Les journaux s’interrogent ce matin après les confidences de Nicolas Sarkozy dans l’avion qui le ramenait de Guyane dimanche. Des confidences dont Le Figaro faisait déjà état hier et que nous avons rapportées dans cette même revue de presse. Le président avait évoqué l’hypothèse de sa défait et un possible changement de vie… Alors, « déjà abattu ? », s’interroge Libération en Une.
Non, répond le journal. « Contrairement à ce qu’il voudrait faire croire, Nicolas Sarkozy n’a pas changé. Il a fêté son élection il y a cinq ans en mettant de manière indécente sa personne au cœur des débats… Il finit son mandat en se livrant à des confidences tout aussi indécentes sur sa vie après son éventuelle mort politique ». Et Libération de hausser le ton : « ce retour du narcissisme présidentiel n’est à la hauteur ni du moment ni de la fonction. (…) L’enjeu du 6 mai n’est pas de savoir à quoi ressemblera la vie d’après pour Nicolas Sarkozy, mais quel chemin doit emprunter la France. »
Caustique également Le Canard Enchaîné : « on aura compris que la nouvelle stratégie de Nicolas Sarkozy est celle du 'retenez moi ou je vais m’en aller'. (…) Une stratégie hardie, relève l’hebdomadaire satirique, car à ce niveau de popularité, le plus bas à ce stade pour un sortant, ce genre de va-tout peut très facilement se transformer en va-t’en ! »
Calcul délibéré…
En fait, pour la plupart des commentateurs, depuis que, dimanche au Bourget, « 'Flanby' s’est secoué le caramel », pour reprendre une expression du Canard, le chef de l’Etat a voulu se replacer sous le feu des projecteurs.
« Est-on bien certain, se demande La Dépêche du Midi, que cet abattement présidentiel n’est pas feint, qu’il ne s’agit pas d’une tactique, même inconsciente, afin de remobiliser, par un électrochoc affectif, une droite qui patauge dans le doute ? »
En effet, assène Le Républicain Lorrain, « il ne faut pas se laisser prendre au numéro de la tentation de Neuilly qu’est en train de nous jouer le chef de l’Etat… Par la simple évocation d’une vie après l’Elysée, le candidat de moins en moins putatif de la droite aura réussi à pourrir la semaine de François Hollande qui, entre le discours du Bourget et la présentation de sa plateforme présidentielle, s’annonçait sans nuage. »
La Montagne renchérit : « quand Nicolas Sarkozy s’épanche sur l’hypothèse de sa défaite, ce n’est pas pour le plaisir de s’épancher ou par une subite faiblesse, c’est une habileté pour que l’on en parle. »
« Si l’interrogation fait florès dans les allées du pouvoir au point de semer le doute dans la majorité, elle cache en réalité le sens tactique et la science politique du président de la République, relève pour sa part Le Midi Libre. L’objectif ? Reprendre la main, poursuit le journal. (…) Pour le Président, il est capital que la courbe des sondages reparte vers le haut dans cette séquence de précampagne. Comment imaginer dans ces conditions que le président de la République, dont l’exercice du pouvoir représente la finalité d’une vie, puisse le laisser sans combattre ? »
La fleur au fusil !
Et justement, c’est un Sarkozy combatif que Le Figaro met en avant ce matin… Avec ce grand titre : « Sarkozy dénonce le matraquage fiscal de Hollande » Et Le Figaro de préciser que « si le président a pu évoquer ce qu’il ferait en cas de défaite, c’est pour afficher qu’il n’est pas un 'monomaniaque' du pouvoir, selon l’expression d’un de ses proches. (…) Hier, le chef de l’Etat a donc multiplié les signes de 'détermination' », s’exclame Le Figaro. (…) Il a qualifié le projet socialiste 'd’attaque sans précédent contre les classes moyennes et la France qui travaille'. En cause, la suppression du quotient familial, l’indexation du prix de l’énergie sur le niveau des ressources et la création d’un deuxième impôt progressif en fusionnant la CSG avec l’impôt sur le revenu. Autant de mesures qu’il compte désormais dénoncer, affirme Le Figaro, lors de son intervention télévisée dimanche prochain. »
En effet, ce rendez-vous dominical avec les Français pourrait être déterminant. « Peut-être même, dans cette spirale de sondages négatifs qui se succèdent, vitale », relève La Nouvelle République.
Et oui, précise Paris Normandie, « à force de répéter à chaque sondage négatif que l’élection présidentielle est encore lointaine, elle finit par être proche. C’est vite, très vite maintenant, que le président doit trouver un second souffle. Il le sait et mise sur son intervention télévisée de dimanche prochain. Une intervention qui va le faire basculer totalement en campagne, puisqu’il va y présenter les mesures qu’il préconise pour lutter contre la crise. »

Delicious
Digg
Facebook
Twitter
Yahoo!
Technorati













Commentaires
Réagissez à cet article