vendredi 03 février 2012
2. Le cinéaste argentin Fernando Solanas
Par Pascal Paradou

Est-ce ainsi que les hommes vivent? Sous ce titre, le festival de cinéma de St Denis, en banlieue parisienne, dresse un état du monde et pour cette 12ème édition invite le réalisateur argentin Fernando Solanas. 

 

Artiste dans l'âme, Fernando Ezequiel Solanas étudie la musique et les lettres avant d'intégrer l'Ecole nationale d'art dramatique de Buenos-Aires. Il y apprend l'interprétation et la mise en scène, mais c'est le cinéma qui retient son attention. Il débute alors en tant qu'assistant au son ou à la réalisation, et commence à tourner des courts métrages - 'Seguir Andando', 1962 - avant de collaborer en 1966 à la création d'un groupe indépendant de production et de diffusion de films luttant contre la désinformation, baptisé Ciné Liberacion. Cet organisme est pour lui l'occasion d'entreprendre son premier long métrage documentaire, 'L' Heure des brasiers', qui dévoile son engagement tant social que politique ainsi que son attachement à son pays natal. Un brin provocateur, Fernando Solanas n'hésite pas à s'opposer au pouvoir, et notamment dans 'Les Fils de Fiero' (1972), 'Mémoire d'un saccage' (2003) ou 'La Dignité du peuple' (2006). Entre fiction et documentaire, il est passé maître dans l'art de toucher du doigt les dysfonctionnements de la société, mais a aussi réalisé des films plus poétiques, à l'image de 'Voyage' (1992) ou 'Nuage' (1998), ayant toujours pour toile de fond l'Argentine. Cinéaste engagé, Fernando Solanas puise à la fois dans l'histoire de son pays et dans son expérience personnelle pour réaliser des films marquants, dont la qualité technique renforce le propos.

tags : Argentine - Cinéma
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