
Émigrer vers le Nord : ils ne rêvent que de ça. Depuis les années 90, des centaines de milliers de Centre-Américains ont quitté leurs pays, pour aller chercher du travail aux Etats-Unis. Beaucoup ont péri sur la route qui les mène à la terre promise.
C’est le phénomène migratoire le plus important au monde : plusieurs millions de Salvadoriens, Guatémaltèques, Honduriens vivent aux Etats-Unis, la plupart sans papiers. Pour s’y rendre, ils ont traversé le Mexique, cachés dans des camions ou perchés sur le dos du train de marchandises qui les amène tout près de la frontière. Victimes de ce train surnommé la bestia, la bête, parce qu’elle peut les broyer, ou piégés par le désert, les Centre-Américains sont aussi devenus la cible des cartels mexicains. Kidnappés, violés, forcés à travailler pour ces bandes ultraviolentes, nombreux sont ceux qui n’atteindront jamais leur but.
Le Honduras, avec 7 millions et demi d’habitants, dont plus d’un million d’illégaux aux Etats-Unis, est l’un des pays les plus touchés par l’émigration. C’est aussi celui qui a perdu le plus de clandestins sur la route vers le Nord. Ce pays réclame un assouplissement des politiques migratoires américaines. En vain : au bout de leur périlleux voyage, 25 000 Honduriens sont expulsés chaque année et rentrent de force dans un pays qui n’a plus rien à leur offrir.

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