« Europe : le retour des frontières ? », s’interroge Libération en première page. Et bien oui, répond La Tribune, avec la même formule, cette fois affirmative : « le retour des frontières en Europe », titre le quotidien économique qui affirme « qu’après s’être mutuellement accusés ces dernières semaines de violer “l’esprit de Schengen”, Nicolas Sarkozy et Silvio Berlusconi vont finalement lancer ensemble ce mardi à Rome un appel pour réformer l’accord de libre-circulation signé en 1985. Paris veut disposer de plus de marge de manœuvre pour rétablir des contrôles aux frontières en cas de besoin. »
Et pour Le Figaro, c’est là « la juste réponse au défi migratoire. (…) Sur la rive sud de la Méditerranée, le “printemps arabe” bouscule l’ordre ancien, constate le journal. Il est donc logique qu’au nord, l’Europe s’adapte. (…) La France a raison, poursuit Le Figaro, de demander la révision de la convention de Schengen. Cet accord, qui assure la libre circulation des personnes et des biens dans 25 pays européens, est aujourd’hui dépassé par les événements. »
Pas du tout d’accord Libération… « Europe : la tentation de la forteresse », déplore le journal. « Qu’on ne s’y trompe pas : “revoir” les clauses de sauvegarde des accords de Schengen, c’est attaquer en réalité ce qu’il reste de la dynamique européenne, estime Libération. C’est flatter les fractions xénophobes et europhobes des électorats nationaux en pointant, grand classique qui assure toujours de jolis succès d’applaudimètre, l’incurie de Bruxelles. C’est enfin confondre sciemment les menaces : le néopopulisme est autrement plus dangereux que quelques milliers de migrants tunisiens. »
Analyse similaire pour Paris Normandie : « au moment où la zone euro est attaquée, suspendre l’application d’une convention qui consacre un embryon de citoyenneté européenne serait évidemment dramatique pour l’Union. Et donnerait raison à tous les populismes anti-européens qui ont le vent en poupe. »
Et puis au lendemain de Pâques, La Croix cite l’évangile : « j’étais un étranger et vous m’avez accueilli. » La Croix qui fustige l’attitude de Paris et de Rome avec ce commentaire : « tout cela est marqué du sceau de la désunion européenne, conjuguée à une absence de vision à long terme. »
A géométrie variable ?
La répression s’accentue en Syrie… « Bachar al-Assad sort ses chars », déplore Le Parisien. « Le dictateur syrien tente d’écraser dans le sang, affirme-t-il, le mouvement de révolte parti de Deraa le 15 mars. Une colonne de chars a pénétré dans la ville. »
« El-Assad opte pour la solution militaire », constate Le Figaro.
« Le chemin sans issue du pouvoir de Damas », estime L’Humanité.
Face à ce déferlement de violence, la communauté internationale condamne, sans plus… Pourtant, relève La Montagne, « c’est la même situation qui a valu à la Libye l’intervention militaire votée à l’ONU au nom de la responsabilité de protéger une population face aux crimes les plus graves d’un État. Appliqué à Kadhafi, ce droit humanitaire ne vaut donc pas pour Bachar al-Assad, déplore le journal. Les condamnations internationales, ONU, États-Unis, Europe, France, pleuvent pourtant sur lui et le somment d’arrêter ses meurtres. Mais cette fermeté verbale, qui permet d’éviter l’accusation de double langage, relève La Montagne, masque mal le constat que le droit d’ingérence reste à géométrie variable. »
Et La République des Pyrénées de s’interroger : « pourquoi laisse-t-on le régime de Bachar al-Assad agir de la sorte ? A cause de cette vieille realpolitik, qui a jusque-là empêché les mêmes pays de s’opposer à l’annexion de fait du Liban par son voisin syrien pendant plus d’un quart de siècle ? (…) Et Sarkozy qui prépare sa visite à Misrata pour se faire acclamer par les rebelles libyens, que fait-il ? »
Quelles énergies ?
Enfin, Tchernobyl, 25 ans après… C’était le 26 avril 1986 à 1 h 23 du matin : l’explosion du réacteur N° 4 de la centrale nucléaire. Reportages, témoignages ce matin dans les journaux et beaucoup de commentaires, comme celui de La République du Centre : « on n’imaginait pas qu’une catastrophe nucléaire pouvait en cacher une autre. Autrement dit, le monde s’apprêtait à commémorer le 25e anniversaire de la tragédie de Tchernobyl dans une relative discrétion, en la rangeant au rayon des dérèglements spécifiques à cet empire soviétique, où se cumulaient précarité des installations et dissimulations des autorités. Et puis il y a eu Fukushima, dans un concours de circonstances certes exceptionnelles, pour démontrer que l’accident nucléaire n’arrivait pas qu'aux autres. Un mythe est tombé : celui de la sécurité absolue du nucléaire. »
Du coup, remarque Ouest France, « la catastrophe japonaise, vingt-cinq ans après celle de Tchernobyl, ouvre une période incertaine. (…) Dans le grand défi énergétique du XXIe siècle – défi économique et climatique – quelle place occupera l’atome ? Nul ne le sait. Nos modes de vie et de consommation vont être bousculés par un surenchérissement de l’énergie. Pétrole, gaz, nucléaire, les prix grimpent. Fukushima et ses conséquences attisent les tensions, accélèrent le débat. » Un débat qui ne fait que commencer…

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Commentaires (1)
poux et ripoux
Des poux, y en a eu et y en aura toujours, même là où ils ne sont pas censés y être, sur la tête d’un chauve. Comment vous l’exprimez sans façons ni contrefaçons ?
Ce sont de petits insectes parasites invisibles à l’œil nu, mais qui passent leur temps à gratter à la porte de nos deux hémisphères, à empêcher notre conscience de dormir sur ses deux oreilles.
Mais pour les dénicher sur la tête d’un chauve il faut s’accrocher… toutes ces polices qui fouillent et farfouillent à chaque coin et recoin, exécutant des ordres insensés et une sale besogne pour accomplir proprement leur tâche…tout en sachant qu’ils ne vont pas en ramasser des masses… ni venir à bout de cette irréversible menace :
Quelle idiote ! Ce ne sont pas les poux qu’ils cherchent mais les chauves… parce que les poux, y en a à peu près sur toutes les têtes, mais les chauves eux, ne courent pas les rues.
Il faut donc aller les chercher, leur donner libre accès avant de leur courir après. Les capturer et les reconduire en dehors de nos tracés, parce qu’ils n’ont toujours pas saisi tout le fossé qui sépare deux verbes-clés : cueillir et accueillir.
Ça y est !
Je crois que j’y suis… les chauves ne désignent pas ceux qui n’ont pas un cheveu sur la tête mais tous ceux qui n’ont pas la tête qui nous revienne…
La thèse est balaise : même avec rien sur la tête, on leur cherche des poux. Pour reprendre un dicton qui dispense de tout commentaire : il faut les pourchasser, si vous ne savez pas POURQUOI… Eux, ils le savent. Ils ont des têtes à avoir des poux. Les chauves sourient…et ils ont bien raison de sourire… l’Italie nous renvoie ses chauves et nous demande de leur trouver des poux. En échange de quoi, on leur renvoie des poux pour qu’ils les incrustent sur la tête de leurs chauves. Parce qu’avant d’être européens… nous sommes avant tout chauvins.
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