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Avec tout d’abord, une présidentielle à la sauce guinéenne… Le Premier ministre de transition, Jean-Marie Doré, a mis un peu de piment dans la précampagne, à moins d’un mois maintenant du deuxième tour de scrutin. Il souhaite associer à l’organisation de ce second tour le Matap, le ministère de l’Administration territoriale, à la CENI, la Commission électorale. Objectif annoncé : une meilleure transparence du scrutin…
Mais cette volonté de changer les règles du jeu n’est pas du tout du goût du Conseil national de transition, d’une grande partie de la classe politique guinéenne, de la société civile et des médias… Une véritable levée de bouclier. Le site d’information Aminata dénonce « la folie des grandeurs » de Jean-Marie Doré qui « s’attribue, dit-il, des compétences qu’il n’a pas. Celui qui est censé respecter et faire respecter la constitution la viole », estime encore Aminata.

Pour GuinéeNews  , autre site d’information, « le Premier ministre n’en finit pas avec ses agissements qui n’ont comme dessein inavoué que de torpiller la transition politique en cours en Guinée. Les propos et manœuvres de Jean-Marie Doré compromettent dangereusement la poursuite de la transition et inquiètent plus d’un Guinéen », affirme encore Guinéenews.

Jean-Marie Doré s’explique

Alors l’intéressé s’explique et se défend. C’était dimanche soir à la télévision guinéenne. « Durant une vingtaine de minutes, le Premier ministre s'est évertué, en invité spécial de la RTG, à convaincre ses concitoyens », relate le site Guinée Conakry Infos . Le site rapporte les propos de Jean-Marie Doré : « Nous sommes en train de prendre toutes les dispositions pour que tout ce qui a fait défaut au premier tour puisse être rattrapé, a-t-il dit, afin que le futur président puisse être élu dans des conditions incontestables. La main sur le cœur, poursuit Guinée Conakry Infos, il confie que son gouvernement et lui-même sont prêts à partir dès le lendemain des élections (…) Il reste droit dans ses bottes, convaincu d’avoir raison. (…) Incompris, attaqué de toutes parts, Jean-Marie Doré s’étonne, relate encore le site :' vous comprenez, je suis le premier surpris de tout ce hululement qu’on entend dans la cité, affirme le Premier ministre… Nous ne voulons pas qu’au soir de la proclamation des résultats, un des candidats puisse nous accuser d’être la cause de son échec'. »
Voilà donc pour les explications de Jean-Marie Doré. On attend maintenant les réactions de la classe politique, de la société civile, des médias…

Les nerfs commencent à lâcher…

En attendant, un coup d’œil sur la presse de la sous-région qui s’interroge également : « quelle mouche a piqué Jean-Marie Doré ? », se demande Fasozine au Burkina. « Ce qui gêne et trouble ici, c’est que cette'proposition' intervienne en pleine mi-temps prolongée, c’est-à-dire en cours de jeu. Au moment même où l’on surveille le processus électoral guinéen comme du lait sur le feu, s’exclame Fasozine, afin que cette première consultation censée être véritablement démocratique permette de sortir de la crise dans laquelle le pays est plongé depuis l’année dernière. »

Etonnement aussi pour Le Républicain au Mali : « le Premier ministre guinéen (…) ne pouvait ignorer que cette exigence renouvelée entre les deux tours allait créer de l’émoi. De surcroît, dans le contexte de fortes suspicions et d’injures infâmantes auxquelles personne n’échappe. (…) Conséquence de ce feuilleton à rebondissements qui fait saluer la démocratie guinéenne le matin et la vouer aux gémonies le soir, les nerfs commencent à lâcher », estime Le Républicain.

Déjà 2015 !

Et maintenant, une présidentielle à la sauce burkinabé…
Le chef Compaoré veut rester en cuisine. Un chef que les burkinabé apprécient ou détestent depuis maintenant 23 ans… Blaise Compaoré brigue donc un nouveau mandat en novembre prochain, c’est désormais officiel. « Une investiture, mille interrogations », titre Le Pays  qui se projette déjà dans cinq ans. « Si elle ne surprend pas, écrit-il, cette investiture relance le débat sur l’éventualité de voir le parti au pouvoir, le Congrès pour la démocratie et le progrès, réviser l’article 37 de la Constitution. Cela, afin de permettre au chef de l’Etat, de se succéder à lui-même en 2015. »

Et en effet, tous les regards sont tournés vers cette échéance de 2015… Car, comme l’explique L’Observateur , « le scrutin présidentiel du 21 novembre prochain ne sera qu’une simple formalité. Pour tout un chacun, il est plié. La seule inconnue de cette élection, c’est le taux de participation et le score du président, qui aimerait remporter largement la partie pour montrer aux yeux du monde qu’il est aimé de son peuple. »

Alors, 2015, véritable enjeu : « les velléités de tripatouillage constitutionnel ne font plus l’ombre d’aucun doute dans notre pays, affirme L’Observateur, pour permettre au président Compaoré de rester au pouvoir ad vitam æternam. » Et le quotidien burkinabè de s’interroger : « va-t-il céder aux chants incessants et insistants de ses partisans et autres courtisans, ou va-t-il écouter la voix de la raison pour 'quitter les choses avant qu’elles ne vous quittent', comme disait avec un brin de réalisme et de sagesse, le général De Gaulle ? »
 

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