni compte 9,7 millions de moutons et brebis, soit trois fois plus que d’habitants ! Elevés dans une totale liberté, les agneaux gallois sont les rares à respecter encore une saisonnalité et bénéficient d’un label européen très convoité d’Indication d’origine protégée (IOP). Mais leur existence est aujourd’hui menacée : les prix de gros dégringolent, alors que la viande d’agneau n’a jamais été aussi chère pour le consommateur.

    Mais qu’est-ce qu’il a de si spécial cet agneau gallois pour qu’on l’aime tant ? C‘est d’abord un animal fort sympathique. Mais c’est aussi un animal de ferme. On utilise sa laine et sa peau délicate, mais aussi sa viande rouge riche en protéines, en phosphore, en fer, en zinc et une source de vitamines. Les médecins soulignent ses valeurs nutritionnelles, les chefs célèbrent sa chair tendre et juteuse et les sommeliers n’ont pas de mal à lui trouver de bons rapports mets/vins, avec modération, bien sûr.

    Elevé en toute liberté

    La production de l’agneau gallois est entièrement naturelle. Les bêtes gambadent en toute liberté dans les prés, les éleveurs respectent une faible densité d’animaux par hectare, et aucun apport supplémentaire de nourriture n’est requis. C’est ce mode d’élevage extensif, par opposition à l’élevage intensif, qui fait de l’agneau gallois un produit si spécial. Son élevage représente un secteur majeur de l’économie : il génère 172 000 emplois et contribue à hauteur de 8,4 millions d’euros au PIB du pays.

    Le casse-tête des éleveurs français

    Les éleveurs gallois proposent un produit haut de gamme tout en étant mal payés pour cela. Ce n’est pas le problème des éleveurs français. Leur casse-tête à eux, ce ne sont pas les prix de gros, mais la baisse de la consommation intérieure. Olivier Turgot, propriétaire avec sa femme Frédérique d’une ferme ovine en Normandie, constate un vrai paradoxe en France : les cours des carcasses d’agneau sont plutôt élevés, mais il n’y a pas de demande. Quand on compare, en effet, le prix moyen au kilo sur le marché de Rungis, le plus grand marché de gros en France, avec ce que perçoivent les fermiers gallois il y a presque deux euros d’écart. Le problème, c’est la demande.

    Les éleveurs d’ovins français ont alors trouvé une parade : la vente directe, qui s’est beaucoup développée ces dix dernières années en France. Le producteur paye une prestation dans un abattoir, il a besoin d’un atelier de découpe et d’un équipement frigorifique, et ensuite il livre son client sans passer par les intermédiaires qui sont, notamment, le revendeur, le boucher et la grande distribution. Il s’agit plutôt d'un marché de niche et cela fonctionne très bien localement. Le producteur perçoit une somme confortable pour son effort.

    Acheter local : le consommateur a compris le message. Mais est-il aussi gagnant ? Pas vraiment, car sa facture reste élevée. Mais au moins il connaît la provenance de ce qu’il consomme. En revanche, les experts britanniques sont plutôt sceptiques quant à la vente directe. Ils estiment que pour vendre la viande sur le marché de masse, il serait difficile de remplacer le supermarché. Il ne faut pas toutefois oublier que l’on n’est pas sur les mêmes volumes en France et au Pays de Galles. Trouver les marchés à l’exportation, c’est une autre affaire.

    Un « Brexit » ? « No, thanks »

    Selon Rebecca Evans, secrétaire d’Etat pour l’Agriculture dans le gouvernement gallois, la sortie éventuelle du Royaume-Uni de l’Union européenne coûterait au Pays de Galles 240 millions de livres, soit plus de 312 millions d’euros par an, en termes d’aides directes octroyées aux fermiers gallois. Et il n’est pas dit que le gouvernement britannique prenne sur lui ces paiements, précise-t-elle.

    (Ré)écoutez également: Grand Reportage: L'agneau gallois menacé par la guerre des prix

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