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    Economie

    Coup d’envoi de l’entrée en bourse de la Française des jeux

    media Des grilles de Loto dans un bureau de tabac de Bordeaux le 6 novembre 2019. REUTERS/Regis Duvignau

    La Française des jeux (FDJ), qui chapeaute le Loto et moult jeux d’argent et de paris sportifs, s’apprête à entrer à la Bourse de Paris. Une opération qui pourrait rapporter jusqu’à 1,9 milliard d’euros à l’État.

    C’est l’opération boursière la plus importante de l’année en France. La Française des jeux (FDJ), propriété de l’État à 72%, lance ce jeudi 7 novembre ses premières opérations, en vue d’une entrée en bourse à Paris le 21 novembre. L’entreprise va céder 52% de son capital, soit 99,3 millions d’euros d’actions existantes. En bonne santé, elle domine sur la loterie depuis vingt-cinq ans, avec peu de dettes et un revenu en constante augmentation. Elle rassemble 25 millions de joueurs qui ont misé près de 16 milliards d’euros en 2018.

    Des joueurs qui très probablement continueront à jouer ! Un dessin de Ranson dans le journal Le Parisien en atteste. Deux hommes se parlent, celui de gauche, en costume simple et col roulé demande : « Ça vaut le coup d’investir dans la Française des jeux ? » Son interlocuteur, homme d’affaires cravaté, un gros cigare entre les doigts, lui répond : « C’est quand même la seule entreprise dont les clients mécontents reviennent chaque semaine. »

    Un succès historique

    De nombreux épargnants ont déjà manifesté leur souhait de devenir actionnaire d’une entreprise, fondée en 1991, mais dont la popularité remonte plus loin, à la création de la Loterie nationale en 1933, à l’époque des soldats blessés, défigurés, de la Première Guerre mondiale. Pour leur venir en aide, l’association des Gueules cassées organise une tombola. L’engouement est immédiat. Le gouvernement français fonde alors la Loterie nationale. « Cette entreprise appartient à l’histoire des Français. Je trouve légitime de leur permettre d’en devenir actionnaire », a justifié Bruno Le Maire, ministre de l’Économie.

    Le démarchage étant interdit, les particuliers peuvent d’ores et déjà se rapprocher de leur banquier, leur courtier ou autre intermédiaire financier, pour acheter des actions. Ils devront investir un minimum de 200 euros. Les salariés et le grand public devront se positionner sur le marché avant le 19 novembre 20 heures. Le prix de l’action, qui sera définitivement établi le 20 novembre, est fixé entre 16,50 euros et 19,80 euros. Le titre devra être conservé un an et demi avant d’être revendu.

    L’entreprise est valorisée entre 3 et 4 milliards d’euros. « C’est précis. C’est l’offre et la demande qui va permettre de fixer le prix final. Il sera juste et équilibré », a promis le patron de la Française des jeux, Stéphane Pallez, sur BFM TV. L’opération devrait rapporter 1,9 milliard d’euros à l’État. Avec l'argent récolté, il compte abonder un fonds dédié à l'innovation et à l'industrie. Par ailleurs, il gardera 20% du capital et aura un droit de regard. Si un investisseur souhaite acquérir plus de 10% du capital, il lui faudra d’abord obtenir l’autorisation de l’État. Après la privatisation, l’État continuera à empocher quelque 3,5 milliards d’euros de taxes sur les mises.

    Un investissement profitable ?

    Contrairement aux placements sécurisés, comme l’épargne ou les comptes sur livrets ou encore les SICAV, investir dans des actions est un pari risqué. Les prix des actions peuvent fluctuer et rien ne garantit que les prix augmenteront dans l’avenir ou que l’entreprise sera en mesure de verser des dividendes. Il est donc possible de perdre de l’argent entre le moment de l’achat des titres et celui de la revente.

    Les cours d’EDF, Electricité de France, par exemple, entrée en bourse en 2005 à 32 euros, se sont rapidement effondrés. Une dette élevée, des tarifs encadrés, l’échec de la centrale de Flamanville étant passés par là. En revanche, Renault, entré en bourse en 1994, avec un prix de l’action fixée à 28 euros est devenu un placement profitable : le prix de son titre a augmenté de 65% en 25 ans.

    Si la FDJ est une entreprise rentable, elle va devoir tout de même « verser 380 millions d’euros à l’État avant juin 2020 », explique Vincent Boy, analyste pour le courtier en ligne IG, afin de « conserver son monopole » et exploiter pendant 25 ans ses jeux de loterie et de paris sportifs. « Elle devra certainement emprunter […] Pour amortir cet emprunt, le titre pourrait être moins avantageux pendant plusieurs années », poursuit l’analyste.

    Pour motiver les salariés et le grand public à investir maintenant, l’État propose donc un coup de pouce : une action offerte pour dix achetées, chose rare, et une décote de 2% par rapport au prix payé par les plus gros investisseurs. Mieux vaut, conseille Vincent Boy, « attendre quelques jours » avant de se lancer.

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