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    Economie

    Faillite de Thomas Cook: panique sur les vacances

    media Au comptoir Thomas Cook de l'aéroport d'Héraklion en Crète, ce 23 septembre 2019. Costas METAXAKIS / AFP

    Du jour au lendemain, le tour-opérateur Thomas Cook met la clé sous la porte, faute  d'avoir pu trouver ce week-end une solution de refinancement. Des centaines de milliers de voyageurs à travers le monde se retrouvent donc, au mieux, avec des voyages réservés qui n'auront jamais lieu, au pire des vacances qui ont débuté et dont ils ne savent pas encore quand, ni comment, elles vont se terminer. Sans compter les salariés du célèbre voyagiste britannique qui perdent brutalement leur emploi.

    C'est un rapatriement sans précédent que s'apprêtent à vivre 600 000 clients de la célèbre agence de voyage en faillite.  Les autorités britanniques ont déclenché,   l'«Opération Matterhorn» du nom d'une campagne américaine de bombardements pendant la Deuxième Guerre mondiale. Elle concerne 150 000 de leurs ressortissants répartis dans le monde entier. Pour cela, 40 avions ont été affrétés et 1000 vols sont prévus.

    Le rapatriement ne concerne pas uniquement des ressortissants britanniques. 140 000 Allemands se retrouvent également le bec dans l'eau. En Belgique, 10 000 personnes se trouveraient également en situation délicate. Toutefois un porte-parole de Thomas Cook a expliqué que les activités n'avaient pas encore cessé et que les avions décollaient pour amener les clients à destination. 

    10 000 Français et autant de Néerlandais en voyage aux quatre coins du monde vont devoir aussi faire preuve de patience. Dans les aéroports, c'est la stupéfaction et le désarroi qui règnent aux comptoirs Thomas Cook.

    Voilà ce qui s’est passé : on a réservé un voyage par l’intermédiaire de Thomas Cook pour notre anniversaire de mariage, qui est aujourd’hui. Hier, on avait vraiment hâte d’être en vacances, on était super enthousiastes. On avait même réservé le taxi et on s’apprêtait à aller à l’aéroport, quand on a vu sur internet et à la télé que non, il n’y aurait pas de vol. J’ai passé la nuit à me faire du mouron, à stresser à propos de cette histoire. On paye une somme importante d’argent pour des vacances, et qu’on nous dise à la dernière minute qu’on ne peut pas y aller, c’est vraiment affreux.

    Témoignage d'une habitante de Bristol qui aurait dû s'envoler pour la Grèce 23/09/2019 - par RFI Écouter

    Côté employés, le scénario est également désastreux : ce sont plus de 20 000 personnes qui perdent brutalement leur emploi. 

    ■Emoi au Royaume-Uni

    De notre correspondante à Londres, Muriel Delcroix

    Sur la BBC, John McDonnell, bras droit de Jeremy Corbyn au Labour a réagi en critiquant durement le gouvernement de Boris Johnson. Il a affirmé que le parti travailliste n’aurait jamais permis au voyagiste britannique de sombrer et aurait donner les quelque 250 millions d’euros demandés par la compagnie pour assurer sa survie.

    Il y a quelques jours, j’ai demandé au gouvernement d’intervenir. Il se serait agi d’une intervention à certaines conditions, car il y a eu clairement une grave défaillance de gestion. Mais compte tenu de l’ampleur de cette faillite, tous ces vacanciers qui ont économisé pour partir en vacances et dont le séjour est désormais menacé, sans compter le sort incertain des quelque 13 000 employés, j’aurais voulu voir le gouvernement non pas rester les bras croisés, mais intervenir… Nous avons vécu la même chose avec la crise de l’acier et j’ai dit à l’époque au gouvernement, dans certains cas de figure il s’agit d’une intervention qui peut permettre de stabiliser une situation et accorder un répit pour trouver des solutions. Au départ le gouvernement avait refusé puis était finalement intervenu et ça avait permis de trouver une solution pour l’acier. C’est aussi ce dont Thomas Cook avait besoin cette fois…

    John McDonnell, n°2 du Labour et bras droit de Jeremy Corbyn 23/09/2019 - par RFI Écouter

