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Les spéculateurs commencent à s'intéresser au marché de la viande à Chicago. Le volume des contrats et des options a grossi d'un tiers depuis le début de l'année. Le prix d'un contrat à terme sur le bœuf atteint 1 dollar la livre, presque son niveau de 2008, son plus haut de 22 mois.

La récente inflation du prix des céréales, et donc des aliments pour le bétail accentue une tendance de fond : le prix de la viande augmente sur le marché international, à une vitesse record depuis 20 ans, selon la FAO. L'indice de l'organisation onusienne pour l'agriculture et l'alimentation chiffre la hausse des cours à 25 % depuis 3 ans, à 19 % rien que depuis l'an dernier.
Les boursicoteurs n'y sont pour rien. Il s'agit d'un réel déséquilibre entre l'offre, insuffisante, et une demande mondiale croissante. La consommation de viande s'est banalisée dans les pays émergents, à mesure que le niveau de vie s'est élevé. Et elle continue de progresser, la crise économique a eu moins d'impact dans ces pays que dans les pays industrialisés. On s'attend à ce que le Brésil augmente sa consommation de bœuf de 13 % cette année. Il devra limiter ses ventes à l'étranger, alors qu'il est le deuxième exportateur mondial ! Concernant la viande de porc, la Chine est autosuffisante, mais on prévoit une augmentation de la demande au Brésil encore une fois, en Russie, au Vietnam, et au Mexique. Quant à la viande de mouton et d'agneau, la consommation progresse toujours au Moyen-Orient.
Malheureusement, il est impossible aujourd'hui de répondre à cette demande mondiale. Les cheptels se sont fortement rétrécis depuis le début des années 2000, sur tous les continents. Les éleveurs, quant ils n'ont pas été découragés par le bas niveau des prix de l'époque, ont dû abattre leur bétail à cause de la sécheresse, qui a sévi avec constance de l'Australie à l'Amérique du Sud.
Aujourd'hui on pourrait penser que la hausse des prix mondiaux est une bonne opportunité pour reconstituer les troupeaux. Sauf que les prix des aliments pour bétail, qui sont largement composés de céréales, ont augmenté de 25 % cet été, augmentant les coûts de revient pour les éleveurs. Ce qui remet en question la viabilité de nombreux élevages, notamment de porc, en Europe.

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