Le second tour de cette élection présidentielle est suivi comme le lait sur le feu par les journaux du continent. Un scrutin porteur d’espoir pour tout un peuple après des années de dictature et qui fait figure de test de bonne gouvernance pour l’ensemble du continent.

Et après les péripéties de l’été, le processus électoral a donc été remis sur les rails. « La campagne électorale pour le deuxième tour de l’élection présidentielle a débuté hier en Guinée au lendemain de la signature par les deux candidats d’un protocole d’entente pour une élection apaisée », constate El Watan en Algérie. El Watan qui note que « le succès qui a couronné la médiation menée par le président burkinabé, Blaise Compaoré, a rassuré les Guinéens et la communauté internationale (…).
 
Pour les observateurs, poursuit le quotidien algérien, l’espoir des électeurs des deux camps renaît suite à la signature de ce protocole d’entente et l’engagement des deux candidats, en présence du Général Konaté, à assurer à la Guinée une transition politique pacifique. » Walfadjri au Sénégal se félicite également de ce pacte de bonne conduite entre Cellou Dalein Diallo et Alpha Condé. Walfadjri qui parle « d’avancée significative dans l’approfondissement de la démocratie dans ce pays. »
 
La CENI doit faire ses preuves…
 
Le Pays au Burkina est sur la même ligne : « quel que soit l’élu que les urnes désigneront au soir du 19 septembre prochain, la Guinée ne devrait connaître aucun remous. En cas de fraudes par exemple, engagement a été pris de suivre la voie légale pour contester les résultats. Il faut l’espérer. Mais, tempère le quotidien burkinabé, à la CENI, la Commission électorale nationale indépendante, de mesurer aussi le poids de ses responsabilités et d’agir de manière à convaincre l’opinion qu’elle a su tirer leçon du passé. »
 
En effet, rappelle Le Pays, « la CENI a fait preuve de faiblesse dans l’organisation du premier tour de l’élection présidentielle. (…) Certes, ses premiers responsables ont fini par faire leur autocritique. Mais c’est bien sur le terrain qu’on s’apercevra s’ils ont réellement bien compris la délicatesse de leur mission et s’ils savent tout autant se hisser à la hauteur de la tâche. » Par ailleurs, estime le quotidien burkinabé, « le chef de l’Etat par intérim, le général Sékouba Konaté, devra de son côté agir avec fermeté, s’agissant de la gestion des rapports entre l’administration centrale, les acteurs politiques et la CENI. »
 
Toujours au Burkina, L’Observateur se montre plutôt méfiant. « Entente peu cordiale pour un second tour apaisé », titre le journal qui note qu’à Ouagadougou vendredi, « l’armistice, même de façade, n’était pas manifeste entre Cellou Dallein Diallo et Alpha Condé. D’abord quand il s’est agi de se serrer la main, on a senti un certain forcing et même vu Alpha Condé éviter de saluer son adversaire politique. Si les deux challengers ont bien apposé leur signature sur le fameux protocole, le président du RPG, lui, semble l’avoir fait de mauvaise grâce, estime L’Observateur, comme le prouvera son discours un tantinet menaçant à la fin de la rencontre. »
En effet, Alpha Condé, précise le journal, a « déploré les dysfonctionnements et les irrégularités qui ont émaillé le premier tour », a qualifié la CENI de « mauvais arbitre » et a « haussé le ton en signifiant qu’il n’était plus question que ces erreurs se répètent au second tour. »
 
Vœux pieux ?
 
Le Républicain au Mali est encore plus sceptique quant à la bonne marche du processus électoral guinéen. « Ce ne sont ni le protocole d’entente signé à Ouaga vendredi dernier ni le quinzième rapport du Groupe international de contact qui assureront à la Guinée un 19 septembre paisible et aux résultats acceptés, affirme le quotidien malien. Il est vrai, Cellou Dalein Diallo et Alpha Condé, paraphant ce protocole, se sont engagés d’une part à faire pression sur leurs militants pour éviter la violence et d’autre part à reconnaître les résultats définitifs. (…) Il est aussi vrai que jamais processus électoral n’a été aussi surveillé et encadré par la très sélective communauté internationale, les précédents ivoirien et centrafricain, notamment, en faisant foi.
 
Mais, s’exclame Le Républicain, Cellou Dalein Diallo sait que tout cela, ce sont des vœux pieux. Alpha Condé sait que ce sont des vœux pieux. Et Blaise Compaoré lui-même sait qu’il peut très peu, à part avoir facilité, dans sa capitale, la poignée de mains entre les deux challengers. Les vrais déterminants de la paix, affirme le quotidien malien, ce ne sont pas les signatures au bas des documents, mais la CENI, le gouvernement et les militants des deux finalistes. » Tout trois doivent être irréprochables et pour Le Républicain, ça n’est donc pas gagné…

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