    Le Premier ministre britannique a dit regretter la disparition d’une compagnie historique mais s’est défendu d’être inactif par la voix de son ministre des transports, Grant Shapps : « Au final, le problème est le montant abyssal de dettes : 1,7 milliards contractés par une compagnie qui n’a pas su s’adapter au fait que les gens font désormais tout en ligne et réservent tout en même temps, lieu de séjours, transports etc. Il y avait donc des problèmes de fond et il nous semblait que même en apportant une aide financière –ce qu’un gouvernement ne ferait pas de toute façon pour un tour-opérateur- nous risquions d’aboutir à la même situation dans quelques mois et d’avoir à débloquer encore plus de fonds pour rapatrier les gens ; ce qui n’était pas envisageable… »

    Un habitant de Brighton qui devait partir en Egypte en juin prochain raconte qu'il a appelé hier le voyagiste pour annuler son départ : « Ils n’avaient pas d’informations pour moi mais ils prenaient encore des réservations et aussi l’argent des gens. Ils m’ont dit que si j’annulais les vacances, ils me prendraient 200 livres par personne pour l’annulation, donc ils voulaient 800 livres si j’annulais les vacances hier ».

    Les touristes de l'UE protégés par la garantie européenne

    L'annonce de la faillite a suscité l'inquiétude chez les vacanciers éparpillés autour du monde. Bonne nouvelle pour ceux qui ont acheté leur voyage au sein de l'Union européenne : une directive européenne les protège. 

    Au Royaume-Uni, elle s'applique sous le nom de garantie ATOL (Air Travel Trust Fund). Géré par l'Autorité britannique de l'aviation civile (CAA), ce système s'applique à tous les touristes ayant acheté un voyage tout compris avec vols et hôtels. ayant acheté un voyage tout compris avec vols et hôtels. Les touristes déjà en vacances pourront finir leur séjour puis rentrer normalement, affectés sur d'autres compagnies. Ceux qui ne sont pas encore partis bénéficient d'un remboursement ou d'une autre offre de vacances.

    En revanche, ATOL ne couvre pas l'achat de billet d'avion seul auprès de Thomas Cook, mais les voyageurs peuvent se tourner vers leur fournisseur de carte de crédit ou les assureurs pour obtenir un remboursement. 

    Downing Street a toutefois ajouté que vu les circonstances, les voyageurs qui doivent rentrer au Royaume-Uni seront rapatriés sans frais, à la charge du gouvernement, quelle que soit leur nationalité et qu'ils soient protégés par ATOL ou pas.

    La directive européenne des voyages tout compris (Package travel directive) s'applique pour les autres pays de l'UE qui pourront bénéficier de garanties ou fonds de remboursement locaux.

    (Avec AFP)

    ■ La Turquie, l’une des destinations-phares du voyagiste britannique

    De notre correspondante à Istanbul, Anne Andlauer

    Au moment où Thomas Cook a déclaré faillite, 21 000 de ses clients se trouvaient en Turquie – la grande majorité sur les rives de l’Egée et de la Méditerranée, dans les stations balnéaires d’Antalya, Bodrum ou encore Marmaris. La priorité, pour l’instant, est d’organiser leur retour. La préfecture d’Antalya a mis sur pied une cellule de crise.

    Si elles s’efforcent de rassurer les vacanciers, les autorités turques auront en revanche beaucoup de mal à apaiser les professionnels du tourisme. Selon la Fédération des hôteliers turcs, entre 600 000 et 700 000 voyageurs venaient chaque année en Turquie grâce à Thomas Cook, soit presque 2 % du nombre total de touristes accueillis en 2018. Dès l’annonce de la faillite du voyagiste, le ministère du Tourisme a annoncé la mise en place d’un programme de crédits pour venir en aide aux entreprises locales qui risquent d’être affectées.

    Les hôteliers sont bien sûr les premiers concernés, eux qui accueillaient toute l’année – sur leurs plages l’été, sur leurs terrains de golf l’hiver – les clients de Thomas Cook. Il s’agissait principalement de Britanniques, dont les devises soutenaient l’économie locale. Certains hôtels, souvent de taille moyenne, travaillaient même exclusivement avec le voyagiste et risquent désormais de mettre la clé sous la porte.

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