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Les prix du caoutchouc divisés par deux depuis février dernier

Claire Fages
Les prix du caoutchouc divisés par deux depuis février dernier
 
Claire Fages.

Conséquence de la crise, qui ralentit aussi l'industrie pneumatique, les prix du caoutchouc ont dévissé de moitié en quelques mois. Ce qui inquiète les pays producteurs d'Asie du Sud-Est.

En février dernier, le kilo de caoutchouc valait encore la somme record de 6,4 dollars. Depuis l'été, la crise des dettes souveraines s'est imposée à l'économie mondiale, ralentissant la construction automobile et les commandes de pneus. Le caoutchouc naturel, un temps deux fois plus cher que le caoutchouc synthétique, a aussi perdu des parts de marché. Du coup, il n'est plus qu'à 3,3 dollars le kilo aujourd'hui. Cette dégringolade inquiète au premier chef la Thaïlande, l'Indonésie et la Malaisie, qui produisent à elles trois 70% du caoutchouc mondial.

D'autant que certains acheteurs peu scrupuleux, en particulier des compagnies privées chinoises, commencent à remettre en cause les contrats conclus il y a plusieurs mois, lorsque les prix du caoutchouc étaient beaucoup plus élevés. Le week-end du 19 novembre, les trois grands pays producteurs réunis dans le Conseil international tripartite du caoutchouc ont donc décidé de dresser une liste noire des mauvais payeurs, pour les exclure des transactions futures. C'est la première fois qu'une liste commune est constituée. Pas question, cependant, d'influencer collectivement le marché comme le Conseil l'avait tenté en 2008, lors de la précédente crise. Les pays asiatiques avaient alors artificiellement réduit de 10% leur offre de caoutchouc pour faire monter les prix, mais l'initiative avait été inutile, le marché était reparti en 2009 avec la demande de la Chine et de l'Inde.

Aujourd'hui, les mesures d'intervention sur les prix restent nationales. En Thaïlande, qui produit tout de même un tiers du caoutchouc mondial, la filière privée demande aux planteurs d'hévéa de ne saigner le latex qu'un jour sur deux et non deux jours sur trois, pour ralentir la production. Deux cents coopératives thaïlandaises ont aussi décidé de suspendre les enchères durant deux mois.

Le gouvernement de Bangkok prévoit par ailleurs de créer, comme pour le riz, un prix minimum aux planteurs d'hévéa, il devrait en décider la semaine prochaine. D'ici là, les cours pourraient néanmoins voir stopper leur chute car la mousson qui atteint la région sud de la Thaïlande, jusque-là épargnée par les inondations, va ralentir de fait les expéditions de caoutchouc. Les 3 dollars le kilo pourraient donc constituer un plancher de prix, finalement encore très confortable par rapport au niveau de fin 2008, où ils avaient plongé à 1,3 dollar.

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