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    Economie

    Bitcoin: réguler ou ne pas réguler?

    media La France et l'Allemagne réclament un grand débat sur les crypto-monnaies, lors de la réunion du G20 Finances, à Buenos Aires ce lundi 19 février. ROSLAN RAHMAN / AFP

    A l'occasion d'une réunion du G20 Finances ce lundi 19 février à Buenos Aires, Paris et Berlin réclament un grand débat sur les conséquences pour l’économie mondiale des crypto-monnaies, devenues une ruée vers l'or numérique. Le cours du bitcoin, qui n’appartient à aucune banque, est passé de quelques millièmes de dollar en 2009, lors de sa création, à plus de 10 000 dollars aujourd’hui, au risque d'inquiéter les autorités.

    Si les crypto-monnaies inquiètent les argentiers du monde entier - car ils bousculent les règles de la finance - c’est que l’inventeur du Bitcoin a réussi son pari. Le mystérieux Satoshi Nakamoto voulait justement créer une monnaie informatique qui échappe au contrôle des banques et des Etats.

    Alors que les monnaies qu’on connaît actuellement sont des monnaies qui sont issues par des banques centrales qui décident par exemple d’imprimer plus d’argent ou pas, le bitcoin programme ceci de façon mathématique. « D’une certaine manière l’algorithme apporte une certitude sur la politique monétaire, ce que n’apportent pas les Etats. En effet, cela enlève une certaine souveraineté des Etats sur la monnaie, affirme Ricardo Perez Marco, directeur de recherche au CNRS et expert du bitcoin. Historiquement les Etats ont toujours créé leur propre monnaie, mais la différence c’est qu’au-delà de deux siècles, l’or était la monnaie internationale. Le bitcoin représente un peu la forme électronique et moderne de l’or. »

    L'algorithme qui gère le bitcoin est programmé pour seulement 21 millions d'unités. Pour les autorités financières, ce n'est pas une monnaie. Selon la Banque de France, ce n’est qu’un actif digital, notamment parce que la loi ne reconnait que l’euro comme monnaie en France.

    « Sa valeur ne repose pas sur quelque chose de concret, sur un bien ou sur des services, mais uniquement sur ce programme informatique, affirme Nathalie Aufauvre, directrice générale de la stabilité financière à la Banque de France. [Le Bitcoin] dépend uniquement de l’offre et de la demande sur cet actif, ce qui en fait un actif très spéculatif et non pas une monnaie au sens où on l'entend habituellement. »

    Pour l’économiste Philippe Herlin, ce n’est pas une instance étatique qui va décider si le bitcoin est une monnaie ou non. « Effectivement, en France on utilise très peu le bitcoin pour payer, puisqu’avec l’euro on a une monnaie stable, mais il faut savoir qu’il y a beaucoup de pays émergents en Afrique et en Amérique du Sud - qui connaissent de l’inflation ou un contrôle des changes - qui se mettent à utiliser de plus en plus le bitcoin pour payer, explique cet économiste et auteur du livre Acheter du bitcoin (Editions Eyrolles). Ils ne se posent pas la question de savoir si c’est agréé par leur banque centrale. »

    Contre les piratages et vols, la régulation ?

    Le risque de perdre toute sa mise, grâce à leur valeur très instable, n’est pas le seul danger des monnaies virtuelles comme le bitcoin, l'ether, le ripple ou encore le litecoin. Les vols et les piratages des plateformes d’échanges, dont certaines ne sont pas fiables, sont assez récurrents. Sur ce point, même les défenseurs des cryptomonnaies sont pour la régulation. « Là où les États ont un rôle à jouer, c’est que les plateformes qui permettent d’acheter des bitcoins contre des euros et contre des dollars, il faut qu’elles soient régulées, poursuit Philippe Herlin. Cette régulation-là existe déjà en Europe, et pourquoi ne pas la renforcer pour éviter que les gens se fassent arnaquer par de faux sites. »

    Les autorités craignent aussi que les cryptomonnaies favorisent la circulation d'argent sale, d’où l’importance d’une démarche internationale. « Nous avons des sujets de régulation sur la conservation de ces actifs, et d’en faire des actifs qui respectent les règles que nous avons établies sur la lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme, puisque l’ensemble du secteur financier dans le monde entier est maintenant bien contrôlé sur ces aspects-là, indique Nathalie Aufauvre, de la Banque mondiale. Il faut absolument qu’on arrive à soumettre ces actifs au même type de régulation. »

    Une régulation contre-productive à New York

    Cependant, toute régulation irait à l’encontre du principe même du bitcoin. Pour preuve, l'exemple new-yorkais qui s'est avéré contre-productif. « Dans l’Etat de New York, ils ont fait un essai de régulation en établissant ce qu’ils appellent la "bit licence" et les entreprises qui étaient basées à New York sont parties ailleurs, raconte Ricardo Perez Marco, spécialiste du Bitcoin au CNRS. Donc quand on fait une régulation, il faut se demander ce qu’on veut, quel est le but. »

    Paris et Berlin veulent réguler le bitcoin et souhaitent que la discussion se poursuive en mars, lors du prochain G20, et débouche sur un rapport en juillet.

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