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    Economie

    Le rachat de Monsanto par Bayer, est-ce une bonne affaire?

    media Un trader au New York Stock Exchange, le 25 août 2016. REUTERS/Brendan McDermid

    Une nouvelle fusion dans le monde de l’agrochimie. L'allemand Bayer va débourser pas moins de 59 milliards d'euros, pour acquérir son concurrent américain Monsanto, qui compte parmi les entreprises les plus détestées des écologistes. Bayer a-t-il fait une bonne affaire ?

    La somme s'avère énorme, mais l'opération, elle, n'est pas une surprise. La toute première offre de Bayer en mai, s'élevait déjà à 55 milliards d'euros, mais Monsanto voulait plus. Il a dit oui à l'allemand pour 59 milliards, c'est l'une des plus grosses acquisitions du secteur depuis le début de l'année. Sur le papier, l'union des deux paraît logique. Bayer est puissant dans les pesticides, et Monsanto règne sur les semences et l'herbicide. Roundup est le plus vendu au monde. Depuis la chute des cours agricoles, les commandes d'engrais ont baissé, à leur tour. Il fallait agir pour sauver les profits. Les deux géants ont donc décidé de s'unir.

    Des mouvements entre les géants de l’agrochimie

    Ils emboîtent le pas à d'autres gros acteurs dans l'agrochimie. Depuis le début de l'année, on observe des mouvements. Après les américains Dow Chemical et DuPont, le chinois ChemChina et le suisse Syngenta se sont donné la main fin août. Mais cette tendance n'explique pas pourquoi Bayer a signé un chèque portant sur un montant si élevé. L'entreprise est déjà lourdement endettée. De plus, Monsanto, haïe par les écologistes, a perdu un tiers de sa valeur boursière, et les agriculteurs américains et brésiliens commencent à bouder ses produits, notamment ses semences de maïs et de soja transgéniques. Son herbicide controversé à base de glyphosate, jugé cancérigène, suscite la méfiance. Mais le véritable but de cette transaction est ailleurs : c'est la course aux brevets.

    Le modèle américain de l’agriculture moderne

    Le groupe allemand met ainsi la main sur de nombreux brevets de Monsanto, y compris sur ceux qui concernent les organismes génétiquement modifiés. Les fameux OGM, tant décriés et souvent interdits en Europe. Mais Bayer s'intéresse aussi à un autre domaine, c'est le numérique. Les semences, l'épandage de pesticides et de nombreuses autres activités agricoles gérées depuis l'ordinateur ou même depuis le smartphone en fonction des températures et des besoins en eau de la terre. Le modèle de l'agriculture moderne à l'américaine, dont Monsanto est grand spécialiste.

    Mais cette fusion n’est pas vue d’un bon œil par tout le monde, à commencer par les agriculteurs. Ils craignent ce futur mastodonte de 23 milliards de dollars de chiffre d'affaires et 140 000 employés. Un géant en position ultra dominante qui risquerait de s'imposer comme leur seul fournisseur d'engrais, de semences et de pesticides. « Nous ne pouvons laisser cette fusion redessiner le paysage de notre avenir », a protesté la puissante association de fermiers américains, National Farmers Union, ajoutant que ce mariage se ferait aux dépens des agriculteurs mais aussi des consommateurs.

    L’entreprise parmi les plus haïes au monde

    Même son de cloche du côté des écologistes. « L'acquisition de Monsanto signifie davantage d'OGM et de glyphosate dans les campagnes », a réagi hier une ONG allemande, Campact. Quant à Greenpeace, ses représentants en France ont confié à RFI qu'ils s'interrogeaient fortement sur la puissance de ce nouveau lobby que sont Bayer et Monsanto réunis. L'utilisation de glyphosate pose problème dans l'Union européenne. Si la France n'en veut pas, la position des autres pays membres est moins tranchée. L'autorisation donnée jusqu’en 2012 a été prolongée jusqu’en 2015, puis jusqu’en 2016. Et finalement le 28 juin dernier, le Commissaire à la Santé européen a annoncé une nouvelle prolongation de 18 mois pour cette molécule.

    Le rapprochement entre Bayer et Monsanto devrait être bouclé d'ici fin 2017 après le vote des actionnaires et, surtout, après le feu vert des autorités de la concurrence, des deux côtés de l'Atlantique. On vient de l'apprendre, la très puissante Commissaire européenne Margrethe Vestager, a déclaré que les agriculteurs doivent conserver le pouvoir de choisir leurs pesticides et leurs semences. Elle est vigilante sur ces dossiers. Ses services ont ouvert une enquête sur une autre fusion entre les géants de l'agrochimie, celle de Dow Chemical et DuPont.

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