
Aux Etats-Unis, il était aussi célèbre que Louis Armstrong, Duke Ellington, Count Basie, Glenn Miller ou Miles Davis, et peut-être plus populaire. Il y a été baptisé « The King of Swing » à la fin des années 1930, pour avoir donné, avec plus de ténacité que d'autres, un visage musical à l'optimisme. Mais, la popularité n'étant pas nécessairement considérée comme un signe de talent, en France on n'en a parfois accordé aucun à Benny Goodman.
Il faut dire qu'il accumulait les motifs de préjugés douteux : Blanc, interprète classique, juif et riche, cela faisait beaucoup pour ceux qui avaient tendance à apprécier la musique en fonction de la couleur de peau du musicien ou de son statut social.
Benny Goodman est pourtant l’un des rares artistes américains à avoir accueilli des musiciens blancs et noirs dans son orchestre à une époque où la ségrégation raciale était la norme. C’est ainsi que Lionel Hampton, Charlie Christian, ou Teddy Wilson eurent l’opportunité de faire entendre leur différence. Billie Holiday, Ella Fitzgerald ou Bessie Smith furent également les hôtes de ce clarinettiste téméraire.
Notre invité, le batteur de jazz, Jean-Pierre Jackson, est l’auteur passionné d’un ouvrage biographique, paru chez Actes Sud, consacré à ce brillant chef d’orchestre. Il nous conte en détail « L’épopée » d’un géant du jazz qui défiait en musique les réflexes communautaires d’une Amérique alors très conservatrice.
Le swing de Benny Goodman, que certains jugent désuet, est sûrement le plus bel exemple d’une forme d’expression vivifiante et intemporelle.

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