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    Economie

    Le quotidien Le Monde révèle un possible «Dieselgate» français chez PSA

    media Atelier d'assemblage de la ligne Citroën C3 de PSA Peugeot à Poissy. REUTERS/Benoit Tessier/Files

    Les scandales s'enchaînent dans l'industrie automobile. Cette fois, c'est le Français PSA qui est soupçonné d'avoir truqué ses moteurs diesel. Des révélations dans le journal Le Monde qui cite des extraits d’un rapport transmis à la justice par la direction de la répression des fraudes. Neuf modèles sont concernés, dont les Peugeot 208, 807 et 5008 et les Citroën C3 et C5.

    Près de deux millions de voitures - neuf modèles différents - vendues entre 2009 et 2015 seraient concernées par ces trucages présumés de moteurs, soit deux fois plus que Volkswagen. Selon Le Monde, les enquêteurs français estiment que PSA a réalisé ainsi une « économie frauduleuse d'investissement au lieu de développer un moteur conforme à la réglementation ».

    L'enquête a été ouverte en avril. La direction de la répression des fraudes soupçonne PSA d’avoir intégré dans ses moteurs un dispositif frauduleux, afin qu'ils emmettent moins d'oxyde d'azote. Différent de celui du constructeur allemand Volkswagen, il poursuit le même objectif : il modifie le moteur pour que ce dernier soit conforme à la norme antipollution uniquement lors du test d’homologation. Mais une fois sur les routes, les émissions d’oxyde d’azote dépassent les normes.

    La fraude porte sur un chiffre d'affaires de près de 34 milliards d'euros. Pour Volkswagen, c'était 22 milliards. Si de tels faits sont avérés, le groupe risque jusqu’à 5 milliards d’euros d’amende. PSA dément toute stratégie frauduleuse et réaffirme la pertinence de ses choix technologiques. Le groupe a fait savoir qu'il se réservait le droit de porter plainte pour violation du secret de l'instruction et des obligations de confidentialité des autorités.

    Son action a fléchi de 4,4 % à la Bourse de Paris dans la foulée de la publication du quotidien Le Monde. Mais selon Flavien Neuvy, directeur de l’Observatoire automobile chez Cetelem, « il n’y aura pas d’impact commercial ». Il estime que l'image de la marque va en être affectée, mais sans doute pas son chiffre d'affaires.

    « On a vu avec Volkswagen que les ventes ne se sont pas effondrées, parce que les automobilistes ne prennent pas en compte le critère environnemental quand ils achètent une voiture neuve. Ce qui est important, c’est le prix de la voiture et de savoir si elle est solide. Donc savoir si la voiture émet beaucoup de CO2 ou non est un critère qui n’est pas pris en compte. »


    Fraude, mode d'emploi

    Selon Le Monde, les moteurs diesel étaient paramétrés selon deux modes de fonctionnement : un mode « LowNOx » qui abaisse les niveaux d'oxydes d'azote mais augmente la consommation et réduit la reprise du véhicule, et un mode « LowCO2 » qui réduit la consommation, favorise la reprise mais augmente de manière significative les niveaux d'oxydes d'azote. Les véhicules « étaient équipés d'un 'calculateur de contrôle moteur' qui permettait d'activer 'exclusivement' le mode LowNOx 'pendant le test d'homologation' et 'majoritairement' le mode LowCO2 'en condition de vie client' », poursuit le journal.

    Concrètement, PSA aurait triché directement sur le moteur en y installant une vanne qui s'active lorsqu'il est froid, comme c'est le cas lors des tests anti-pollution, en réduisant artificiellement les émissions d'oxydes d'azote. Une fois le moteur chaud, loin des laboratoires de test, la vanne est calibrée pour se désactiver. Cette stratégie concernerait les modèles construits jusqu'en 2015 de marque Peugeot et Citroën, mais également des modèles plus récents.

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