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    Economie

    Thierry Bolloré, numéro deux de Renault, débarqué du groupe

    media Clotilde Delbos, la nouvelle directrice général par intérim de Renault, et le patron du groupe Jean-Dominique Sénard, à Boulogne-Billancourt, le 11 octobre 2019., REUTERS/Charles Platiau

    Un conseil d’administration extraordinaire du groupe automobile français Renault a voté ce vendredi le remplacement du directeur général Thierry Bolloré. Il lui est notamment reproché ses mauvaises relations avec le japonais Nissan.

    Thierry Bolloré a été écarté de la gouvernance de Renault. C’est officiel et c'est l'actuelle directrice financière du groupe Clotilde Delbos qui a été nommée directrice générale pour une période intérimaire ce vendredi 11 octobre. Thierry Bolloré dénonce « un coup de force inquiétant  ». Selon lui, le fond du problème, c'est qu'il a été nommé en 2018 par Carlos Ghosn.

    De son côté, Renault lui reproche d’abord ses mauvais résultats à la tête du groupe. Le groupe automobile a dépensé plus de 700 millions d’euros de trésorerie au premier trimestre. Ensuite, ses mauvaises relations avec le japonais Nissan qui pourrait faire obstacle au développement de l’alliance entre les deux constructeurs. Enfin, Thierry Bolloré n’a jamais réussi à tisser une relation de confiance avec le président du groupe Jean-Dominique Senard.

    La fin de l’ère Ghosn

    Cette éviction va permettre au groupe automobile de tourner la page de l’ère Carlos Ghosn. L’ancien PDG déchu, qui attend son procès au Japon, avait fait de Thierry Bolloré son successeur.

    Un changement de gouvernance qui devrait satisfaire l’État français, premier actionnaire de Renault avec 15% du capital. Car pour le gouvernement français, ce qui compte aujourd'hui, c'est la stabilité de l'alliance avec le japonais Nissan dont il détient 43%.

    De son côté, Nissan a également changé sa direction. Le 8 octobre dernier, le conseil d'administration a nommé Makoto Uchida comme directeur général. L'homme devrait permettre de relancer l'alliance.

    ► À lire aussi : Mauvais résultats, détournement: le PDG de Nissan, Hiroto Saïkawa, démissionne

    Une alliance fragilisée

    Cette alliance Renault-Nissan, qui inclut aussi Mitsubishi, est en effet fragilisée depuis l'arrestation de Carlos Ghosn. Elle est certes aujourd'hui le premier constructeur automobile mondial en termes de voitures vendues. Mais elle connaît des difficultés dans un contexte de crise pour tout le secteur automobile.

    Sans compter que l'alliance doit faire face à la montée en puissance des constructeurs chinois. Et développer le marché de la voiture électrique. Ce renouvellement de gouvernance devrait permettre de changer la donne et d'obtenir des résultats. Les marchés semblent pour le moment rassurés. Le départ de Thierry Bolloré a été bien accueilli ce vendredi à la Bourse de Paris.

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