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    Economie

    Fusion FCA-Renault: les raisons possibles d'un fiasco

    media Le titre du constructeur automobile Renault s'enfonçait de près de 7% jeudi 6 juin au matin à la Bourse de Paris. Ludovic MARIN / AFP

    Le mariage entre Renault et Fiat Chrysler prend l'eau. Le constructeur italo-américain retire sa proposition et accuse l'État français d'avoir fait capoter la manœuvre. Une source proche de Fiat explique que l'échec est dû «à une position soudaine et incompréhensible de Bercy» qui dément. Rien à voir avec des interventions politiques, affirme le ministère de l'Économie. À la suite du retrait de l'offre de fusion de Fiat Chrysler, le titre de Renault a chuté de plus de 7%. Les marchés s'interrogent sur les plans de rechange dont dispose le groupe automobile français. Et surtout sur sont les raisons de ce retrait.

    Le mariage Renault avec Fiat Chrysler ne se fera finalement pas. Qui est responsable de cet échec ? Fiat Chrysler pointe l'État français déclarant que les conditions politiques n'étaient pas réunies en France pour mener à bien un tel rapprochement. Position soutenue par Luigi Di Maio, vice-Premier ministre italien, qui dénonce une intervention politique de la part du gouvernement français. Une source proche de l'italo-américain va plus loin. Ce seraient de nouvelles exigences de Bercy, et notamment la demande d'un délai de réflexion supplémentaire, qui auraient conduit à l'échec des discussions.

    Une source au ministère de l'Economie confirme qu'un délai de 5 jours a été demandé pour s'assurer du soutien de Nissan, partenaire japonais de Renault. Mais cette demande n'était pas nouvelle, assure la source. Dès l'annonce de l'offre, l'État aurait exprimé de manière cohérente et claire son objectif principal : privilégier un partenariat de 20 ans entre Renault et Nissan. Visiblement, aux yeux de Bercy la fusion avec l'italo-américain ne garantissait pas que cette alliance soit préservée. En conséquence, le conseil d'administration de Renault prévu pour mardi prochain n'aura pas lieu.

    Le groupe français automobile a fait part de «sa déception» de ne pas pouvoir approfondir la proposition de FCA. L'offre avait clairement montré « l'attractivité » de Renault et de son alliance avec Nissan, précise un communiqué. À Flins, au nord-ouest de Paris, se trouve la plus grande et peut-être aussi la plus emblématique usine de la marque Renault. Sur place aucun sentiment ne domine vraiment parmi ces ouvriers, comme a pu le constater notre envoyée spéciale Aabla Jounaïdi. Ce projet de fusion ne soulevait pas particulièrement l’enthousiasme. On semble s’inquiéter davantage d’une échéance plus concrète et immédiate : la fin de la production le mois prochain de la Clio et la suppression d’une équipe de nuit, synonyme de baisse des salaires.

    Du côté des syndicats, la CGT s’est opposée à la fusion en l’état. On s’inquiète à la CGT pour le maintien du site de Flins avec tous ses emplois, mais aussi de l’accélération des cadences de production. Du côté de Force ouvrière, on voyait dans le projet de fusion un Fiat-Chrysler davantage gagnant que Renault, et donc plus enclin à hâter le processus de fusion.

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