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    Economie

    La Banque centrale européenne abaisse son taux directeur à zéro

    media Mario Draghi, président de la BCE lors des annonces des nouvelles mesures le jeudi 10 mars 2016. REUTERS/Kai Pfaffenbach

    L'euro dégringole face au dollar, les Bourses de Milan et de Paris s'envolent de plus de 3%. C'est l'effet des annonces de la Banque centrale européenne pour soutenir l'économie et lutter contre l'inflation. La BCE a, entre autres, abaissé ses trois taux directeurs. 

    Si les Bourses européennes ont bondi à l'annonce de ces mesures, c'est qu'elles n'en attendaient pas tant. Il faut dire que la Banque centrale européenne a sorti l'artillerie lourde. Là où les marchés espéraient la baisse d'un seul des taux directeurs, la Banque centrale européenne a abaissé les trois.

    Le taux central, celui qui donne le « la » du taux des crédits dans la zone euro passe de 0,05% à 0, une première dans l'histoire de la BCE. L'institution continue également à encourager les banques à prêter de l'argent par une baisse du taux de dépôt à 0,4%. Concrètement, c'est le pourcentage que devront débourser les établissements bancaires pour confier leur argent à la Banque centrale européenne. Des mesures radicales et Mario Draghi, le président de la BCE, est prêt à aller encore plus loin, s'il le faut.

    Au-delà de son effort sur les taux, la BCE va continuer à injecter de l'argent dans l'économie en rachetant de la dette sur les marchés. Des rachats qui vont même s'accélérer à partir du mois prochain. Ce ne sont plus 60 mais 80 milliards d'euros que l'institution de Francfort va désormais racheter chaque mois. Et puis, les banques vont être abreuvées de liquidité grâce à de nouveaux prêts à long terme et à des taux très avantageux.

    Risques

    Selon Christopher Dembik économiste chez Saxo Bank, la BCE joue son va-tout avec ces nouvelles mesures. Mais ce n'est pas sans risque. « Aujourd'hui, le principal risque lié à la politique monétaire mise en oeuvre par la Banque centrale européenne, c'est tout simplement d'accentuer non seulement la prise de risque des investisseurs, analyse-t-il. Il y a beaucoup de liquidités sur le marché donc des investisseurs peuvent tout simplement s'orienter vers des actifs qui sont potentiellement très risqués. »

    Mais surtout, pointe M. Dembik, « on peut craindre aussi l'accentuation d'éventuelles bulles spéculatives sur certains segments de marché. Beaucoup commencent déjà à dire par exemple que sur les obligations souveraines, c'est-à-dire là où se refinancent les Etats, on a des taux qui ne sont pas représentatifs des fondamentaux économiques. Donc la question se pose de savoir si on n'est pas face à une bulle spéculative. Les risques pris par la Banque centrale européenne sont donc très élevés pour un gain immédiat qui reste très faible du point de vue macroéconomique. »

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