«La bataille présidentielle s’engage sur le logement» : c’est le grand titre du Monde qui répercute le cri d’alarme lancé par la Fondation Abbé-Pierre. Dix millions de Français frappés par crise du logement. Le logement est devenu, en l’espace de 25 ans, le premier poste de dépense des ménages qui y consacrent un peu plus d’un quart de leurs ressources.

Du coup, relève Le Journal de la Haute-Marne, «en pleine campagne présidentielle, quatre candidats déclarés, Eva Joly, Jean-Luc Mélenchon, François Bayrou et François Hollande n’ont pas pu se dérober à la signature du contrat social proposé par La Fondation Abbé-Pierre, document qui prévoit la construction de 500.000 logements par an, dont 150.000 sociaux. (…) Dans son intervention télévisée (dimanche dernier), le chef de l’Etat l’avait érigée en priorité nationale, rappelle le quotidien champenois. Ses adversaires sont également conscients que le mal-logement est un puissant accélérateur de frustration, voire de révolte.»

«Il y a en effet urgence, à tous les étages, renchérit Sud-Ouest. Le logement est devenu le premier poste de dépenses des Français (…). Les centre-villes deviennent inaccessibles, aussi bien pour des propriétaires que pour des locataires, et du coup les trajets entre travail et domicile s’accroissent, avec tout ce que cela implique comme conséquences sur les hommes (stress, fatigue), mais aussi sur l’environnement (pollution) et sur l'économie (temps perdu, besoin d’infrastructures). La question du logement pose donc un véritable problème de société qui a toute sa place dans une campagne présidentielle.»

Alors, «chaque candidat y va soudain de ses propositions, relève Le Courrier Picard, de la hausse de la constructibilité au blocage des loyers, en passant par la hausse du plafond du Livret A, la vente à bas prix des terrains de l’État, ou le retour des investisseurs institutionnels dans l’immobilier. Les effets d’annonce empêchent toutefois, estime le journal, de décrypter leur cohérence pour améliorer la vie de millions de gens.»

Bayrou dégaine son programme économique

Le troisième homme se dévoile… François Bayrou à la Une du Monde ou encore des Echos. «Bayrou chiffre son projet pour revenir dans la course à la présidence», titre le quotidien économique. 50 milliards de recettes nouvelles et autant d’économies… Commentaire de L’Alsace : «comme en 2007, il puise à droite et à gauche, sans à priori idéologique : à l’instar de Nicolas Sarkozy, il se prononce pour une hausse de la TVA et pour le gel de la dépense publique. De l’autre côté du spectre politique il se paie le luxe d’aller plus loin que François Hollande pour faire payer les 'riches' (il ne prononce pas le mot), en créant non pas une mais deux tranches supplémentaires (45 et 50%) pour l’impôt sur le revenu. Il faut rendre justice au candidat du MoDem, relève le quotidien alsacien : il est celui qui a tiré, avant même le déclenchement de la crise, le signal d’alarme sur l’endettement excessif de l’Etat.»

Toutefois, relève Ouest France, «la question est de savoir avec quels moyens politiques un président Bayrou ferait adopter son projet. Là, on est dans la politique-fiction. Lui, dirait dans l’espoir raisonnable. Mais face à une gauche dont la dynamique neutralise les velléités de dissidence, le candidat béarnais ne peut compter que sur un effondrement suivi d’un éclatement de la droite. En politique, conclut Ouest France, un bon projet sans les bonnes alliances n’est que papier.»

Tirs croisés…

La campagne toujours : Le Figaro concentre le tir sur François Hollande et Libération sur Nicolas Sarkozy. Le Figaro qui affirme en Une que «le projet Hollande n’épargne aucun contribuable.» Le journal s’appuie sur une étude menée par le Cercle des fiscalistes, «un cercle de réflexion qui regroupe les meilleurs spécialistes français de la fiscalité, de tous bords politiques». Etude selon laquelle donc, estime Le Figaro, «le projet fiscal du candidat socialiste n’épargnerait ni les PME, ni les salariés, ni les commerçants.»
Et puis Libération croit savoir qu’Eric Woerth, mis en cause dans l’affaire Bettencourt, sera bientôt mis en examen pour financement illégal de la présidentielle de 2007. L’ex-ministre et ex-trésorier de campagne de Nicolas Sarkozy est en effet convoqué chez les juges mercredi prochain. Du coup, «Woerth sur le gril, ça chauffe pour Sarkozy», s’exclame Libération. «Auditions et mises en examen vont désormais se succéder d’ici le mois de mai, commente le journal. Il n’est plus temps de se demander si les affaires vont s’inviter dans la campagne, elles en seront l’un des détestables ingrédients.»

Protection ou stigmatisation ?

Enfin le grand dossier du Parisien consacré aux victimes du mariage gris… Le mariage gris pouvant se définir, rappelle le journal, comme «une union où l’un des deux conjoints trompe l’autre sur ses sentiments dans l’objectif d’obtenir un titre de séjour ou une naturalisation.»
«Les escrocs du grand amour», titre le journal qui affirme que «des milliers de personnes s’estiment victimes de ces 'escroqueries aux sentiments' grâce auxquelles des étrangers obtiennent la nationalité française.» Les chiffres seraient en augmentation, d’après Le Parisien. De leur côté, «les associations de défense des étrangers se rebiffent», indique le journal. «Elles n’ont pas digéré la loi du 16 juin 2011 qui cible les mariages gris.» Une loi «stigmatisante, explique une responsable d’association citée par Le Parisien, car elle désigne l’étranger comme seul capable de mentir sur ses sentiments.»

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