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    Economie

    Le revenu universel, douce utopie ou vraie révolution?

    media Une affiche de 8 000 mètres carré du comité à l'initiative du revenu de base inconditionnel en plein centre de Genève, le 5 juin 2016 : « Que feriez-vous si votre revenu prenait soin de vous ?» REUTERS/Denis Balibouse

    Les Suisses ont massivement rejeté, ce dimanche 5 juin, l'idée d'un revenu de base inconditionnel (RBI). Concrètement, si le principe avait été adopté, chaque citoyen helvète aurait reçu une allocation mensuelle. Recevoir un salaire sans travailler. Une vieille idée qui a fait son retour dans le débat ces dernières années. Mais, si l'idée a de quoi séduire, est-elle vraiment réaliste ?

    L'idée est d'une simplicité enfantine. Faire en sorte que chaque Suisse ou étranger résidant depuis plus de cinq ans, qu’il travaille ou non, reçoive chaque mois une somme fixe de l’Etat. Un allocation universelle censée « permettre à l'ensemble de la population de mener une existence digne et de participer à la vie publique ».

    C'est sur l'introduction du principe d'un revenu de base inconditionnel (RBI) que se sont prononcés les Suisses par référendum ce dimanche (vote non). Si le projet avait été accepté, la loi en aurait fixé ensuite les modalités. Le collectif à l'initiative du projet proposait de fixer ce revenu à 2 500 francs suisses par adulte (2 260 euros) et 625 francs suisses (565 euros) par enfant. Ceux qui gagnent moins auraient reçu un complément de salaire. Ceux qui ne travaillent pas, la totalité. Et ce RBI se serait substitué aux prestations sociales existantes.

    Le gouvernement avait fait campagne contre ce projet. Mais l'idée a quand même rassemblé derrière elle 126 000 signatures, ce qui a permis la tenue de ce référendum. 

    Une idée transpartisane

    Qu'on l'appelle revenu de base, allocation universelle ou encore revenu d'existence, le principe est le même et l'idée n'est pas neuve. Dans les années 1960, le « pape » de la pensée néolibérale, Milton Friedman, évoquait déjà le principe d'un impôt négatif. Mais ces dernières années, cette vieille utopie semble retrouver de la vigueur.

    Le gouvernement de centre droit finlandais doit lancer début 2017 une expérimentation sur un échantillon de personnes. En Espagne, Podemos a inscrit la mesure dans son programme. Aux Pays-Bas, à Utrecht, 300 bénéficiaires des indemnités chômage ou des minima sociaux vont recevoir un revenu mensuel de 900 euros mais ils pourront reprendre un travail pour accéder à des revenus supplémentaires.

    → A (RE)LIRE : Le revenu universel de base bientôt appliqué en Europe ?

    « Cette idée trouve des partisans de l'extrême droite à l'extrême gauche de l'échiquier politique », souligne Jean-Marie Harribey, membre du collectif Les économistes atterrés. Mais les arguments des uns et des autres divergent quelque peu.

    Lutte contre la pauvreté, simplification et pragmatisme

    « Il y a la version libérale : l’idée est de se débarrasser des aides sociales, d’aller vers une simplification qui permet notamment des économies de gestion. Avec l’idée aussi de ne pas interférer dans la vie des gens, développe l'économiste Jacques Bichot, auteur notamment de « La mort de l'Etat providence ». Et il y a la version de gauche, selon laquelle dans notre civilisation il n’y a plus de place pour le travail de tout le monde et que donc il vaut mieux laisser la liberté aux gens de travailler pour le plaisir. » L'instauration d'un revenu pour tous répondrait donc à une évolution du travail, la robotisation et le développement du numérique faisant disparaître des emplois. Et le salariat, avec « l'ubérisation », n'étant plus la norme.

    Mais l'objectif premier est bien sûr d'en finir avec la pauvreté, de protéger le travailleur tout en encourageant l'initiative. Bref, de s'affranchir de la dépendance au travail. Mais aussi de montrer qu'on peut créer de la valeur au-delà de l'entreprise, avec le bénévolat par exemple.  

    Financement et oisiveté

    Du côté des détracteurs, on objecte qu'un revenu de base universel n'est pas réaliste économiquement. Comment financer le coût d'une telle mesure ? « Si l'on verse 800 euros par mois aux 66 millions de Français, il faut trouver presque 700 milliards d’euros. Soit l’équivalent de toute la protection sociale actuelle », commente Jean-Marie Harribey. L'initiative suisse prévoit l'introduction d'une taxe DE 0,4% sur les transactions électroniques financer le RBI.

    Pour l'économiste, les partisans d'un revenu universel commettent par ailleurs plusieurs erreurs, en oubliant d'abord que le travail est facteur d'intégration. En niant le lien entre travail et revenu. Et il craint une baisse des salaires et une libéralisation croissante : « Si la société verse à tout le monde un revenu, ce sera autant de moins à assurer par le salaire ».

    L'autre critique majeure est plus morale : si l'on n'est plus obligé de travailler pour gagner sa vie, pourquoi travailler ? Plane alors le spectre d'une société d'oisifs. Avec une conséquence plus concrète : si l'on travaille moins, qui va produire le revenu nécessaire pour financer cette allocation universelle ? Mais si l'on en croit les expériences menées à petite échelle, comme au Canada par exemple, l'instauration d'un revenu universel n'entraîne pas un abandon massif du travail.

    470 euros par mois

    « Il y a beaucoup d'idées fausses sur le sujet, notamment celle qu'on va donner de l'argent aux gens pour ne rien faire », regrette Marc de Basquiat. Le président de l'Association pour l'instauration d'un revenu d'existence (AIRE), lui, ne veut pas être « un rêveur ». Dans Liber, dont il est coauteur, il se livre à une étude chiffrée de son projet. Son constat est simple : « Le système actuel de protection sociale montre ses limites. Il est donc temps d'en changer. » Par ailleurs, pour lui, « chaque citoyen doit avoir le droit d'exprimer sa liberté. Pour ça, il a besoin d'une autonomie financière minimale. »

    L'économiste, ingénieur de formation, préconise donc qu'« un quart de nos revenus soient mis en commun » et redistribué sous la forme d'« un crédit d'impôt » de 470 euros par adulte, 270 euros pour les mineurs de 14 à 18 ans et 200 euros pour les moins de 14 ans. Ce qui reviendrait à une réduction d'impôt pour ceux qui en payent beaucoup. Les autres, ceux qui n'en paient pas ou peu, percevraient donc une sorte d'impôt positif. Au total, estime-t-il, la mesure coûterait autour de 350 milliards d'euros par an, ce qui correspond « au quart de tous nos revenus ».

    Son projet nécessiterait donc une grande réforme fiscale et cette allocation se substituerait au RSA et aux allocations familiales, mais pas au système des retraites ou de la sécurité sociale, ni aux aides au logement ou aux prestations spécifiques comme l'allocation handicap. 

    → A (RE)VOIR : Frédéric Lefebvre: « Il faut instaurer un revenu universel, c’est l’inverse de l’assistanat »

    On est loin des 2 500 francs suisses, certes, mais c'est le prix du réalisme, explique-t-il. Et ces 470 euros mensuels ne risquent pas de dissuader les gens de travailler. « Au contraire, l'idée est de sécuriser les gens pour qu'ils se réalisent dans le travail », insiste-t-il.

    Une idée qui pourrait donc continuer à faire son chemin puisque selon un sondage BVA publié le 30 mai, 51% des Français seraient favorables à un revenu minimum universel.

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