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    L’augmentation de la production saoudienne de pétrole n’est pas la panacée

    L'Arabie Saoudite devrait ce mois-ci porter sa production journalière à près de 10 millions de barils. AFP/DAMIEN MEYER

    Les informations se multiplient selon lesquelles l'Arabie Saoudite a réellement augmenté sa production de brut pour calmer les cours, malgré le véto de l'Opep. Mais ce n'est pas forcément la qualité de pétrole qui convient à la demande.

    Conformément à sa promesse de la semaine dernière, l'Arabie Saoudite devrait ce mois-ci porter sa production journalière à près de 10 millions de barils, contre moins de 9 millions de barils précédemment. Des sources industrielles saoudiennes ainsi que des sources de négoce confirment observer qu'une offre supplémentaire est en route à destination des raffineurs asiatiques, pour livraison le mois prochain. L'Inde aurait par exemple acheté auprès d'Aramco, la compagnie publique saoudienne, un cargo de 600 000 barils. Mais les clients, paradoxalement, ne se bousculent pas.

    Les capacités supplémentaires offertes par Ryad sont majoritairement constituées de pétrole lourd et acide, compliqué à transformer, alors que la plupart des raffineurs attendent un pétrole léger, celui qui manque le plus depuis le retrait de la Libye du marché. Cela ne fait qu'accentuer l'écart de prix entre le pétrole lourd, qui se déprécie, et le pétrole léger qui se renchérit. Pour tenter d'atténuer cet effet pervers, qui risque de mécontenter encore davantage les producteurs de l'Opep qui étaient hostiles à toute augmentation des quotas de production, comme le Venezuela, Ryad devrait néanmoins utiliser une bonne partie de sa production supplémentaire pour faire tourner ses propres centrales électriques, et libérer le plus possible de pétrole léger et de fioul pour le marché international.

    L'objectif de l'Arabie Saoudite, premier producteur mondial, est avant tout de calmer les cours sur les marchés à terme pour ne pas hypothéquer la reprise dans les grands pays consommateurs de pétrole. Pour rassurer les marchés, elle doit non seulement libérer plus de pétrole, mais prouver qu'elle n'en conserve pas moins les réserves suffisantes, un matelas permanent d'au moins 2 millions de barils jours pour réagir très vite à n'importe quel nouvel aléa du marché pétrolier. C'est pourquoi Ryad accélère le développement d'un gisement géant dans les eaux du golfe, Manifa. Avec pour objectif de le faire entrer en production en 2014, avec dix ans d'avance.


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