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    L’arrogance de la corruption

    Zine el-Abidine Ben Ali a donc pris le large. Parti sans laisser d’adresse. Mais dans sa fuite peu glorieuse, l’ex-président a tendu un ultime piège (constitutionnel) au peuple tunisien : il a cédé le trône à son Premier ministre, sous prétexte que la vacance du pouvoir serait provisoire. Ainsi finissent les dictateurs : jamais dans l’élégance, et toujours avec le secret espoir d’un retour. Mais un tel espoir est rendu vain par la détermination de la jeunesse tunisienne.

    Vanité des dictatures, comment oublier qu’il y a à peine plus d’un an, le même Ben Ali se faisait réélire avec plus de 89 % des voix ! Ses amis et lui ne voulaient alors y voir que l’expression de l’attachement du peuple à son leader. Un peuple par ailleurs tenu en respect depuis plus de deux décennies, privé de liberté et, on vient de le découvrir, souvent privé de pain.

    Le mythe du spectaculaire boom économique tunisien a été bien malmené, ces dernières semaines. A force d’opposer les chiffres de la croissance aux libertés individuelles et aux droits de l’homme, le développement à l’état de droit et à la démocratie, les laudateurs obséquieux du régime Ben Ali ont oublié de nous parler des souffrances de la jeunesse de ce pays. Ils étaient même parvenus à instiller dans l’inconscient de plus d’un l’idée que la Tunisie se réduit à la belle vitrine des quartiers chics de Tunis ou Carthage, et à la candeur des clubs de vacances.

    Bercé par sa propre propagande, Ben Ali, l’as de la vigilance policière se serait-il laissé surprendre par la pauvreté du plus grand nombre de ses concitoyens ?

    Toujours est-il que, par instinct de survie, il a, entre une menace et quelques intimidations, aligné des promesses mirobolantes, comme ces 300 000 miraculeux emplois, dont on espère qu’il a laissé la recette à son successeur désigné. Quelle victoire posthume pour le jeune Mohamed Bouazizi, à qui le système refusait jusqu’au droit de survivre par des activités informelles !

    Avec cette actualité de la Tunisie, l’Afrique vit incontestablement un des événements majeurs de la décennie qui commence. Cette jeunesse qui a su prendre ses responsabilités pour ne plus subir inspire un profond respect. Car elle a payé le prix fort pour se donner une chance de conquérir la liberté. Le reste est une affaire de vigilance.

    Nous sommes encore dans la période des vœux, et le message de la jeunesse tunisienne peut s’adresser à tous les pouvoirs qui, sur ce continent, narguent des populations privées de tout avec ce qu’un manifestant de Tunis a appelé «l’arrogance de la corruption».
     

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