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    Amériques

    «Panama Papers»: révélations sur un scandale international d’évasion fiscale

    media Parmi les personnalités mises en cause dans les «Panama papers», Michel Platini. Reuters/Eric Gaillard/Files

    Depuis ce dimanche soir, des médias du monde entier commencent à publier des révélations sur les avoirs cachés de personnalités du monde entier. Plusieurs présidents qui sont en poste actuellement sont cités dans des documents confidentiels que se sont procurés 370 journalistes de 107 rédactions.

    On parle de la fuite la plus massive de l’histoire du journalisme. Dix fois plus importante que le dossier Offshore Leaks révélé en 2013, elle représente au total 11,5 millions documents, 2,6 téraoctets de données provenant des archives du cabinet panaméen Mossack Fonseca, spécialisé dans le montage de sociétés offshore. Rappelons que dans le dossier Swiss Leaks, une seule banque était concernée, la banque HSBC, et que dans le Luxembourg Leaks, un seul pays était mis en cause. Dans cette nouvelle affaire, les chiffres, les pays et les personnalités mises en cause donnent le tournis.

    Le Süddeutsche Zeitung à l'origine de l'enquête

    Cette masse de documents, qui comporte des mails, des notes, des tableaux, des fax, a été livrée par une source anonyme au quotidien allemand Süddeutsche Zeitung, début 2015. La rédaction du journal enquêtait alors sur des accusations de fraude fiscale visant la deuxième plus grosse banque du pays, la CommerzBank. Pour décrypter ces documents, le journal s’est associé à 106 autres rédactions à travers le monde. Pendant un an, 370 journalistes vont travailler sur ces archives et depuis ce dimanche 3 avril, les journaux associés publient des révélations qui pourraient s’avérer délicates pour certains.

    Des personnalités éclaboussées

    Tous sont soupçonnés d’avoir recouru à des montages offshore pour dissimuler leurs actifs. Douze chefs d’Etat, dont six en exercice sont mis en cause. Il y a aussi des milliardaires, des grands noms du sport, comme le footballeur Lionel Messi ou Michel Platini. Le Monde précise que la mention d'une société à Panama apparait pour la première fois le 13 juin 2013, donc au lendemain de la mise en examen du footballeur argentin avec son père pour fraude fiscale en Espagne. Concernant Michel Platini, le président suspendu de l'UEFA fait savoir que l'ensemble de ses avoirs est connu des autorités fiscales suisses.

    Parmi les noms cités figurent Nawaz Sharif, le Premier ministre pakistanais, le roi Salman d’Arabie saoudite, le président ukrainien Petro Porochenko, son homologue argentin Mauricio Macri, le président chinois Xi Jinping engagé dans son pays dans une vaste campagne anticorruption, etc.

    En Islande aussi

    Les révélations éclaboussent des proches de Vladimir Poutine et notamment le parrain d'une de ses filles, le violoncelliste Sergueï Roldouguine. Les documents montrent aussi comment les amis du président russe ont amassé et sorti du pays des sommes colossales puisées dans l’argent public.

    Autre exemple parmi d'autres : quatre ans après la faillite de son système bancaire, la petite Islande se retrouve au cœur du scandale, avec son actuel Premier ministre et sa femme. Alors que plusieurs banquiers islandais croupissent dans les prisons, le couple dissimulait ses avoirs par le biais d'une société baptisée Wintris, enregistrée dans les îles Vierges britanniques. Plusieurs autres politiques islandais sont mis en cause.


    Personne n'y échappe, c'est un grand réseau qui est révélé qui va bien au-delà de la simple entreprise mise en cause...

    Manon Aubry, porte-parole de l'ONG Oxfam 04/04/2016 - par RFI Écouter

    ■ Un incroyable système de fraude basé sur des sociétés écrans

    Les structures offshore créées ou administrées par le cabinet panaméen Mossack Fonseca - 214 000 entités offshore situées dans 21 paradis fiscaux -ne sont pas forcément illégales ou opaques. Leur rôle principal est de dissimuler des avoirs grâce au recours à des prête-noms.

    C'est ainsi que l'argent propre côtoie l'argent sale. Les avoirs provenant de la fraude fiscale rencontrent l'argent du crime organisé et de la corruption, les grandes fortunes et les stars du football se mêlent aux réseaux mafieux et aux chefs d'Etat corrompus.

    Les soi-disant « clients » sont protégés par d'autres sociétés, créées aux quatre coins du monde, qui s'emboîtent les unes dans les autres et rendent l'argent intraçable. Ce sont des montages qui exploitent les failles de la régulation et compliquent le travail du fisc. On découvre vite que plus le client est sensible, plus il est protégé par 3 ou 4 sociétés qui s'emboîtent comme des poupées russes pour compliquer le travail des autorités fiscales et judicaires.

    Le cabinet Mossack Fonseca

    Ce cabinet d'avocats a été créé en 1977, en pleine dictature au Panama. L'homme fort, Manuel Noriega veut doper l'économie de son petit pays. Il tire profit de sa position géographique entre les deux Ameriques pour bâtir un centre financier puissant avec à la clé secret bancaire et fiscalité zéro pour les revenus issus de l'étranger.Deux hommes s'associent pour créer Mossack Fonseca : l'un Jurgen Mossack est un Panaméen d'origine allemande, fils d'un ancien officier de la Waffen SS, selon des documents recueillis par Le Monde, l'autre c'est Ramon Fonseca Mora un Panaméen proche des milieux politiques. Jusqu'à début mars il était conseiller du président du Panama, poste qu'il vient de quitter, rattrapé par le scandale Pétrobras qui destabilise le Brésil. Le cabinet Mossack Fonseca est tout simplement soupçonné d'avoir aidé de nombreux responsables brésiliens à dissimuler des avoirs issus du scandale Petrobras. Des employés de sa filiale au Brésil ont été récemment interpellés.
     

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