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    Economie

    Pourquoi la SNCF vaut 12 milliards de moins?

    media La SNCF a enregistré en 2015 une énorme perte nette, conséquence d'une dépréciation d'actifs. REUTERS/Stephane Mahe

    La SCNF, Société nationale des chemins de fers français,  a publié ce vendredi 11 mars ses résultats annuels pour 2015, les premiers résultats depuis la réforme ferroviaire et le rapprochement de SNCF réseau et de SNCF mobilité l'été dernier. Le groupe enregistre un bénéfice de 377 millions d'euros, mais aussi une perte nette de 12,2 milliards d'euros. Une perte colossale qui correspond à une estimation comptable de dépréciation de ses actifs.

    Les actifs, c'est ce que possède une entreprise. Dans le cas de la SNCF, il y a 2 types d'actifs. Ceux détenus par SNCF réseau qui chapeaute toutes les infrastructures ferroviaires, les rails notamment, et SNCF mobilité qui gère elle les trains et les gares, le trafic voyageur. Pour des raisons purement comptables et techniques, les commissaires aux comptes de la SNCF ont lancé une estimation de ces actifs dans 15 ans pour avoir une idée chiffrée de leur valeur, et définir une stratégie.

    Selon cette estimation, les actifs de la SNCF qui valent au total aujourd'hui 43 milliards d'euros, n'en vaudront plus que 31 milliards dans 15 ans: soit une perte nette de 12 milliards d'euros. le chiffre fait frémir. Guillaume Pepy, le président du directoire de la SNCF, rappelle qu'il s'agit une estimation comptable, destinée à mesurer la rentabilité financière d'une entreprise. Cette perte apparait sur le papier mais la SNCF n'a pas de trou de 12 milliards d'euros à combler. Pas un euro ne sortira des caisses, on ne touche pas à la trésorerie et l'entreprise peut toujours investir.

    Du monopole à la concurrence

    Sur les 12 milliards d'euros de perte de valeur annoncée, l'essentiel - 10 milliards d'euros -concerne la perte de valeur des infrastructures ferroviaires. Les voies, les rails, la signalisation sont à bout de souffle et les moderniser représenterait un défi financier colossal. Pour ce qui est des trains des rames et des gares, les enjeux sont différents. La SNCF se retrouve aujourd'hui confrontée à la concurrence de l'autocar, du co-voiturage et surtout de l'aérien ! Les compagnies low-cost multiplient les offres et, sur certaines lignes, prendre l'avion ou le train revient à peu près au même prix.

    Pour la SNCF, cela signifie deux choses: un trafic passager en baisse donc moins de revenus, et l'obligation pour l'entreprise, si elle veut rester compétitive, de proposer des billets à bas prix, ou un système de trains low-cost à l'image des Ouigo dans lequels il n'y a pas de services de restauration par exemple, pour amoindrir les coûts et donc les tarifs des billets.

    Le ferroviaire public est-il encore viable?

    Les pertes affichées ont de quoi effrayer les investisseurs qui se poseront immanquablement des questions sur la santé financière de la SNCF, sur sa rentabilité qui n'est évidemment pas présentée sous son meilleur jour. D'autant que d'autres sujets inquiètent : l'ouverture du rail à la concurrence, un grand saut auquel la SNCF ne s'est pas bien préparée.

    Et si Guillaume Pepy, le patron de la SNCF, se veut rassurant, et met en avant la croissance du chiffre d'affaires, le ferroviaire aujourd'hui n'a plus autant la cote. Le trafic du fret est en baisse, celui des voyageur aussi et puis il y a la dette, une énorme dette de la SNCF qui continue de filer. 45 milliards d'euros en 2015, soit 2 fois plus qu'en 1990. L'Etat premier actionnaire pourrait venir à la rescousse en cas de difficulté, mais il ne le fera pas à tout prix et dans n'importe quelles conditions, d'autant que SNCF n'est pas la seule entreprise publique en situation financièrement périlleuse.

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