La guerre civile et l’intervention occidentale en Libye ont en effet bouleversé l’équilibre sous-régional. Moins de contrôles aux frontières, plus d’armes disponibles sur le marché… Ce qui fait le bonheur des trafiquants en tout genre.
C’est ce que constate, entre autres, L’Observateur au Burkina : « depuis l’intervention militaire de l’OTAN en Libye, des armes de guerre en sortent comme des petits pains et Aqmi, Al Qaida au Maghreb islamique, a largement profité de ce bordel ambiant pour se procurer des armes lourdes », s’exclame le quotidien burkinabé. « La situation sécuritaire dans la zone était déjà préoccupante, poursuit L’Observateur, mais depuis que la chienlit s’est installée en Libye, elle est allée de mal en pis avec cette circulation incontrôlable d’armes de toutes sortes et ce retour massif de migrants désargentés qui inondent les pays voisins. Au Tchad, au Mali et au Niger, le retour en masse de ces ex-travailleurs en Libye sonne comme une catastrophe et ces Etats se démènent pour contenir la vague. »
Parallèlement, « Aqmi tente de régner en maître, relève le quotidien burkinabé. Et il semble que, du côté nigérien, on en a pleine conscience, car la volonté d’éradiquer ce monstre n’a pas faibli d’un iota en dépit des changements intervenus à la tête de l’Etat. »
Divergences d’approche
En effet, la récente interception de plusieurs véhicules de trafiquants par l’armée nigérienne semble donner raison à L’Observateur. Mais sur le plan sous-régional, toujours aucune solution d’ensemble, toujours aucune coordination véritable entre les Etats concernés. C’est ce que relève le site d’information Guinée Conakry Infos : « la question de la sécurisation de ce vaste espace sous-peuplé et qui devient de plus en plus un véritable no man’s land est une problématique qui se pose depuis maintenant quelques années à tous ces pays. (…) Bien entendu, constate le site d’information guinéen, des approches de solution régionale ont été essayées.
Mais parce qu’il n’y a pas eu d’engagement franc et sincère de la part de chaque pays, le mal perdure. La pierre d’achoppement a toujours été la divergence d’approche. Les uns préconisant davantage la répression, tandis que d’autres mettent l’accent sur les vertus de la négociation. » Résultat, affirme Guinée Conakry Infos, « les terroristes, criminels en tous genres, ainsi que les trafiquants de drogue en provenance d’Afghanistan et d’Amérique mettent à profit cette valse-hésitation faite d’ambigüité pour se livrer à leur sale besogne. Une situation qui risque d’affecter considérablement l’économie de la région. De plus, remarque également le site guinéen, les événements en cours à Tripoli constituent un facteur aggravant. »
Les frères ennemis d’hier main dans la main…
En Côte d’Ivoire, ce reportage dans le quotidien L’Intelligent sur la réunification de l’armée… « La refonte de l’armée ivoirienne est devenue une réalité à Yopougon », affirme le journal. Yopougon, ce quartier d’Abidjan qui avait connu « des affrontements meurtriers » avant la chute du régime Gbagbo, rappelle-t-il. Et bien, désormais, constate L’Intelligent, « à la caserne de la brigade anti-émeute de Yopougon, les frères ennemis d’hier (Forces nouvelles et miliciens) travaillent main dans la main dans le cadre de la nouvelle armée de Côte d’Ivoire. »
Sur les 32 sections que comptent le camp, 6 sont constituées d’ex-miliciens pro-Gbagbo, avec à leur tête le commandant Bauer, qui s’était réfugié un temps au Ghana voisin. Le commandant Bauer qui lance cet appel dans les colonnes de L’Intelligent : « je demande à tous mes éléments de se joindre à moi (…). Qu’ils viennent apporter leur pierre au processus de paix et de réconciliation des fils de la Côte d’Ivoire. Qu’ils viennent aider le Président de la République et son Premier ministre Guillaume Soro à faire de la Côte d’Ivoire un pays phare de la sous-région comme au temps du père fondateur, sans exclusion aucune. »
Abidjan : toujours l’insécurité
Voilà pour ce reportage de L’Intelligent… Toutefois, on est encore loin d’une réunification totale des forces armées ivoiriennes et il y a encore beaucoup d’insécurité à Abidjan. C’est ce que constate le quotidien français Libération qui cite, entre autres, l’exemple du patron du renseignement militaire ivoirien qui a été récemment braqué en plein centre-ville par des hommes en armes qui lui ont volé son 4x4 et ses téléphones… « le gouvernement de Guillaume Soro est confronté à un double défit, estime Libération, il doit non seulement convaincre les anciens 'corps habillés' de reprendre leurs activités, mais aussi démobiliser les nouveaux venus, pour la plupart des hommes recruté sur le tas durant la campagne éclair des forces pro-Ouattara fin mars. » Des hommes qui font toujours la loi à Abidjan…
Le bac : c’est parti !
Enfin, les épreuves du baccalauréat… C’est parti dans plusieurs pays du continent, notamment au Mali… « Baccalauréat 2011 : plus de 95.000 candidats en lice », s’exclame L’Essor . Et il y a de quoi s’exclamer en effet, puisqu’il y a seulement deux ans, il n’y avait que 53.000 apprentis bacheliers. Le nombre de candidats a donc quasiment doublé… Explication d’après L’Essor : beaucoup de candidats libres, environ 15.000 ; et un afflux d’élèves dans le secondaire : « la courbe ascendante du taux de scolarisation au Mali atteint 75 %, précise le journal, pour moins de 50 % il y a un peu plus d’une décennie ».

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