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    Economie

    Donald Trump a-t-il raison de vouloir surtaxer le vin français?

    media Des bouteilles de Château Latour dans une boutique de West Hollywood à Los Angeles. George Wilhelm/Los Angeles Times via Getty Images

    C’est la deuxième fois que le président américain s’attaque aux vins français, produit emblématique des exportations françaises vers les États-Unis. En novembre dernier, dans une série de tweets envoyés à la suite de sa visite à Paris, Donald Trump a menacé de taxer les vins français pour remédier au déséquilibre commercial qui, selon lui, existe entre les deux pays. Cette fois-ci, dans un long entretien sur CNBC, il a laissé entendre qu’il pourrait infliger des taxes douanières supplémentaires sur les vins pour corriger cette concurrence qu’il juge déloyale. Mais qu’en est-il vraiment ?

    « La France taxe beaucoup le vin et nous taxons peu le vin français », a déclaré le président américain sur CNBC. « Ce pays [les États-Unis] autorise le vin français - qui est très bon - (...) à entrer pour rien », a-t-il affirmé. « Ce n'est pas juste, nous allons faire quelque chose pour rééquilibrer ça », a-t-il conclu.

    Le traité commercial en perspective

    Comme il l’a prouvé par le passé, Donald Trump lance ses attaques sous forme de menace pour préparer le terrain. Cette nouvelle déclaration du président américain intervient alors que les États-Unis et l’Union européenne sont en train de négocier un accord commercial et Bruxelles ne veut pas pour l'heure inclure le secteur agricole dans ce traité. Or, la réglementation douanière française qui régit l’importation et l’exportation des vins, ainsi que d’autres produits viti-vinicoles est soumise à la réglementation européenne. Et il est vrai qu’en ce qui concerne les tarifs douaniers, il existe bel et bien un déséquilibre entre l’Europe et les États-Unis.

    Les droits de douane

    Selon les chiffres que RFI a pu se procurer auprès des douanes françaises, une bouteille de vin blanc américain de 13% vol. (teneur d’alcool) importée dans l’Union européenne supporte un droit de douane de 10 centimes d’euros. Une bouteille européenne semblable importée aux États-Unis est taxée à la hauteur de 4 centimes d’euros. Pour une bouteille de vin rouge de 14,5% vol. importée dans l’espace européen il faut payer 12 centimes d’euros de taxe. Une bouteille semblable de vin rouge qui entre sur le sol américain est taxée 11 centimes d’euros.

    On voit bien que les tarifs vont du simple au double et que c’est le vin américain qui subit une taxation plus lourde. Et pour les vins vendus en vrac, le droit de douane est de 12 centimes d’euros par litre de vin importé dans l’UE, et de 19 centimes d’euros pour un litre de vin importé aux États-Unis. Le vrac représente un quart des volumes de vin français exportés outre-Atlantique.

    L’Europe, premier marché des vins américains

    Malgré cette réglementation restrictive, le marché européen n’est pas fermé aux vins américains. C’est même leur premier marché d’exportation. Entre 2008 et 2017 les produits viticoles américains ont progressé de 34% en valeur, et en France cette hausse était même de 200%. Sachant qu’en volume les États-Unis ne représentent que 2% des vins importés dans l’Hexagone, derrière l’Afrique du Sud et le Chili, qui représentent respectivement 4% et 2,5% de parts de marché (source : FranceAgriMer). Dans l’Hexagone, ce sont en effet des vins espagnols qui dominent presque l’ensemble des catégories importées en volumes (68%) et laissent peu de place à la concurrence.

    Toutefois, la part des autres pays fournisseurs progresse doucement en France. Non seulement en volume, mais aussi en valeur. Et là, les vins américains représentent 10% de part de marché, en hausse de 30% comparé à la moyenne des 5 dernières années. Cela veut dire que l’on vend encore peu de bouteilles de vin américain, mais elles sont de mieux en mieux valorisées.

    L’Amérique, l’eldorado des produits français

    Les États-Unis sont aussi le premier marché pour les vins et les spiritueux français à l’exportation, avec une valeur de 3,2 milliards d’euros en 2018. En progression de 4,6% sur un an (source : Fédération des Exportateurs de Vins & Spiritueux de France, FEVS). Cette progression est due principalement à la classe moyenne américaine qui dispose d’un fort pouvoir d’achat. Les consommateurs américains apprécient lesproduits d’origine, et en particulier les flacons français.

    Mais le marché américain n’est pas aussi ouvert qu’il en a l’air. Depuis les temps de la prohibition, la législation américaine est basée sur la règle des « trois tiers » visant la répartition équitable des profits. Ce système comprend l'importation au niveau fédéral, la distribution dans chaque État et les circuits de vente. Sachant que chacun de ces trois acteurs veille à s’assurer sa part du gâteau (soit entre 20% et 30% de marges), il n’est pas facile de pénétrer ce marché immense. Pourtant, et malgré ces difficultés, la conquête de l'Amérique par les vins et les spiritueux français se poursuit.

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