Le sommet de l’Union africaine a pris fin à Addis-Abeba sans qu’un accord ait pu être trouvé sur la désignation du président de la Commission, à savoir l’organe exécutif de l’UA. Après quatre tours de vote, aucun des deux candidats en lice – le Gabonais Jean Ping et la Sud-Africaine Dlamini-Zuma – n’a atteint la majorité requise des deux tiers des voix.
L’après Jean Ping aurait commencé : c’est l’idée développée dans les colonnes du quotidien burkinabé Le Pays, à propos du report de l’élection (un nouveau scrutin aura lieu dans six mois).
Le Pays revient sur la candidature de Dlamini-Zuma. Il y voit « un signe de rupture dans la désignation des responsables de l’UA, une contestation d’une règle non écrite » qui veut que les présidents sortants fassent deux mandats avant de céder leur fauteuil.
Elle serait également « le signe de la cristallisation des antagonismes au sein de l’Union, entre les différents blocs régionaux et/ou linguistiques ».
Conclusion du journal sur l’échec prévisible de l’ancien ministre gabonais des Affaires étrangères : « Cette joute électorale nous sort des sentiers battus des convenances diplomatiques qui ont longtemps plongé l’organisation continentale dans une sorte d’incurie, garage douillet pour homme politique en préretraite (…) La contestation par la voie des urnes de la reconduction de Jean Ping, donne le signal, il faut l’espérer, qu’il ne faut plus seulement un carnet d’adresses diplomatiques fourni pour briguer ce poste de président. Il faut en plus un programme et des résultats probants sur le terrain. C’est le seul gage pour être réélu ».
Grave remise en cause
Autre commentaire, celui de Guinéeconakry.info, il est encore plus sévère. L’incapacité des dirigeants africains à s’accorder sur un nom est qualifiée de « grave remise en cause des idéaux qui avaient sous-tendu la mise en place de cette institution, il y a exactement quarante-neuf ans ».
« Fiasco politico-diplomatique » se lamente Guinéeconakry.info, après le sommet d’Addis-Abeba, rappelant que « les pères-fondateurs pensaient à l’unité et au fédéralisme » mais après ce qu’on vient de vivre, « c’est plutôt le camp de la division et des particularismes qui l’emporte, une terrible régression en soi ! ».
Le site guinéen revient par ailleurs sur les tensions politiques au Sénégal. L’optimisme ne serait pas de mise, car selon lui, après la validation de la candidature d’Abdoulaye Wade par le Conseil constitutionnel, tout indique que « le Sénégal vit des instants qui préfigurent le désordre et l’instabilité (...) Il ne resterait plus à l’opposition que la solution de la rue », solution dont elle entend bien se servir : aujourd’hui aura lieu une manifestation pacifique à Dakar à l’appel du collectif M23 qui regroupe des partis politiques et des organisations de la société civiles. D’autres devraient suivre, à en croire le site guinéen.
Pour le quotidien burkinabè Le Pays, cette crise politique à Dakar illustrerait la fâcheuse habitude qu’ont prise des chefs d’Etat africains consistant à « tripatouiller » les constitutions pour se maintenir au pouvoir. En témoigne, au Burkina Faso, un épisode similaire avec Blaise Campaoré.
Ainsi donc, écrit Le Pays, « la jurisprudence du Faso a fait école au pays de la Téranga. Le chef de l’Etat sénégalais avait d’ailleurs cité le cas burkinabè dans sa tentative de justification du bien-fondé de sa candidature (...) Wade contribue à allonger la liste des tripatouilleurs de Constitution ».
Enfin la presse française du jour revient sur les événements au Sénégal, à l’image du Figaro. « L’opposition sénégalaise ne désarme pas », annonce le journal à propos de la nouvelle manifestation contre la candidature d’Abdoulaye Wade prévue aujourd’hui.
Et dans Le Parisien Aujourd’hui en France, reportage sur les dernières violences meurtrières, notamment deux morts hier à Podor, ville du nord du pays, où les gendarmes auraient tiré sur une petite foule de manifestants.
La bonne fortune de la Guinée équatoriale
Football enfin : « La bonne fortune de la Guinée équatoriale », à lire dans le quotidien français Le Monde.
