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vendredi 23 décembre 2011
Le Canada pourrait vendre son pétrole à la Chine plutôt qu'aux Etats-Unis
Les oléoducs de Campbell River, en Colombie-Britannique, au Canada.
Les oléoducs de Campbell River, en Colombie-Britannique, au Canada.
Getty Images/Liz Whitaker
Par Pascale Guéricolas

Cela fait de long mois que les Républicains et les Démocrates débattent à Washington autour de la pertinence de construire un oléoduc de 5 milliards d’Euros pour relier la production de pétrole canadien aux raffineries américaines sur le Golfe du Mexique. Dans une récente entrevue télévisée, le premier ministre Stephen Harper a laissé entendre que si le projet Keystone XL ne se réalisait pas, le Canada pourrait vendre son pétrole aux Chinois plutôt qu’aux Américains.

On peut se demander si le Premier ministre canadien Stephen Harper a bien les moyens de ses ambitions, comme l’on dit souvent au Québec. Pour exporter le pétrole canadien de l’Alberta vers la Chine, il faudrait construire un oléoduc vers l’Ouest, vers le port de Kitimat en Colombie-Birtannique. Petit détail, les propriétaires des terres traversées n’ont pas donné leur accord à un tel projet. Des communautés autochtones pourraient par exemple refuser le passage au nom des risques possibles de contamination si l’oléoduc se met à couler. Les Chinois ont beau avoir soif de pétrole et investir de plus en plus dans la production de sables bitumineux canadiens, difficile d’imaginer des camions à la queue leu leu acheminant le pétrole à travers les montagnes Rocheuses. L’Alberta, la province productrice, doit pourtant trouver de nouveaux clients. Elle produit actuellement deux millions et demi de barils, mais un autre million de barils va s’ajouter d’ici deux ans avec le démarrage de nouveaux puits. Le client américain paraît donc le choix géographique le plus logique. On reste donc confiant au Canada que l’oléoduc va voir le jour. Même s’il est vrai que le pétrole canadien n’a pas bonne presse actuellement. Les environnementalistes américains dénoncent la pollution produite lors de l’extraction des sables bitumineux. Les raffineries américaines peuvent cependant difficilement se passer de ce pétrole sale, comme on le qualifie souvent, puisqu’il représente une part très importante des importations d’or noir. Les déclarations du Premier ministre canadien visent donc sans doute simplement à accélérer les décisions concernant la construction de Keystone XL. Barack Obama aurait préféré repousser l’échéance après l’élection présidentielle de 2012. Il devra sans doute trancher avant, peut-être en adoptant un autre tracé au Nébraska. Dans cet état, de nombreux opposant à l’oléoduc s’inquiètent des risques possibles sur de très importantes nappes phréatiques.

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