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    Economie

    Emprunts russes: 100 ans après, les descendants espèrent encore le remboursement

    media Des emprunts russes dans une trésorerie parisienne photographiés en janvier 1999. JOEL SAGET / AFP

    En janvier 1918, Lénine signait un décret ne reconnaissant plus les « dettes tsaristes ». Ainsi, des sommes colossales ayant servi à moderniser l'économie russe dès la seconde moitié du XIXe siècle n'ont jamais été remboursées. Des centaines de milliers de souscripteurs français ont été ruinés. Cent ans après, leurs descendants, les petits-enfants des porteurs spoliés, sont toujours là avec leurs obligations russes reçues en héritage et réclament le remboursement de l'argent investi par leurs grands-parents.

    Logés dans une boîte comme des jouets d'enfance, des dizaines d'emprunts russes. Christiane Ledoyen porte un appareil respiratoire et ne peut pas nous répondre. Son amie, Christiane, se souvient :

    « Son grand-oncle nous a données en 1974 un carton contenant beaucoup de titres. Il nous a dit : " un jour ce sera remboursé, c’est vous qui aurez le bénéfice de tout ça. " »

    En 1867, les compagnies de chemin de fer russes lancent des obligations d'Etat garanties sur l'or. Pendant trente ans, des épargnants français y investiront au total 15 milliards de francs or, l'équivalent de 53 milliards d'euros d'aujourd'hui.

    Comme Christiane Ledoyen, quelque 400 000 personnes se battent à travers l'Association fédérative internationale des porteurs d'emprunts russes pour faire valoir leurs droits.

    « Les montants étaient énormes. On parle de 28 millions de titres. On doit à peu près en avoir un million. C’est un grand maximum. Combien vaut un titre aujourd’hui ? On serait sur des valeurs qui vont de 10 à 30 000 euros », estime Eric Sanitas, le président de l’association.

    Dix à 30 milliards à rembourser. C’est sans espoir depuis l'accord conclu par la France en 1997, la Russie ayant versé plus de 330 millions d'euros de réparations à l'Etat. Du coup, les familles n'ont reçu que des miettes. Pour elles, le dossier est loin d'être clos.

    « La Russie n’a pas fait faillite, ajoute Eric Sanitas. Elle en est loin d’ailleurs. Une dette d’Etat est par définition imprescriptible. Il doit payer, c’est la règle du jeu. »

    Un des plus grands scandales financiers de l'histoire continue de fasciner.

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