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    Economie

    «Trump a besoin de succès pour son électorat à un an de la présidentielle»

    media Le président américain Donald Trump annonce un accord commercial partiel avec la Chine en présence du vice-Premier ministre chinois Liu He à la Maison Blanche le 11 octobre 2019, après deux jours de négociations commerciales à Washington. REUTERS/Yuri Gripas

    Les États-Unis et la Chine ont conclu une trêve commerciale vendredi soir, conduisant Donald Trump à suspendre une hausse des droits de douane sur les importations chinoises. Trois questions à Sylvie Matelly, directrice adjointe de l’IRIS, l’Institut de relations internationales et stratégiques.

    L'accord partiel conclu entre les États-Unis et la Chine qui couvre notamment les questions agricoles est l’avancée la plus notable entre les deux pays depuis le début de la guerre commerciale. Pour le président américain, cette nouvelle est la bienvenue alors que le pays est entré en pré-campagne électorale.

    RFI : Sylvie Matelly, est-ce que l’accord conclu vendredi soir est une trêve ou un véritable armistice ?

    Sylvie Matelly : Dans l’historique des dix-huit mois de guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine, c’est difficile à dire. On a envie de croire que c’est un nouveau rebondissement, comme il y en a tous les deux ou trois mois, mais pour une fois, il y a des mesures vraiment concrètes, avec en particulier Washington qui renonce à augmenter à nouveau les droits de douane sur plus de deux cent cinquante milliards de dollars d’importations chinoises, ce qui n’est pas rien. Et c’est un signe de détente, alors que jusque-là on allait crescendo sur les annonces de taxation. Le deuxième élément important, c’est que les Chinois s’engagent à acheter pour cinquante milliards de dollars de produits agricoles américains, c’est dix fois plus que ce qu’ils font aujourd’hui. Et cela fait déjà plusieurs semaines que l’on voit les Chinois acheter des produits agricoles et de la viande américaine. Là où c’est important, c’est que la question agricole est une question clé pour le président Trump. Car une partie de ses électeurs sont dans le monde rural, et ces électeurs sont très mécontents de la guerre commerciale. D’ailleurs, l’une des premières mesures de son administration avait été d’accorder des subventions à ces agriculteurs, afin qu’ils ne souffrent pas trop de cette guerre commerciale. On est donc dans une logique politique. L’administration Trump est soucieuse de limiter les effets économiques de cette guerre.

    RFI : Pour autant, les problèmes de fond, comme la monnaie et les questions de guerre technologique, ne sont pas résolus.

    Quelle que soit la portée de cet accord, on est de toute façon dans un accord symbolique, et dont la portée est plus politique qu’autre chose. Pourquoi ? Parce que très clairement les États-Unis ne sont pas juste en guerre commerciale avec la Chine, ils sont dans une confrontation qui vise à empêcher la Chine de devenir la première puissance économique mondiale. C’est un affrontement structurel qui va probablement animer les relations internationales pendant des années, voire des décennies. Simplement, on est à un an de l’élection présidentielle américaine, et Trump à besoin d’engranger des succès ou, au moins, de ne pas inquiéter son électorat. Donc, dans les mois à venir, il va être dans une volonté d’apaisement, même si, encore une fois, cela ne changera pas l’enjeu structurel. Et je pense que s’il est réélu cela risque même de faire très mal, car il n’aura plus rien à prouver et pourra aller jusqu’au bout de sa confrontation.

    RFI : Est-ce que de leur côté les Chinois sont en mesure d’imposer une trêve aux États-Unis sur des dossiers sensibles comme celui du fabricant de téléphones Huawei, par exemple ?

    Oui et non. D’un point de vue économique, les interdépendances entre les secteurs technologiques américain et chinois sont telles qu’aucun des deux n’a intérêt à une guerre totale. Très clairement les Chinois ne peuvent rien imposer, car ils ont besoin des Américains. D’un autre côté, ils ont une capacité à se prémunir très rapidement des menaces américaines. Et c’est la grosse erreur de l’administration américaine que de croire qu’elle allait pouvoir asphyxier l’économie chinoise, alors qu’elle n’a fait que remotiver les troupes, entreprises, administration, population, pour aller encore plus vite vers plus d’autonomie. Pour les Américains, c’est dangereux, car ils vont perdre cette interdépendance qui leur donnait du poids dans les discussions. Au-delà-même de l’autonomisation de cette économie chinoise, il y a enfin une Chine qui cherche de nouveaux partenaires pour s’émanciper des Américains. Citons les Nouvelles routes de la soie et les pays concernés, ainsi que la Russie, par exemple.

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