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    Le français DCNS remporte un contrat géant de 12 sous-marins en Australie

    media Le modèle commandé par l'Australie a été baptisé «Barracouda à nageoire courte Block 1A». Ici, un sous-marin nucléaire «Le Terrible», du groupe DCNS, le 20 mars 2008. JEAN-PAUL BARBIER / AFP

    Trente-quatre milliards d'euros pour construire 12 sous-marins. C'est le contrat militaire du siècle en Australie et c'est DCNS qui vient de le décrocher, avec son entrée dans des négociations exclusives avec Canberra. L'entreprise française a devancé ses concurrents, l'allemand ThyssenKrupp et le japonais Mitsubishi. Ce mardi 26 avril au matin, le Premier ministre australien, Malcolm Turnbull, a annoncé sa décision et précisé la nature du partenariat entre DCNS et le ministère australien de la Défense.

    Avec notre correspondante à Melbourne,  Caroline Lafargue

    Barracouda à nageoire courte Block 1A, c'est le nom du sous-marin que DCNS a conçu spécialement pour l'Australie. Un engin hybride diesel-électrique de 97 mètres de long. « C'est un grand jour pour notre marine et un grand jour pour l'économie australienne », s'est félicité le Premier ministre, Malcolm Turnbull.

    Ce contrat est avant tout un transfert de compétences et de technologie. DCNS développe les plans, mais les 12 Barracudas seront construits à Adélaïde, en Australie du Sud, ce qui permettra de créer 2 800 emplois. Et les sous-marins seront faits avec de l'acier australien, a promis Malcolm Turnbull. Une annonce qui peut lui permettre de gagner des points, car l'Australie est en pleine campagne électorale.

    La nouvelle flotte va coûter 34 milliards d'euros au pays, mais c'est une nécessité stratégique. Il faut remplacer les sous-marins actuels, trop vieux. Surtout, Canberra veut affirmer sa puissance dans le Pacifique, main dans la main avec les Etats-Unis au moment où les tensions se multiplient en mer de Chine. D'ailleurs, au moins un vice-amiral américain à la retraite faisait partie du panel qui a choisi DCNS.

    Des milliers d'emplois en France

    « Ce nouveau succès sera créateur d'emplois et de développement en France comme en Australie », a assuré de son côté l'Elysée dans un communiqué ce mardi matin. Le contrat devrait permettre au groupe français de stabiliser l’emploi sur au moins 10 ans : ses 13 000 salariés dont 2000 à Cherbourg pour la branche sous-marins, précise DCNS à RFI. Selon les informations du Monde, ce contrat devrait mobiliser 4 000 personnes en France pendant six ans (Cherbourg, Nantes et Lorient), avec des retombées qui devraient avoisiner les 8 milliards d'euros.

    « Le choix par l'Australie de la France et de DCNS comme partenaires pour la construction de 12 sous-marins est historique, s'est félicité François Hollande dans un communiqué ce mardi matin. Il marque une avancée décisive dans le partenariat stratégique entre les deux pays, qui vont coopérer durant 50 années sur l'élément majeur de souveraineté que représente la capacité sous-marine. »

    Une annonce du gouvernement australien également saluée par Jean-Yves Le Drian. « C'est une grande victoire de l'industrie navale française », a déclaré le ministre de la Défense ce mardi matin sur la radio Europe 1. Une victoire due selon lui à « la très longue habitude de coopération avec l'Australie », mais aussi « la longue histoire des sous-marins français : la stabilité, la qualité, la fiabilité. Et puis il y a aussi, je crois, la qualité technologique qui a prévalu. »

    De son côté, l'entreprise française se réjouit logiquement de cette opportunité majeure. « C'est une excellente nouvelle pour DCNS. Nous avons travaillé sur ce contrat pendant de longs moins », salue Marie-Pierre de Bailliencourt, directrice générale adjointe du constructeur.

    L'entrée en service des nouveaux sous-marins est prévue en 2027.


    Pourquoi la France ?

    Au départ, c'est en juin que l'Australie devait annoncer son choix, mais l'organisation d'élections législatives anticipées dans le pays a accéléré le processus, indique-t-on de source industrielle. L'Australie avait le choix entre acheter un sous-marin japonais disponible presque immédiatement ou s'engager sur le long terme avec la France.

    C'est finalement la deuxième option qui a été retenue, car elle garantit le développement de l'industrie locale australienne qui va bénéficier de transfert de charges de travail et de technologie. Ainsi, Canberra va investir 34 milliards d'euros dans un outil de défense stratégique, sur lesquels 8 milliards reviendront à DCNS indique-t-on de source proche du dossier.

    Depuis quelques années, c'est la stratégie de DCNS : concevoir des produits en France et faire fabriquer certaines parties à l'étranger. C'est le cas au Brésil et en Inde sur des sous-marins plus petits d'environ 2 000 tonnes en plongée. Cette fois, l'Australie a choisi un submersible de 4 500 tonnes et 97 mètres de long. La base existe, c'est le sous-marin Barracuda en cours de construction à Cherbourg pour le compte de la marine française.

    La version australienne, elle, sera dépourvue de propulsion nucléaire, mais emportera des batteries pour pouvoir mener des patrouilles en autonomie durant de longues semaines sans avoir besoin de refaire surface. Le système de combat sera, lui, américain, probablement articulé autour du missile de croisière Tomahawk.
    RFI

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