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    Economie

    La finale mondiale de Fortnite investit New York, entre passion et controverses

    media A view of the singles trophy on display during previews ahead of the 2019 Fortnite World Cup World Cup on July 25, 2019 in New York City. Steven Ryan/Getty Images/AFP

    Chaque week-end pendant dix semaines, des millions de joueurs ont tenté – seul ou à deux – de se hisser en finale de la Coupe du monde de Fortnite. Les qualifiés s’affrontent à New York du 26 au 28 juillet, où ils se partageront 30 millions de dollars de prix.

    Qui n’a pas entendu parler de Fortnite ? Véritable machine de guerre commerciale, le jeu d’Epic Games s’est imposé comme la star incontestée des Battle Royale, ces jeux de survie où il faut s’entretuer dans une zone de plus en plus réduite – c’est bien connu, il ne doit en rester qu’un.

    Avec ses couleurs chatoyantes, son animation cartoonesque et sa prise en main facile, Fortnite a séduit un vaste public, en particulier adolescent. Chaque match, 100 compétiteurs sont parachutés sur une île et doivent y récupérer matériel – en cassant le décor – et armes – dans des coffres – pour éliminer leurs concurrents.

    Mais malgré son succès en occident, la licence n’est pour l’instant pas totalement parvenue à trouver sa place dans l’e-sport, ces compétitions professionnelles de jeux vidéo. Alors, depuis avril, Epic a mis le paquet. 10 semaines de qualifications ouvertes à tous, avec un million de dollars distribués chaque week-end. Quarante millions de participants.

    Puis une « finale » qui regroupe les meilleurs à New York, dans l’enceinte du Arthur Ashe stadium – habituellement terre d’accueil de l’US open de tennis. Si les Américains y sont de loin les plus représentés avec 70 noms, les Français et les Britanniques viennent compléter le podium des nations, avec respectivement 14 et 11 finalistes.

    Samedi et dimanche, les 100 joueurs solos et les 50 duos qui ont réchappé des qualifications, tous des hommes âgés de 13 à 24 ans, vont en découdre dans les deux catégories, pour la gloire, mais surtout pour les 30 millions de dollars à se répartir (15 millions pour chaque catégorie). Les quatre premiers finiront la semaine millionnaire – 3 millions de dollars pour le grand vainqueur – et même les derniers repartiront avec 50 000 dollars.

    Problèmes d'organisation...

    De quoi faire saliver, mais pas suffisant pour rassurer les habitués de la scène esport. Critiqué pour sa gestion des ressources humaines, Epic l’est aussi pour sa difficulté à organiser ses évènements. Armes rajoutées juste avant un championnat, règles parfois floues, problèmes techniques ou serveurs incapables de supporter la pression d’un tournoi, les soucis s’accumulent et se ressemblent.

    Cette finale ne fait pas exception : à deux jours de son lancement, la liste des commentateurs n’était pas connue et surtout les participants ont eu la mauvaise surprise de découvrir qu’ils n’auraient pas de temps d’échauffement avant leurs matchs, ce qui leur était pourtant garanti par les règles officielles.

    ... Et scène très volatile

    À ces soucis d’organisation viennent s’ajouter des failles plus profondes. Même les meilleurs joueurs du monde ne parviennent que rarement à faire preuve de régularité, tant le titre évolue vite. Pour maintenir l’intérêt du grand public, Epic a pris l'habitude d'adjoindre fréquemment des éléments qui changent largement la façon de combattre. Si on y ajoute l’aléatoire inhérent aux Battle royale, on obtient un jeu plus pensé pour le fun que pour la compétition.

    Pendant ce temps, les joueurs pros restent dans une incertitude sans cesse renouvelée. Par rapport à leurs conditions de travail, mais surtout à leur avenir. Ils sont obligés de s’accommoder d’un environnement très volatile, sans même avoir l’assurance que leurs efforts seront récompensés dans la durée, Epic restant très flou sur l’après-finale.

    Et c’est bien là tout le paradoxe de la coupe du monde Fortnite : c’est, par son ampleur et la taille de sa cagnotte, l’une des plus grosses manifestations esportives de l’histoire. C’est celle qui va le plus rapporter individuellement à ses vainqueurs. Mais c’est aussi un coup publicitaire, dont l’intérêt semble plus marketing qu’autre chose, avec une journée entière sur les trois consacrée à des « show-match » et à de l’interaction entre célébrités, développeur et fans.

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