Une enquête dans l’un des deux pays organisateurs de la Coupe d’Afrique des nations : la Guinée équatoriale qui a fait sensation en se qualifiant pour les quarts de finales aux dépens de la Libye et du Sénégal.
« Exploit pour une première participation et pour un micro-Etat d’Afrique centrale de 700 000 habitants », souligne Le Monde.
A cela, une explication : « pas de sorcier ni de gris-gris, la Guinée équatoriale possède avec le passeport une arme bien plus puissante ».
Sur les onze joueurs de la sélection de départ, huit ont été naturalisés, certains ont été Brésiliens, d’autres Ivoiriens, colombiens, espagnols, etc.
La Guinée équatoriale n’est pas connue pour être une nation de football, mais bien plus pour sa récente rente pétrolière et les folies dépensières de ses dirigeants. C’est ainsi que ce pays, au départ inexistant dans le monde du ballon rond – il n’est que la 41ème Nation africaine – « s’est acheté une équipe pour faire bonne figure à la CAN ».
L’enquête du Monde montre bien les excès de cette politique de naturalisation dans ce pays et dans d’autres – comme le Qatar, au point que les autorités mondiales du football sont obligées de durcir les règles.

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Commentaires (3)
Non a JEAN PING ET OUI AUX ANGLOPHONES
JEAN PING PEUT BIEN PARLER ET RIEN FAIRE,NS AVIONS L`EXPERIENCE SUR LA COTE D`IVOIRE,LA LYBIE,LE SENEGAL ET LA PLUPART DES DICTATEURS FRANCOPHONES DU CONTINENT,LES PAYS FRANCOPHONES AVEC LA FRANCAFRIQUE,LE FRANCS CFA DEPENDENT DE LA FRANCE,LA FRANCE NS AIME PAS,IL NS FONT SOUFFRIR DEPUIS DES SIECLES...L`UA DOIT ETRE GOUVERNER PAR LES ANGLOPHONES,L`AFRIQUE DU SUD EST LE MOTEUR DU CONTINENT,MAIS ZUMA DOIT CESSER DE SOUTENIR LES DICTATEURS COMME KABILA,SASSOU,MUNGABE...SI L`AFRIQUE DU SUD PEUT FAIRE MIEUX POUR NTRE CONTINENT STP LAISSEZ LUI LA CHANCE...
OUI AUX NOUVEAU SYSTEME,AUX ANGLOPHONES L`UA ET NON AUX FRANCOPHONES...
N.B:NS AVONS UN MAUVAIS SOUVENIR DU SYSTEME DE L`OCCIDENT ,L`EUROPE ENGLOBE LA MAJORITE DES VICTIMES,DES CADAVRES DS L`HISTOIRE HUMAINE, MAINTENANT VIVE LA CHINE-AFRIQUE.
QUE DIEU BENISSE L`AFRIQUE ET LES AFRICAINS,NE PERDEZ JAMAIS L`ESPOIR...
LA VICTOIRE NOUS APPARTIENT ET M23...
CAN
Ce sont les africains qui font la grandeur du football français. En 98 la France a gagnée sa coupe du monde combien des français "purs" faisaient de cette équipe? Plus de 50% étaient des africains. Pourquoi la France oui et les autres pays non?...
sans surprise!
Je ne suis souvent demandé comment les pays anglophones du continent qui sont relativement plus indépendants de l'Angleterre pouvaient accepter que le chef de la commission soit un francophone, quand on sait que le chef de l'ancien métropole donne 72 heures à un chef d'Etat africain pour quitter le pouvoir. Sur les dossiers brûlants comme la Côte d'Ivoire et la Libye, on a vu plutôt un Jean Ping, chien couché de l'Occident incapable d'hausser au moins vainement le ton pour dire la position africaine sur ces conflits. Vraiment le poste du chef de la comission ne revient pas à un francophone car le conflit ivoirien a mis à jour combien les prétendues anciennes colonies de la France sont encore sous le joug francais de sorte qu'il n'est pas exagéré de traité les chefs d'Etats de ces pays des sous- préfets francais. Vivement que ce poste revienne à un anglophone car ces pays sont plus indépendants de l'Angleterre qui ne s'ingère pas de facon grossière dans leurs affaires internes.
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