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    Cotisations salariales: la stratégie «en deux temps» d'Edouard Philippe

    media Le Premier ministre Edouard Philippe a tenté jeudi de déminer le terrain fiscal à l'approche de la rentrée. Patrick KOVARIK / AFP

    Le Premier ministre Edouard Philippe tente d’éteindre la polémique et assure que les Français gagneront en pouvoir d’achat dès janvier 2018. Il est revenu ce jeudi 24 août sur la réforme de la contribution sociale généralisée (CSG). Il a confirmé que pour compenser la hausse de la CSG, la suppression des cotisations salariales (maladie et chômage) se fera, mais en deux temps. En étalant la mesure sur l’année 2018, Bercy va faire des économies.

    Ce n’est pas un recul. Un simple saut « en deux temps », s'est défendu Bercy ce mercredi matin dans un communiqué envoyé aux aurores, pour répondre aux révélations publiées la veille sur le site du journal Les Echos. Pour autant, le fait de répartir sur deux périodes la suppression des cotisations salariales risque de jeter un discrédit sur la sincérité du gouvernement. Durant sa campagne présidentielle, Emmanuel Macron s’était engagé à redonner du pouvoir d’achat aux actifs en supprimant les cotisations chômage et maladie payées uniquement par les salariés, soit une baisse des charges de 3,15%.

    Cette suppression sera compensée par une augmentation de 1,7% de la CSG, contribution sociale généralisée, qui, elle, sera portée par les actifs, les chômeurs, les retraités, mais aussi les bénéfices du capital, et ainsi mieux répartir le financement de l’assurance sociale. Selon Bercy le transfert des cotisations salariales vers la CSG redonnera aux actifs 7 milliards d'euros de pouvoir d'achat. Une fois la réforme achevée, le revenu net des actifs va augmenter de 1,45%, soit pour un salarié au SMIC, une hausse de revenu de 260 euros par an et de 21,66 euros mensuels. Certes, la balance penche en faveur des actifs, mais la hausse reste modeste pour les plus bas salaires.

    De plus, contrairement à ce qui avait été annoncé, la baisse des cotisations salariales se fera en deux temps. Le gouvernement a finalement décidé de ne supprimer qu’une partie des cotisations. Au 1er janvier prochain, la CSG augmentera bien de 1,7%, mais les cotisations salariales ne baisseront que de 2,2%. L’augmentation du pouvoir d’achat ne sera alors que de 0,5%. Il faudra attendre l’automne pour que la baisse restante de 0,95% soit effective. En choisissant de fractionner la mesure, le gain net des salariés sera moindre qu’annoncé. Quasiment transparent, il amortira l'augmentation de la CSG.

    Les retraités sont mécontents

    Ce décalage de neuf mois permettra au gouvernement d'engranger des recettes supplémentaires. De part et d'autre, des voix s'élèvent pour dénoncer un stratagème, un « tour de passe-passe » qui offre l'avantage immédiat à Bercy de bénéfices de la hausse de la CSG alors que les cotisations salariales n'auront pas encore été complètement supprimées. C'est aussi le moyen de renflouer momentanément les caisses et de réduire le déficit, voire même de le faire passer sous la barre des 3% comme escompté par Bruxelles. Selon le journal Le Figaro, ce décalage de 9 mois permettra en effet au gouvernement de dégager un gain de 6 milliards d'euros.

    La mesure fait de nombreux mécontents à commencer par les retraités. 60% d’entre eux sont concernés. Tous ceux qui perçoivent une pension de plus de 1 200 euros par mois vont supporter la hausse de la CSG sans compensation comme les salariés. Leurs retraites vont donc diminuer, et c'est un coup dur pour les petites pensions. Cela représente une perte de 180 euros par an. Cette perte aurait dû être indolore si la taxe d'habitation avait été supprimée dans le même temps, mais là aussi le gouvernement minore la mesure à court terme pour une partie des Français.

    La mesure risque d’être de plus en plus compliqué à défendre devant l'opinion, car dans le même temps, les très grandes fortunes seront épargnées par la hausse de la CSG pour qui le gouvernement envisage l’instauration d'une « flat tax » à 30% sur les revenus du capital, et en ne conservant l’ISF que sur les biens immobiliers dès l’année prochaine. De quoi faire craindre aux plus faibles une politique fiscale en faveur des touts puissants et au détriment des moins nantis.

    (Re) lire : France: Edouard Philippe très concentré sur la maîtrise des dépenses publiques

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