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vendredi 06 janvier 2012
L’Inde est l’un des derniers marchés de l’amiante canadienne
Une mine d'amiante dans la ville d'Asbestos au Québec.
Une mine d'amiante dans la ville d'Asbestos au Québec.
Jean-Pierre/ Wikimédia/CC
Par Claire Fages

Il ne reste plus que deux mines d'amiante au Canada, mais l'une tourne au ralenti et l'autre s'est déclarée en faillite le 4 janvier. La rentabilité de l'extraction de l'amiante a décliné depuis son interdiction dans de nombreux Etats. La demande mondiale a baissé mais elle reste forte dans les pays en développement.

C'est une petite région d'une soixantaine de kilomètres carrés dans la province de Québec. Elle n’en fut pas moins le fief mondial de l'amiante pendant 130 ans : au point qu'une ville y avait pris le nom « ancien » du minerai : Asbestos. Dans les années 1960, le Canada fournissait encore 40% de l'amiante achetée dans le monde. Aujourd'hui il reste deux mines, et elles ont du mal à subsister. Les coûts de production canadiens sont devenus prohibitifs depuis que les clients occidentaux ont disparu les uns après les autres, effrayés par les recours en justice des victimes de l'amiante, un isolant très efficace mais aussi cancérogène. L'interdiction est totale dans l'Union européenne, elle est partielle aux Etats-Unis, où l'on continue à incorporer l'amiante dans les plaquettes de frein. Ironie de l'histoire, le Canada a également fini par interdire l'usage de l'amiante sur son sol, mais il continue à exporter son minerai, le chrysotile, dans les pays en développement (100 000 tonnes par an).

L'Inde, l'Indonésie, les Philippines sont devenus les nouveaux marchés de l'amiante canadienne. Mélangée à du ciment, elle constitue un matériau très robuste et deux fois moins cher que l'acier, qui est utilisé partout : dans la structure des bâtiments, dans les canalisations et dans les toits des maisons les plus rudimentaires. En Inde, dix nouvelles usines de ces plaques de ciment à l'amiante vont voir le jour, rien que cette année. Les Indiens commencent bien à s'inquiéter des répercussions de l'amiante sur la santé, les manifestations se multiplient. Mais la Cour suprême indienne a refusé un recours qui visait à interdire ce produit. L'Inde va donc sans doute rester encore longtemps le premier importateur mondial d'amiante, la Chine, elle, en produit. Et ce n'est pas un hasard si le repreneur potentiel de l'une des deux mines québécoises mal en point est un Canadien d'origine indienne, déjà très impliqué dans le commerce entre les deux pays. S'il échoue dans cette reprise, l'Inde aura de toute façon la possibilité de se tourner vers les deux principaux fournisseurs d'amiante que sont aujourd'hui la Russie (une production d’un million de tonnes par an, deux tiers du commerce mondial), et le Brésil (300 000 tonnes par an), qui commence à interdire l'amiante dans certains de ses propres Etats mais qui continue à l'exporter vers l’Asie.

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