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    France

    Réforme de l’assurance chômage: syndicats et patronat entament les négociations

    media La lutte contre les contrats courts et l'indemnisation des démissionnaires et des indépendants est au coeur des discussions entre syndicats et organisations patronales. REUTERS/Charles Platiau

    Syndicats et organisations patronales se retrouvent ce jeudi 11 janvier pour entamer les négociations sur la réforme de l'assurance chômage. Cette réforme fera ensuite l'objet d'un projet de loi gouvernemental. A l'ordre du jour : la lutte contre les contrats courts et l'indemnisation des démissionnaires et des indépendants. Les partenaires sociaux se donnent jusqu'au 15 février pour aboutir, à raison d'une réunion par semaine.

    Six semaines de négociations, c'est court pour trouver un accord sur le malus qui pourrait être imposé aux entreprises qui ont recours de manière excessive au travail précaire. Une proposition soutenue par FO et la CFDT mais décriée par le Medef – Mouvement des entreprises de France. Le tout sous la menace brandie par le gouvernement de décider lui-même si les négociations n'aboutissent pas.

    A cela s'ajoutent l'ouverture de droits à indemnisation pour les démissionnaires et l'entrée dans le système des travailleurs indépendants. En jeu également, la prise en compte des indépendants des plateformes comme Uber.

    A financement constant, la CGT met en garde contre une réduction inéluctable des indemnisations chômage pour tous. En revanche, le gouvernement se réserve la décision sur le moyen de contrôler que les chômeurs sont effectivement à la recherche d'un emploi.

    Enfin, l'Etat devrait prendre à l'avenir plus de place dans la gestion de l'assurance chômage. Un organisme théoriquement paritaire mais qui ploie sous une dette de plus de 30 milliards d'euros.

    Le renforcement des contrôles divise

    Le président Emmanuel Macron a également annoncé sa volonté de renforcer le contrôle des chômeurs, afin d'éviter les abus. Favorable à ce renforcement, le Medef, ou encore l'économiste Gilbert Cette, qui a participé à l'élaboration du programme d'Emmanuel Macron.

    « Pourquoi contrôler ? Tout simplement parce qu'il y a de l'argent public en jeu, souligne-t-il sur RFI. Il est tout à fait logique que les conditions de cette indemnisation sont bien respectées par leurs bénéficiaires. » Des contrôles qui, selon lui, « contribuent à une société de confiance entre citoyens, chacun étant convaincu qu'il n'y a pas de laisser-aller et de versement indu ». Même si ces versements indus « ne sont pas nécessairement importants », reconnait l'économiste.

    Du côté du Mouvement national des chômeurs et précaires, on ne partage évidemment pas cette idée de renforcer les contrôles pour les chômeurs. Marie Lacoste, secrétaire nationale du MNCP, dénonce une fausse bonne idée.

    « On pointe là une responsabilité individuelle, alors que nos gouvernants savent pertinemment qu'il n'y a pas d'emplois pour tout le monde. Aujourd'hui, à Pôle emploi, sont inscrits en catégorie 1 plus de 3 millions de personnes et les offres d'emplois disponibles sur le marché tournent autour de 300 000 », rappelle-t-elle, ajoutant que l'effet escompté est de « faire peur aux personnes qui sont inscrites à Pôle emploi, en leur disant : "si vous n'acceptez pas le moindre petit boulot qui se présente à vous  –fût-ce à temps partiel, très précaire, saisonnier – vous serez puni". Qui dit punition dit perte de revenu ».

    Et Marie Lacoste de souligner que les sanctions actuelles sont déjà très lourdes : « Il faut savoir qu'aujourd'hui, s'il s'avère qu'une personne est jugée pas assez active dans sa recherche, elle risque de perdre 15 jours de chômage. C'est déjà beaucoup. Un projet supplémentaire voudrait qu'on arrive à deux mois de suppression de chômage. » Une solution qu'elle juge « catastrophique ».

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