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Le bois est à la mode dans les pays riches comme combustible alternatif aux carburants fossiles. Il est aussi réhabilité dans les pays du Sud et notamment en Afrique. Pendant des dizaines d'années, le bois-combustible a eu mauvaise réputation dans ce continent. C'était l'énergie du pauvre. Son usage était considéré comme un frein au développement parce qu'il accaparait le temps disponible des populations et surtout des femmes. Sa collecte devait enfin mener à l'extinction des forêts en zone sahélienne.
Cette prédiction faite par la FAO (Organisation des Nations unies à l'agriculture et à l'alimentation), à la fin des années 70, ne s'est pas réalisée, observent aujourd'hui aussi bien ses chercheurs que ceux du CIRAD (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement). Il n'y a pas eu les grandes pénuries de bois de feu annoncées. Paradoxalement, c'est lorsque les Etats ont interdit la collecte de bois vert, en République démocratique du Congo ou au Kenya, que la forêt a le plus reculé. N'étant plus entretenue, elle a subi des coupes rases pour des récoltes éphémères de sorgho ou de maïs, qui ont fait place, définitivement, au désert de latérite....
Au Burkina Faso, la gestion de la forêt pour produire du bois-énergie a même permis aux communautés qui ne vivaient pas de leurs céréales, de sortir de la pauvreté. Aujourd'hui, on s'intéresse au bois, aux déchets du bois, et plus généralement à la biomasse, qui englobe aussi d'autres déchets végétaux comme la paille de céréales ou les balles de riz, pour produire de l'électricité dans les communautés rurales. Madagascar a quatre projets, dont deux fonctionneront d'ici la fin de l'année, de gazéification de la biomasse pour générer de la chaleur et du courant. Bois et biomasse fournissent encore 90 % de l'énergie utilisée en Afrique au Sud du Sahara.
Au Maghreb les citadins passent au gaz de pétrole liquéfié, mais dans les villes subsahariennes, c'est le charbon de bois qui se substitue au bois de feu des communautés rurales. Pour fournir des cités à la démographie galopante comme Bamako, Ouagadougou, sans parler de Lagos ou Kinshasa, l'Afrique ne pourra pas, selon ces chercheurs, faire l'économie de plantations forestières artificielles, comme celles d'eucalyptus, plus productives que les forêts naturelles, pour rapprocher la ressource des grands bassins de consommation. Il faudra aussi, comme en Europe, organiser le transport des plaquettes ou du charbon de bois.

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