C’est un procès extrêmement attendu qui doit s’ouvrir ce mercredi matin au Palais de justice d’Abidjan. « Le procès des ex-dirigeants de la filière café-cacao qui croupissent à la Maca (la maison d’arrêt d’Abidjan) depuis plus de 26 mois », rappelle Le Nouveau Réveil. Un procès qui « devra permettre, poursuit le journal, de faire enfin la lumière sur les accusations qui ont été portées à l’encontre des ex-dirigeants et qui ont conduit à leur arrestation et à leur incarcération en juin 2008. »
Le Nouveau Réveil cite cette petite phrase d’un avocat d’un des accusés : « ils ont traité nos clients comme des coupables depuis plus de 2 ans, l’heure est venue maintenant d’apporter les preuves de leurs accusations, de nous dire ce que chacun a volé, pour utiliser le terme du chef de l’Etat, qui les a toujours traités en coupables… »
En attendant, « les détenus de la filière sont très sereins, affirme le quotidien ivoirien, et disent à qui veut les écouter qu’ils ne viendront pas au tribunal pour faire plaisir à qui que ce soit mais pour défendre leur honneur et leur dignité. »
Des affaires sales…
Alors, dans cette affaire de détournements présumés, les charges sont lourdes et les enjeux considérables… Les prévenus, nous rappelle L’Intelligent, autre quotidien ivoirien, sont inculpés pour détournement de fonds, abus de confiance, abus de biens sociaux, escroquerie, faux et usage de faux en écriture privée de banque ou de commerce. «Ces faits ont été établis après l’ouverture d’enquêtes à la demande du Chef de l’Etat, Laurent Gbagbo, dont le régime a été brocardé, estime L’Intelligent, par la faute de certains collaborateurs qui ont trempé dans des affaires sales.» En effet, des milliards de francs CFA se sont évaporés en Côte d’Ivoire, aux Etats-Unis ou ailleurs…
Ce procès va-t-il tourner au grand déballage ? « Le hic, c’est qu’aucun de ces dirigeants, humiliés, ne va se laisser faire, relève également L’Intelligent. Pour certains déjà, il y a des vérités qui n’ont jamais été dites qui vont éclater pendant le procès. (…) Et, malgré le souci de bonne gouvernance affiché, poursuit le journal, ce procès du cacao ne manquera pas d’être également un procès du régime Gbagbo qui doit assumer d’avoir fait nommer des dirigeants indélicats qui ont pu agir au nez et à la barbe de tous, durant 6 ans, sans être inquiétés. »
Dans cette affaire, estime encore L’Intelligent, « la Côte d’Ivoire, et tous ses dirigeants, jouent la carte de la crédibilité, de la justice et de l’équité. Et comme l’on peut l’imaginer, des têtes pourraient encore tomber à l’issue de ce procès qui fait trembler toute la République. »
Gbagbo : se faire pardonner ?
« Ce procès va donc se tenir avant l’élection présidentielle, remarque pour sa part Le Patriote . (…) Et quand on sait que des révélations peuvent être faites sur la destination de l’argent du cacao (achats d’armes et autres), le président Laurent Gbagbo a décidé de jouer gros. Mais comme il ne fait rien au hasard, il essayera de s’en tirer à bon compte, affirme le quotidien d’opposition. D’où la présence des ministres, cités à titre de témoins. Et selon certaines sources, poursuit Le Patriote, le rapport de l’enquête, le plus récent, incriminerait outre des dirigeants des structures de la filière, certains ministres de la République. Gbagbo veut donc donner l’impression à l’opinion nationale et internationale, en cette période électorale, qu’il est prêt à mettre en prison ceux qui auraient 'volé'. C’est une occasion pour lui de montrer qu’il ne transigera sur rien. Avec pour objectif de se faire pardonner la mauvaise gestion du FPI dont il est le candidat. Et il n’est pas exclu, estime encore Le Patriote, que le procès prenne fin avant les élections (…). Les prisonniers seraient alors condamnés à 2 années de prison. Et comme ils ont déjà passé plus de deux ans dans les geôles de la Maca, ils seraient alors libérés. »

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