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    Economie

    Sommet UE-Chine: Bruxelles et Pékin favorables à une réforme de l'OMC

    media Le président chinois Xi Jinping rencontre les présidents de la Commission européenne et du Conseil européen Jean-Claude Juncker et Donald Tusk, le 16 juillet 2018 à Pékin. Ng Han Guan/Pool via REUTERS

    A Pékin, lors du 20e sommet entre l’UE et la Chine ce lundi 16 juillet, les dirigeants européens ont poussé à une réforme complète de l’Organisation mondiale du Commerce. Côté chinois, on dit soutenir cette démarche. Mais les deux puissances économiques sont-elles vraiment dans le même bateau ? Pas tout à fait.

    Avec notre correspondante à Pékin, Heike Schmidt

    Bruxelles et Pékin ont tous deux déposé plainte auprès de l’OMC contre les droits de douane que les Etats-Unis imposent sur les produits. Tous deux sont d’ailleurs favorables à une réforme de cette institution, incapable de gérer de tels conflits. « Nous avons besoin de nouvelles règles pour les subventions au secteur industriel, la propriété intellectuelle et le transfert forcé de technologies (…) ainsi qu’un règlement de conflit plus efficace. Le but : renforcer l’OMC et garantir des conditions de concurrence équitables », insiste Donald Tusk, président du Conseil européen.

    C’est justement là que la Chine n’est pas à la hauteur des attentes européennes. Pékin se pose en héraut du libre-échange, mais ne respecte pas la règle numéro un : celle d’ouvrir son marché aux investissements et produits étrangers. « La Chine doit s'ouvrir davantage. Je salue le fait que la Chine et nous-mêmes sommes tombés d'accord pour mettre en place un groupe de travail sur la réforme de l'Organisation mondiale du Commerce. Il ne s'agit pas seulement de mettre en place un groupe, mais il s'agit de délivrer », déclare le président de la Commission européenne, avant de conclure : « les actes sont plus importants que les mots. »

    Aujourd’hui, les Chinois investissent encore cinq fois plus en Europe que les Européens en Chine.

    La guerre commerciale avec les Etats-Unis fragilise l'économie chinoise

    La guerre commerciale aura bien des conséquences. Les autorités chinoises, qui bombaient jusqu'à présent le torse, commencent à le reconnaitre. « Ce conflit avec Washington aura un impact sur les économies de la Chine et des Etats-Unis. Et beaucoup d'autres pays seront affectés », a ainsi prévenu ce lundi le porte-parole du Bureau national des statistiques lors des la publication des chiffres trimestriels, confirmant des propos tenus il y a quelques jours par le représentant des Douanes.

    Mais s'il s'annonce âpre, ce conflit douanier ne fait que commencer. Les tarifs punitifs sont appliqués entre la Chine et les Etats-Unis seulement depuis le 6 juillet et les vrais effets restent donc à venir, à en croire les analystes. Pourtant l'économie chinoise enregistre déjà un ralentissement : au deuxième trimestre, la croissance du PIB a freiné à 6,7 % sur un an, contre 6,8 % pour les trois trimestres précédents. C'est le niveau le plus faible depuis 2016, même s'il reste supérieur à l'objectif du gouvernement. Autres signes de ralentissement : la production industrielle s'est tassée et les investissements en capital fixe continuent, eux, de chuter.

    Des résultats en demi-teinte qu'il faut finalement mettre sur le compte des réformes économiques menées par Pékin depuis la fin 2016. Les mesures pour lutter contre l'endettement et les crédits à risque principalement.

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