mercredi 18 janvier 2012
Le marché s’est adapté à la raréfaction du café colombien
La Colombie est le quatrième producteur mondial de café.
La Colombie est le quatrième producteur mondial de café.
Rodrigo Arangua/AFP
Par Claire Fages

La production de café colombien, le nectar des arabicas lavés, a encore décliné l'année dernière. Mais les marchés se sont adaptés à cette pénurie.

Depuis trois ans, la récolte de café en Colombie est mauvaise. La faute aux pluies surabondantes ; à un champignon qui s'attaque aux caféiers ; et à la diminution des surfaces, puisque les caféiculteurs colombiens procèdent au renouvellement des plants. La production, depuis le record de 12 millions de sacs (de 60 kilos) en 2007, n’a plus franchi les 9 millions de sacs depuis 2009. En 2011, elle n'a même pas dépassé les 8 millions de sacs, la plus mauvaise récolte en 30 ans, d’après les chiffres parus hier (mardi 17 janvier). Toutes ces données sur la production colombienne ont déjà été digérées par le marché à terme de l'arabica, où les cours se sont envolés l'an dernier avant de refluer avec le retrait des investisseurs des matières premières, puis l'annonce d'une très bonne production au Brésil.

Sur le marché physique, où l'arabica colombien bénéficie toujours d'une prime par rapport à l'arabica lavé, coté à New York, on observe une accalmie de ce différentiel : il pouvait atteindre 1,3 dollar il y a encore deux ans, alors qu’il n'est plus que de 30 cents aujourd'hui. Un paradoxe, alors que la production colombienne est de plus en plus rare. C'est qu'entre-temps les négociants et les torréfacteurs se sont adaptés, explique Patrick Masson, de la maison Jobin. Ils ont d'un côté cessé de vendre la production colombienne à découvert, à l'avance, pour ne pas avoir de mauvaise surprise et se ruiner à la racheter. Surtout ils ont progressivement diversifié leur approvisionnement, abandonnant l'exclusivité colombienne pour des mélanges d'arabicas lavés de Colombie, de Bolivie et du Pérou, dont les productions se sont développées et qui sont de qualité similaire. C'est pourquoi l'arabica 100% Colombie, qui avait particulièrement la cote en Europe, et en premier lieu en France, se fait de plus en plus rare dans les rayons des magasins.

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